Le gouvernement est déterminé à renforcer la sécurité alimentaire du pays, tout en réduisant notre dépendance aux marchés internationaux, en matière d’intrants et d’autres produits comme les céréales. Un programme ambitieux est donc mis en place pour atteindre cet objectif de sécurité alimentaire dans un contexte mondial « instable », ou les prix sont en hausse continue.
Par Hakim O.
En effet, l’État a mis le paquet pour développer l’agriculture nationale qui contribue déjà à hauteur de 15 % au PIB, avec une production globale estimée à 37 milliards de dollars. Toutefois, des déficits structurels persistent dans certaines filières stratégiques comme les céréales, le maïs, les légumineuses, le sucre, ainsi que les semences et plants.
Des milliards de dollars sont consacrés annuellement par l’État afin de répondre à ces besoins indispensables à l’essor de l’agriculture nationale. Conscient de ces réalités, le gouvernement a élaboré un plan clair combinant la mobilisation des ressources hydriques et la promotion de projets stratégiques.
Deux réunions interministérielles se sont ainsi tenues mercredi et jeudi derniers à Algiers, réunissant les responsables des secteurs de l’Agriculture, de l’Hydraulique et de l’Enseignement supérieur.
À cette occasion, le ministre de l’Hydraulique Taha Derbal et le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche Yacine El-Mahdi Oualid ont présidé une séance de travail consacrée au suivi du programme d’irrigation d’appoint des cultures stratégiques dans les grands périmètres agricoles.
Tenue au siège du ministère de l’Agriculture, en présence des cadres des deux secteurs, la réunion a permis de rappeler l’importance du secteur agricole pour l’économie nationale ainsi que les moyens importants mobilisés par l’État pour garantir la disponibilité des ressources hydriques nécessaires au développement de la production, notamment dans les filières stratégiques.
Les deux ministres ont également mis en avant la qualité de la coordination entre les secteurs de l’Hydraulique et de l’Agriculture, insistant sur la nécessité d’une exploitation rationnelle et durable de l’eau.
Dans ce cadre, ils ont souligné l’importance d’adopter des systèmes d’irrigation économes en eau et de diversifier les sources d’approvisionnement, notamment par le recours aux ressources non conventionnelles telles que la réutilisation des eaux usées épurées pour l’irrigation.
1,5 milliard de m³ d’eaux usées à valoriser
Un vaste programme est actuellement en cours de réalisation pour accroître la réutilisation des eaux usées épurées dans l’irrigation agricole, notamment dans les régions confrontées au stress hydrique.
Actuellement, Algeria dispose d’un potentiel important estimé à près de 1,5 milliard de mètres cubes d’eaux usées, capable de contribuer à l’irrigation d’environ 800 000 hectares, soit près de 40 % des terres agricoles, selon des agronomes.
Le pays compte 211 stations d’épuration en service, traitant environ 600 millions de m³ d’eau, mais seule une faible partie de ces volumes est aujourd’hui réutilisée pour l’irrigation.
Des instructions fermes ont été données par le président de la République Abdelmadjid Tebboune pour porter les superficies irriguées à 3 millions d’hectares à moyen terme et faire face aux effets du changement climatique, en recourant aux eaux usées épurées à hauteur de 60 %.
Cette ambition s’inscrit dans une vision plus large de valorisation des ressources hydriques qui se veut, selon le ministre de l’Hydraulique Taha Derbal, «une réponse aux défis environnementaux et agricoles que connaît le pays».
Innovation et recherche scientifique
Au-delà de la gestion de l’eau, le gouvernement œuvre également à renforcer la base productive du secteur agricole à travers des projets structurants fondés sur l’innovation et la recherche scientifique.
Dans ce cadre, le ministre de l’Agriculture Yacine El-Mahdi Oualid et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Kamel Baddari ont coprésidé une réunion de coordination consacrée à la présentation de deux projets stratégiques : la production de plants par la technique de culture de tissus et la production de semences hybrides.
Le premier projet prévoit la création d’une unité spécialisée dans la culture de tissus pour la production de plants agricoles. Dans une première phase, l’activité sera consacrée à la production de plants de bananiers, avec une capacité pouvant atteindre 10 millions d’unités par an.
Ce projet sera réalisé en partenariat avec le Centre de recherche en biotechnologie de Constantine et l’Entreprise de développement des cultures agricoles stratégiques, chargée d’assurer sa concrétisation sur le terrain à travers ses unités de production situées dans l’est du pays.
Dans cette perspective, le ministère de l’Agriculture prévoit la mise à disposition de plus de 4 700 hectares de terres agricoles au profit des agriculteurs souhaitant investir dans la culture de la banane dans les régions réunissant les conditions favorables à sa production.
Le second projet porte sur la création d’une entreprise spécialisée dans la production de semences, notamment celles du maïs grain et les semences hybrides de légumes.
Ce projet sera développé en partenariat avec l’Université Ibn Khaldoun de Tiaret et l’Entreprise de développement des cultures agricoles stratégiques, en s’appuyant sur les résultats de recherche menés par les chercheurs de l’université afin de produire des semences locales adaptées aux conditions climatiques du pays.
À travers ces deux projets, l’Algérie ambitionne de réduire les importations, de renforcer la compétitivité des produits nationaux et de consolider la souveraineté alimentaire, tout en créant une valeur ajoutée pour une économie nationale en pleine diversification.
H. O.
Oran : Progression notable dans la remise des cartes professionnelles magnétiques aux agriculteurs
L’opération de remise de la carte professionnelle magnétique aux agriculteurs connaît un progrès notable à Oran, dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale visant à moderniser le secteur et à permettre aux agriculteurs de bénéficier de tous les avantages qu’offre cette carte, a appros, l’APS avant-hier, auprès de la Chambre d’agriculture de la wilaya.
« Depuis le début de l’année en cours (2026), la Chambre a délivré plus de 2.100 cartes professionnelles magnétiques au profit des acteurs des différentes filières agricoles. La procédure d’obtention de cette carte, équipée d’un code QR, se déroule à un rythme appréciable et ne dépasse pas cinq minutes », a indiqué le secrétaire général de la chambre, Mimoun Fatmi, cité par la même source.
Le nombre de cartes remises aux agriculteurs et aux éleveurs devra augmenter, durant l’année en cours, par rapport à 2025, année durant laquelle 4.153 cartes ont été délivrées, a souligné le même responsable, ajoutant que la distribution se poursuit et l’établissement de ces cartes se fait via la plateforme nationale « Ghorfati ».
Le même responsable fait savoir qu’une hausse continue du nombre d’agriculteurs et d’éleveurs adhérant à la Chambre d’agriculture d’Oran a été enregistrée, a t-on fait savoir de même source, ajoutant que le nombre courant devra atteindre 15.300 d’ici la fin du mois de mars.
R. E.







