L’Algérie accélère la réalisation de ses projets stratégiques. Alors que le mégaprojet de Gara Djebilet à Tindouf entrera bientôt dans une nouvelle phase d’exploitation, notamment avec la mise en service incessamment de la nouvelle ligne ferroviaire de 950 km reliant Béchar à Tindouf, permettant le transport du minerai de fer vers les pôles industriels et portuaires du nord-ouest du pays (Oran et Arzew), deux autres mégaprojets sont également en cours de réalisation et devraient être réceptionnés d’ici fin 2026 .
Par Akrem R.
Il s’agit de l’extension du port phosphatier d’Annaba et de la ligne minière Est Annaba-Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, s’étendant sur 422 km et inscrite dans le cadre du projet intégré du phosphate. Si les travaux de réalisation avancent avec une cadence acceptable, l’État veut les achever dans les meilleurs délais afin de les mettre en exploitation au courant de l’année 2026.
D’ailleurs, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base a multiplié ses rencontres avec les responsables de son département ainsi qu’avec les entreprises réalisatrices afin de suivre de près l’état d’avancement des travaux de réalisation et de lever les différentes contraintes, si elles existent.
Le mot d’ordre du ministère est d’être au rendez-vous pour la réception de ces deux importants projets, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui insiste sur le respect des délais afin d’entamer l’exploitation industrielle de ces gisements, notamment le fer et le phosphate.
Deux minerais qui connaissent une forte demande sur les marchés mondiaux des métaux et des fertilisants, permettant ainsi à l’Algérie de diversifier ses exportations hors hydrocarbures.
En fin décembre 2025, le président Tebboune a annoncé devant le Parlement, avec ses deux Chambres, que la première cargaison de phosphate algérien est attendue au port d’Annaba d’ici la fin de l’année 2026.
La production nationale, actuellement estimée à 1,5 million de tonnes par an, devrait atteindre 10 millions de tonnes annuelles, ce qui devrait ouvrir la voie à une industrie intégrée des engrais stratégiques pour le marché local et l’exportation.
Donc, les échéances sont courtes avec de grandes ambitions, l’Algérie visant à intégrer le giron des pays émergents d’ici 2027. Tout cela impose aux réalisateurs de ces deux projets de mettre les bouchées doubles pour la finalisation des travaux et la mise en service.
Nécessité d’accélérer la cadence des travaux
C’est dans ce cadre que s’inscrivent les instructions du ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, M. Abdelkader Djellaoui, qui a présidé dimanche soir une séance de travail consacrée au suivi de l’avancement des chantiers de réalisation de l’extension du port phosphatier d’Annaba, dans le cadre du projet de phosphate intégré. Il a en effet souligné la nécessité d’accélérer la cadence des travaux, indique un communiqué du ministère, notant que cette réunion s’est tenue au siège du ministère, en présence de ses cadres centraux, des représentants du consortium algéro-chinois des sociétés de réalisation et de l’Agence nationale de réalisation des infrastructures portuaires (ANRIP), ainsi que du bureau d’études chargé du suivi du projet.
Après avoir écouté un exposé technique détaillé sur l’extension du port d’Annaba pour la réalisation d’un quai minier, Djellaoui a mis l’accent sur l’importance d’accélérer la cadence des travaux et de parachever l’opération de réalisation, en renforçant la coordination entre les différents intervenants dans le projet et en assurant la disponibilité des produits nécessaires afin de garantir la poursuite des travaux.
Le ministre a, en outre, appelé à assurer une coordination permanente entre tous les partenaires et à œuvrer à la réalisation du projet et à sa livraison dans les délais contractuels fixés, en concrétisation des instructions du président de la République.
Il faut savoir que ce projet constitue la dernière étape d’un vaste programme industriel qui relie la zone d’extraction du phosphate à Bled El Hadba, wilaya de Tébessa, jusqu’au port d’Annaba.
Les travaux d’extension, confiés à un consortium d’entreprises algéro-chinoises, incluent la réalisation d’une plateforme de base, l’allongement de la digue principale de 1 400 m, la construction d’un quai minéralier de 1 600 m de long avec un tirant d’eau de 16 m, l’aménagement des zones adjacentes sur 82 hectares, ainsi que le creusement du bassin à la profondeur requise et l’évacuation des matériaux non utilisables.
Une fois finalisée, cette nouvelle infrastructure permettra d’augmenter significativement le volume des produits phosphatés et des matières transformées destinés à l’exportation, renforçant ainsi le rôle du pays, considéré comme un acteur clé sur le marché international des phosphates.
La ligne minière Est : le ministre insiste sur le respect des délais
Concernant le projet de la ligne minière Est Annaba-Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, s’étendant sur 422 km et s’inscrivant dans le cadre du projet intégré du phosphate, le ministre des Travaux publics a également souligné la nécessité d’accélérer le rythme des travaux, de mobiliser toutes les ressources humaines et matérielles pour garantir le respect des délais contractuels, et d’œuvrer à trouver des solutions aux obstacles rencontrés sur le terrain, le cas échéant, en coordination avec les autorités publiques.
Lors de cette réunion, un exposé bien détaillé a été présenté sur l’avancement des travaux sur quatre principaux tronçons du projet.
Au cours de la deuxième séance consacrée au tronçon Bouchegouf–Souk Ahras–Dréan, d’une longueur de 121 km, le plan d’action relatif à ce tronçon a été présenté, évalué et analysé, sur la base du volume des travaux réalisés sur le terrain et du taux d’avancement enregistré.
À cette occasion, le ministre a insisté sur la nécessité de lever les obstacles sur le terrain, de respecter le calendrier des travaux et de mobiliser toutes les ressources humaines et matérielles pour garantir le respect des délais contractuels, auxquels les entreprises de réalisation se sont engagées.
Un responsable de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANSRIF) a affirmé, avant-hier, dans une déclaration à la presse, que les travaux sont à un stade avancé pour le dédoublement de la voie sur plusieurs tronçons, dont Annaba-Bouchegouf et Oued Kebrit–Dréan, lesquels seront réceptionnés durant l’année en cours.
En somme, l’accélération des travaux du quai phosphatier d’Annaba et de la ligne minière Est traduit la volonté des pouvoirs publics de concrétiser, dans les délais impartis, des projets structurants à forte portée économique.
En assurant une meilleure valorisation des ressources minières, notamment le phosphate, ces infrastructures constituent un levier stratégique pour le développement d’une industrie intégrée, le renforcement des exportations et la consolidation de la place de l’Algérie sur les marchés internationaux, en droite ligne avec les orientations du président de la République.
A.R.







