Le groupe chinois Zhejiang Geely Holding s’apprête à implanter sur le sol algérien la première usine africaine de fabrication de satellites de sa filiale spatiale Geespace. C’est ce que rapporte le média spécialisé China Global South.
Par K. Boukhalfa
Selon le média, le géant automobile et industriel chinois Zhejiang Geely Holding a jeté son dévolu sur l’Algérie pour y établir, via sa filiale spatiale Geespace, sa première unité de production de satellites en Afrique.
Un choix qui ne doit rien au hasard et qui consacre le pays comme interlocuteur de premier plan de Pékin sur le continent dans le domaine des hautes technologies.
L’ambition de Geespace dépasse largement le cadre d’une simple unité industrielle. Le projet tel qu’il est conçu intègre, en parallèle de la chaîne de fabrication, la création d’un centre de recherche et d’application satellitaire destiné à fédérer scientifiques, ingénieurs et entreprises algériennes autour d’une feuille de route commune.
Ce centre sera chargé du développement de nouvelles technologies, de la maintenance et de la mise à jour des satellites, mais aussi et surtout de la formation d’une main-d’œuvre hautement qualifiée, pierre angulaire de tout projet industriel souverain.
L’objectif affiché est de construire une filière intégrée couvrant l’ensemble du cycle de vie d’un satellite, de sa conception jusqu’à sa mise en orbite, en favorisant à chaque étape le transfert de compétences et l’innovation locale.
Ce partenariat repose sur des fondations juridiques solides. Pour rappel, des mémorandums de coopération ont été signés en décembre dernier entre trois acteurs clés : l’entreprise publique Algérie Télécoms Satellite (ATS), l’Agence spatiale algérienne (ASAL) et la société chinoise Geespace.
Ces textes définissent un cadre précis couvrant la production de satellites, le déploiement de services Internet des objets (IoT) via satellite, ainsi que la coordination des volets commerciaux du partenariat.
Des discussions opérationnelles sont, selon la même source, en cours avec l’ASAL et Algérie Télécom Satellite pour arrêter le calendrier d’exécution et assurer l’intégration des futurs satellites aux infrastructures nationales existantes.
Sur le plan économique, les bénéfices attendus sont multidimensionnels. La production locale de satellites permettra à l’Algérie de réduire significativement sa dépendance aux fournisseurs étrangers et de maîtriser en propre des technologies jusqu’ici importées.
Elle ouvrira également des perspectives d’exploitation des données satellitaires pour des usages civils, scientifiques, commerciaux et sécuritaires, autant de marchés à fort potentiel de valorisation.
À moyen et long terme, le projet devrait générer des emplois spécialisés, stimuler l’émergence de start-up dans le secteur spatial et renforcer l’écosystème scientifique et industriel national.
Les services IoT par satellite, quant à eux, ouvrent des applications concrètes dans des domaines aussi variés que la planification urbaine, la surveillance environnementale, la prévention des catastrophes naturelles ou encore la gestion des ressources naturelles — autant de leviers de modernisation économique pour le pays.
Ce partenariat s’ancre donc dans une trajectoire nationale cohérente. Il fait écho aux lancements récents des satellites Alsat 3A et Alsat 3B, qui attestent de la montée en puissance progressive des capacités spatiales algériennes.
En s’associant à Geely, l’Algérie ne cherche pas seulement à accélérer son développement technologique : elle ambitionne de se positionner comme un hub africain de fabrication satellitaire, capable d’irriguer l’ensemble du continent en solutions spatiales.
Ce modèle de coopération, alliant expertise industrielle chinoise et ambition nationale algérienne, pourrait ainsi constituer une référence pour d’autres partenariats Sud-Sud dans des secteurs stratégiques.
K.B.







