Alors que le mois de janvier s’achève sur une onde de choc venue de Washington, le paysage économique mondial se redessine sous nos yeux en révélant des réalités nouvelles. Entre le «shutdown» américain, le krach historique de l’or et l’affirmation de l’Afrique comme un nouveau moteur de la croissance, l’équilibre des puissances vacille inexorablement. Au cœur de la zone MENA en pleine mutation, l’Algérie confirme son nouveau statut de leader régional, affichant une santé macroéconomique qui défie la morosité des marchés occidentaux. Analyse d’un basculement géopolitique où le Sud prend enfin les commandes.
Par Lyazid Khaber
Prenant de court les observateurs, le monde économique a basculé dans l’incertitude ce week-end. Ainsi, et au moment où les administrations américaines fermaient leurs portes, les bourses mondiales tentaient de digérer un «vendredi noir» sur les matières premières.
Washington dans l’impasse, l’Or au tapis
Depuis les premières heures de ce samedi, les États-Unis sont en «shutdown» partiel. Pour Stephen Innes, analyste chez SPI Asset Management, s’exprimant dans les colonnes du Financial Times, «l’incertitude sur le financement fédéral américain, couplée à la succession de Jerome Powell à la Fed, crée un cocktail de volatilité toxique pour le dollar».
Cette instabilité a provoqué la chute de l’actif refuge par excellence. Après un rallye historique, l’or a en effet plongé de près de 30% ce 30 janvier.
Fawad Razaqzada, expert chez City Index, note sur la plateforme Forex.com que «ce renversement historique suggère que le sommet du marché a été atteint, les investisseurs fuyant vers les liquidités face au chaos politique».
L’Europe sous pression, l’Afrique en accélération
Bien que stabilisée avec une inflation à 2%, l’Europe observe ce chaos avec anxiété. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a d’ailleurs lancé un cri d’alarme sur le site officiel de l’ONU (UN News), avertissant qu’un «effondrement financier imminent de l’organisation», dû aux coupes budgétaires américaines, menacerait directement la stabilité des échanges mondiaux.
À l’inverse, le rapport de situation économique mondiale de l’ONU (WESP 2026) prévoit une accélération majeure pour l’Afrique, avec une croissance de 4,3%.
Pour Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), lors d’un récent point presse à Addis-Abeba, «le continent ne subit plus, il devient le moteur de la demande mondiale grâce à l’intégration de la ZLECAf».
Algérie : La nouvelle locomotive régionale
Au sein de la zone MENA, dont la croissance est estimée à 4,1% par le FMI, l’Algérie fait figure d’exception notable. Le dernier rapport de la Banque Mondiale confirme une croissance résiliente de 3,3%, tandis que la Loi de Finances 2026 algérienne table sur un ambitieux 4,1%.
Selon les analyses d’experts de Standard & Poor’s cités par l’agence Reuters, «l’Algérie récolte les fruits d’une consolidation budgétaire rigoureuse et d’une diversification qui commence à porter ses fruits hors hydrocarbures».
Avec un PIB nominal projeté par le FMI autour de 288 milliards de dollars, le pays s’installe durablement comme la 4ème puissance économique du monde arabe. La maîtrise de l’inflation à 4% est ici perçue comme un succès majeur de régulation monétaire.
Le verdict du dimanche
Ce premier dimanche de février nous rappelle que la géographie de la richesse change de camp. Si l’Occident s’empêtre dans ses crises institutionnelles, le Sud global, Algérie en tête, trace son propre chemin.
Comme le souligne le rapport annuel du World Economic Forum (WEF), «2026 est l’année où la souveraineté économique des pays émergents devient le principal rempart contre la volatilité des marchés du Nord».
L. K.







