L’Algérie possède un patrimoine palmé exceptionnel, avec plus de 19 millions de palmiers et 1 000 variétés de dattes. Elle a noté que la production moyenne entre 2021 et 2023 avait atteint plus de 11,5 millions de quintaux, avec des exportations d’environ 780 000 quintaux de dattes fraîches et 50 000 quintaux de dattes séchées.
La troisième édition du Salon international des dattes, organisé par la Chambre nationale d’agriculture a été ouverte hier au Palais des Expositions (Safex).
Il se tient du 25 au 27 novembre courant. Il est organisé en parallèle de la récolte des dattes en Algérie. Il rassemble tous les acteurs de ce secteur stratégique, notamment les producteurs, les transformateurs, les artisans, les exportateurs, les coopératives et les organisations professionnelles, les porteurs de projets et les startups, les instituts et les centres techniques, les organismes de recherche et les laboratoires.
Outre les opérateurs économiques nationaux, cette édition connait la participation d’exposants de Tunisie, de Libye et de Turquie, d’organismes tels que le Conseil d’Affaires algéro-russe. Le hic est l’absence de tout organisme officiel ou association spécialisés dans l’exportation.
L’objectif est de présenter les différentes variétés de dattes et leurs dérivés, de favoriser les échanges d’expertise et d’expériences dans ce domaine, et d’explorer les opportunités d’investissement, de commercialisation et d’exportation.
Ce salon, placé sous le thème «Nos dattes… Authenticité et économie durable», est également l’occasion de présenter les dernières technologies modernes utilisées dans les systèmes de production.
«Une source clé de diversification des exportations» Lors de son discours d’ouverture, le ministre de l’Agriculture, du développement rural et de la pêche, Yacine El Mahdi Oualid, a affirmé que le Salon est un événement annuel important.
Il permet de présenter les dernières technologies utilisées dans la production de dattes, depuis les plants du palmier dattier jusqu’aux différentes étapes de transformation, de conditionnement et d’exportation, en passant par la culture de ce fruit, qu’il qualifie comme un atout majeur.
Le ministre a affirmé que l’augmentation annuelle de la production offrira d’importantes opportunités aux dattes algériennes pour renforcer leur position sur les marchés mondiaux, notamment suite à l’inscription
récente des dattes fraîches au Codex Alimentarius, adopté par les Organisations des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ainsi que de la santé (OMS). Cette inscription dynamisera fortement les exportations de dattes algériennes, en particulier la variété Deglet Nour.
Il a insisté sur le fait que la filière dattes algérienne est appelée à devenir une source clé de diversification des exportations, au-delà des hydrocarbures, compte tenu de la demande croissante. Il a ajouté que cela dynamisera également le secteur agricole national.
Il a exhorté les participants à se concentrer sur la transformation, compte tenu du rôle crucial de cette industrie dans la création de valeur ajoutée. Il a rappelé que les dattes algériennes sont exportées vers environ 90 pays.
De son côté, le président de la Chambre nationale d’agriculture, Mohamed Yazid Hanbali, a déclaré que ce salon international a connu une forte participation, réunissant plus de 150 exposants nationaux et étrangers.
Il a affirmé que ce secteur est le deuxième produit d’exportation après les énergies fossiles (pétrole et gaz) et qu’il constitue une force économique et sociale, contribuant à la stabilité démographique. Il a également indiqué que ce salon permettra à tous les acteurs de la filière de se réunir dans et d’échange afin de relever
le défi du développement durable.
Il a ajouté que la Chambre nationale d’agriculture s’engage à promouvoir cette denrée et espère lui ouvrir de nouveaux marchés grâce à des accords de coopération entre ces acteurs.
A signaler, par ailleurs, que la certification de nos dattes et le parent pauvre. M. Seddiki Ibrahim, représentant de Biocert (spécialisé dans ce domaine), a relevé les producteurs et les exportateurs refusent de recourir aux prestations de certifications ou alors ils le font trop tard.
Le résultat est les marchés européens qui exigent des certificats prouvant le respect de la chine de valeurs, refusent nos produits.
A rappeler, enfin, qu’un riche programme de conférences et d’ateliers a été mis en place. Il est axé sur la durabilité de l’agriculture désertique, la diversité génétique des pollinisateurs, la modernisation de la filière dattier, l’agriculture biologique et l’importance des dattes pour la sécurité alimentaire nationale, avec la participation d’experts et de chercheurs nationaux et internationaux.
L. F.







