Longtemps perçue comme une cité-dortoir en quête de connectivité, la ville nouvelle de Sidi Abdellah s’apprête à franchir une étape cruciale de son développement. Entre l’extension du réseau ferroviaire, la création de pôles d’échanges multimodaux et l’introduction de nouveaux services de proximité, les autorités de la wilaya d’Alger déploient une stratégie globale pour désenclaver ce pôle urbain stratégique.
Par R. R.
C’est une visite de terrain aux enjeux majeurs. Lundi dernier, une délégation de l’Assemblée populaire de la wilaya (APW) d’Alger, menée par Mohamed Bouchareb, président de la commission de l’aménagement du territoire et des transports, s’est rendue au cœur de la ville nouvelle de Sidi Abdellah.
L’objectif était clair : inspecter l’état d’avancement des infrastructures et valider le plan de renforcement des transports, alors que des milliers de nouveaux logements s’apprêtent à être livrés.
Le ferroviaire renforcé dès cet été
L’une des annonces phares de cette sortie concerne le rail. Élément vital pour relier Sidi Abdellah au centre-ville d’Alger et aux pôles universitaires environnants, le réseau ferroviaire va s’agrandir. Le projet de la gare d’Ouled El Arbi, située dans la commune de Rahmania, entre dans sa phase finale.
Selon Hocine Amrane, chef de service à la direction des transports de la wilaya, la réception de cette infrastructure est officiellement programmée pour le mois de juillet prochain.
Cette nouvelle gare ne sera pas seulement un point d’arrêt supplémentaire ; elle est conçue comme un futur poumon de mobilité pour les habitants des nouvelles cités périphériques, réduisant ainsi la pression sur la gare principale de Sidi Abdellah.
Deux nouvelles stations urbaines en projets
Pour structurer le flux des bus et des usagers à l’intérieur même de la ville, la Direction des transports mise sur la création de pôles d’échanges. Deux projets de stations de transport urbain sont actuellement en phase d’étude.
Positionnées stratégiquement au niveau des pôles Nord et Sud de la ville, ces stations permettront de centraliser les lignes de l’ETUSA ainsi que les opérateurs privés, offrant ainsi aux voyageurs des espaces d’attente aménagés et une meilleure lisibilité des horaires. Ces infrastructures répondent à une urgence : celle d’accompagner l’expansion fulgurante de la ville.
Les membres de l’APW ont d’ailleurs insisté sur la nécessité d’anticiper la livraison des prochaines tranches de logements pour éviter que les nouveaux résidents ne se retrouvent sans solutions de déplacement dès leur aménagement.
Bientôt, le « Taxi Collectif »
L’innovation majeure de ce plan de transport réside dans l’introduction d’un mode de transport complémentaire : le taxi collectif urbain. Conçu pour pallier l’absence de bus dans certaines zones à la topographie complexe ou dans les quartiers nouvellement livrés dont la voirie n’autorise pas encore le passage de gros porteurs, ce service se veut souple et accessible.
D’une capacité de quatre places, ces taxis appliqueront un tarif forfaitaire attractif de 50 DA. Ce dispositif vise à briser l’isolement de certains quartiers excentrés et à offrir une alternative sécurisée aux « clandestins » qui prospèrent souvent là où le service public fait défaut.
Derrière ces annonces techniques se joue l’avenir de Sidi Abdellah. Une ville nouvelle ne peut vivre sans une mobilité fluide. Les cadres de la Direction des transports, présents aux côtés des autorités locales et du chef de cabinet de la circonscription administrative, ont réitéré leur engagement à multiplier les lignes de bus en fonction de la demande croissante.
Mohamed Bouchareb a souligné, lors de ses échanges avec les représentants des établissements concernés, que le renforcement des transports est le moteur principal de l’activité économique et de la stabilité sociale de la région. En facilitant l’accès au travail et aux études, ces projets transforment progressivement Sidi Abdellah, d’un projet urbain ambitieux en un véritable espace de vie intégré.
Alors que le rendez-vous de juillet pour la gare de Rahmania approche, les résidents de la ville nouvelle scrutent avec espoir ces chantiers qui promettent, enfin, de réduire les distances avec le reste de la capitale.
R. R.







