En prévision de la prochaine campagne oléicole, le Directeur de l’Environnement de la Wilaya de Tizi Ouzou a lors de son intervention la semaine écoulée sur les ondes de la Radio locale de Tizi Ouzou, lancé un appel destiné à sensibiliser les détenteurs des huileries sur la nécessité de procéder au nettoyage des bassins de décantations avant la cueillette des olives.
Par Naïma Aït-Iftène
La Wilaya de Tizi Ouzou possède plus de 386 huileries qui fonctionnent normalement dont 128 de technologie moderne qui nous aident à réduire la pollution sur l’environnement a précisé le Directeur, en ajoutant que toutes les huileries ont des bassins de décantations qui doivent impérativement être nettoyés et raclés maintenant, avant la cueillette des olives.
Lors des inspections de contrôle de l’an dernier (2024), 14 huileries ont été fermées pour cause de non-respect des consignes d’hygiène a précisé le Directeur de l’Environnement.
Pour obtenir une huile d’olive de bonne qualité, il faut veiller à ce que toutes les étapes du processus de production, de transformation, du conditionnement et d’emballage soient effectuées avec soin, en respectant les normes appropriées d’hygiène pour chaque opération.
Les margines et les grignons sont les deux principaux résidus issus du processus d’extraction de l’huile d’olive. Les grignons d’olive sont des résidus solides constitués de peaux, de pulpe, de débris de noyaux, et une teneur en eau de 55 à 60%, alors que les margines sont des résidus liquides noirâtre résultant de la transformation des olives.
Si la margine est rejetée à l’état brut dans les cours d´eau par des huileries situées en amont, ce qui est, hélas, généralement le cas, cela constituera une menace certaine pour l’eau, la faune et la flore.
L’extraction d’un litre d’huile d’olive génère 4 litres de margine, et 1 litre de margine pollue environ 600 litres d’eau ! Le grignon qui a un PH compris entre 4,5 et 4,8 porte aussi un préjudice certain à la faune et à la flore.
Ces deux sous-produits qui sont nocifs pour la nature peuvent toutefois être utilisés à bon escient. Ils peuvent servir comme d’excellents engrais pour la fertilisation du sol.
L’idée qui consiste à les recycler s’impose aujourd’hui plus que jamais. Ils constituent une matière première qu’on obtient à bon prix, Nous devons les recycler afin de les ré exploiter, soit pour la fertilisation du sol, soit pour produire du charbon actif.
Le noyau d’olive sert lui-même de charbon actif pour dépolluer. Il pollue certes les oueds et les barrages, mais il suffit de le recycler pour dépolluer ces mêmes barrages.
« Il y a des gens qui jettent le grignon d’olive », a affirmé le Directeur de l’Environnement ; Or, poursuit –il, ce grignon a dans sa composition, de l’huile résiduelle qui lui confère un pouvoir calorifique, et peut de ce fait être récupéré et réutilisé comme charbon. Si les agriculteurs et les entreprises pouvaient travailler en étroite collaboration, il y aura sans doute moins d’impact négatif sur l’environnement.
La valorisation des sous-produits de l’olive s’impose plus que jamais, d’autant plus que la filière oléicole est considérée par les pouvoirs publics comme une des filières stratégiques, avec notamment le lancement des différents programmes de développement initiés, qui se sont succédé, dans le but d’accroître la production et de redynamiser l’oléiculture.
N. A. I.







