La wilaya de Sétif, connue pour son potentiel industriel, ses sites touristiques, sa richesse agricole et sa dynamique économique, se distingue également par ses nombreuses carrières dont la production est estimée à près de 4 millions de tonnes par an.
Un secteur en forte croissance qui contribue non seulement à l’économie locale mais aussi au revenu national. Toutefois, l’amélioration des conditions d’exploitation demeure une priorité.
«Environ 4 millions de tonnes par an, c’est la quantité produite par les carrières de Sétif», a annoncé ce lundi sur les ondes de la Radio locale, Mouhand Saïd Bouadjil, président de l’UNEC union nationale des exploitants des carrieres.
Ce chiffre illustre l’importance de ce secteur dans le tissu économique local et l’investissement des entrepreneurs dans un marché stratégique. Les matériaux issus des carrières alimentent plusieurs secteurs, notamment les infrastructures routières, alors que de nombreux projets sont en cours, tels que l’autoroute Est-Ouest.
Ils sont aussi utilisés pour la construction et l’aménagement ferroviaire, ainsi que dans le secteur du logement, auquel les autorités accordent une importance particulière. «La wilaya compte 97 carrières, dont seulement cinq à six à l’arrêt», a précisé Sghir Khairat, cadre à la direction de l’Environnement au même média.
La majorité de ces carrières se situent au sud de la wilaya et emploient plus de 7 000 ouvriers. Outre l’approvisionnement du marché national et la réduction des importations, elles contribuent à la baisse du chômage.
Si les carrières de Sétif représentent un levier économique indéniable, elles posent également de réels défis environnementaux. L’exploitation intensive engendre souvent des nuisances sonores, des émissions de poussières, une dégradation des sols et parfois une atteinte à la biodiversité locale.
Ces impacts, lorsqu’ils ne sont pas maîtrisés, risquent d’altérer durablement les écosystèmes et la qualité de vie des habitants des zones avoisinantes.
Dans ce contexte, il est essentiel de promouvoir une exploitation plus durable, conciliant développement économique et préservation de l’environnement. Parmi les recommandations, figure l’obligation pour les entreprises d’adopter des normes strictes, notamment l’arrosage régulier pour réduire la poussière et l’utilisation d’équipements modernes afin de limiter le bruit.
Il est également nécessaire de mettre en place un suivi écologique régulier pour prévenir la déforestation et la perturbation des habitats naturels, ainsi que d’organiser des campagnes de reboisement.
Enfin, une meilleure sensibilisation des exploitants et une coordination renforcée avec les services de l’environnement contribueraient à inscrire ce secteur dans une dynamique réellement responsable et bénéfique pour l’État.
Sofiane Idiri







