La première session du Conseil d’affaires algéro-tchadien s’est tenue, lundi à Alger, en vue d’examiner les opportunités de coopération et d’établir des partenariats entre les opérateurs économiques des deux pays, a indiqué hier le ministère du Commerce extérieur et de la promotion des exportations dans un communiqué.
Par Tahar Azizi
L’ouverture de cette session, qui s’est déroulée au siège du ministère, a été supervisée par le ministre du secteur, M. Kamel Rezig, en compagnie du ministre tchadien du Commerce et de l’industrie, M. Mathieu Guibolo Fanga.
Dans son allocution d’ouverture, M. Rezig a indiqué que la tenue de cette session constitue une «étape importante» dans le processus de renforcement de la coopération économique entre l’Algérie et le Tchad, ajoutant que la création de ce Conseil constitue un «mécanisme opérationnel pour traduire les relations fraternelles et les liens historiques unissant les deux pays en partenariats économiques concrets et en projets d’investissement conjoints mutuellement bénéfiques».
Le ministre a également souligné que ce Conseil «incarne la forte volonté politique des dirigeants des deux pays, les présidents, Abdelmadjid Tebboune, et Mahamat Idriss Déby Itno, visant à promouvoir la coopération économique et à développer les échanges commerciaux entre les deux pays. Des orientations ouvrant de nouvelles perspectives pour une intégration économique africaine fondée sur l’exploitation des potentialités et des capacités disponibles», selon la même source.
Dans ce contexte, M. Rezig a mis en avant l’importance stratégique que l’Algérie accorde au renforcement de son ouverture économique en Afrique, affirmant que le Tchad est un partenaire «clé» dans cette orientation.
Cela se concrétise, notamment au regard des efforts déployés visant à développer la liaison aérienne entre Alger et N’Djamena, ainsi que de l’action visant à activer la route transsaharienne (Alger‑Lagos), ce qui contribuera à faciliter la circulation des biens et des personnes et à renforcer le commerce intra‑africain.
Il a invité les opérateurs économiques algériens à saisir les opportunités offertes sur le marché tchadien, affirmant l’engagement du ministère du Commerce extérieur à les accompagner et à accorder toutes les facilités nécessaires pour encourager la présence des produits algériens sur ce marché prometteur.
Dans ce cadre, il a affirmé que plusieurs domaines sont à même de donner un nouvel élan aux relations commerciales, à l’instar des engrais et des produits chimiques, dont les exportations algériennes ont atteint 1,5 milliard USD en 2025, des matériaux de construction, de la céramique et du verre, exportés à hauteur de 560 millions USD l’an dernier, outre les industries agroalimentaires, les produits pharmaceutiques ainsi que l’énergie et les énergies renouvelables.
Pour sa part, le ministre tchadien a salué la tenue de la 1ʳᵉ session du Conseil qu’il a qualifiée de «pas important pour renforcer la coopération économique entre les deux pays», affirmant que son pays recèle plusieurs richesses et un potentiel économique offrant des opportunités prometteuses d’investissement et de partenariat.
Il a appelé à l’occasion les hommes d’affaires algériens à prospecter ces opportunités et à construire des projets conjoints bénéfiques pour les économies des deux pays, selon le communiqué du ministère.
Après avoir salué la « forte » économie algérienne qu’il a qualifiée de modèle à suivre, le ministre tchadien, cité par l’APS, a évoqué le plan national de développement (PND) «Tchad Connexion 2030», visant à mobiliser des investissements dépassant les 30 milliards USD à travers des centaines de projets dans plusieurs secteurs, à l’instar de l’agriculture, l’élevage, les mines et les hydrocarbures, l’énergie, les télécommunications et les infrastructures, ainsi que la santé et les services.
La rencontre a été une occasion pour les hommes d’affaires des deux pays «d’examiner les opportunités de coopération et d’établir des partenariats directs dans divers domaines économiques pour contribuer à insuffler une nouvelle dynamique aux échanges commerciaux et à renforcer l’intégration économique entre l’Algérie et le Tchad dans le cadre d’un partenariat équilibré, fondé sur le principe gagnant‑gagnant», ajoute la même source.
« L’AAPI disponible à accompagner les investisseurs »
Prenant la parole, le Directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), M. Omar Rekkache, a déclaré que ce Forum économique représente une étape importante dans le renforcement des relations économiques entre l’Algérie et le Tchad et la concrétisation de la volonté politique commune en projets tangibles.
«Ce forum se tient dans un contexte de profondes réformes économiques que connaît notre pays, initiées depuis 2020, qui visent à bâtir une économie forte, diversifiée et résiliente où l’investissement productif est le principal moteur de la croissance», a‑t‑il dit.
«Elles reposent sur la stabilité législative et juridique, ainsi que la protection des droits, grâce à une loi moderne sur les investissements. Elles définissent les priorités économiques axées sur le soutien à la production et la promotion de l’initiative. Elles simplifient et rationalisent les procédures (plateforme numérique pour les investisseurs).»
L’Algérie affiche des atouts économiques concurrentiels avec un taux de croissance moyen de 4 %, un marché de 47 millions d’habitants et une situation géographique stratégique reliant l’Europe et l’Afrique. Elle possède, en plus, des infrastructures modernes et performantes, d’importantes ressources naturelles, ainsi que des projets structurants pour l’exploitation des richesses minières.
Notre pays offre également des incitations compétitives, notamment un ensemble d’exonérations fiscales, ainsi que des facilités pour l’acquisition de biens immobiliers, a‑t‑il encore indiqué.
Selon lui, dans son engagement en Afrique, l’Algérie aspire à jouer un rôle de premier plan dans la construction d’une économie africaine intégrée, fondée sur le développement de chaînes de valeur régionales. Elle est capable de répondre aux besoins du marché tchadien, notamment par des produits énergétiques, agroalimentaires, pharmaceutiques, des équipements, etc.
Par ailleurs, M. Rekkache a affirmé que l’AAPI est disponible à fournir toutes les informations relatives à l’investissement, accompagner les investisseurs dans toutes les étapes de leurs projets et à faciliter l’entrée des produits tchadiens au marché algérien.
T. A.
Dr ABDOULAYE SABRE FADOUL, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Tchadiens à l’étranger :
« La tenue de cette session revêt une signification particulière. Pour illustrer le caractère réellement fraternel de nos relations, je rappelle que selon le principe d’alternance qui régit nos travaux, cette quatrième session devait se tenir à N’Djamena. Toutefois, dans le contexte de la visite de travail et d’amitié effectuée par le Maréchal MAHAMAT IDRISS DÉBY ITNO en Algérie, nos deux Gouvernements ont convenu, dans un esprit de flexibilité et de fraternité, d’organiser cette session à Alger. Ce choix illustre la qualité du dialogue politique entre nos deux pays et la maturité de notre partenariat.
La relance de cette Commission mixte entre nos deux pays, après plusieurs années d’interruption, n’est pas un simple exercice diplomatique. C’est un acte politique. Un acte qui traduit une volonté claire : celle de rompre avec les inerties du passé et d’inscrire la coopération entre le Tchad et l’Algérie dans une logique de puissance, de souveraineté et de résultats. La relation entre le Tchad et l’Algérie ne peut plus se contenter d’être une relation de solidarité historique, aussi précieuse soit‑elle.
Elle doit devenir une relation stratégique. Une relation qui s’appuie sur nos complémentarités réelles. Une relation qui produit de la valeur. Une relation qui renforce notre capacité collective à faire face aux menaces sécuritaires, aux chocs économiques et aux pressions extérieures. Dans un espace saharo‑sahélien marqué par l’instabilité, la montée du terrorisme, les trafics transnationaux et les rivalités d’influence, le Tchad et l’Algérie ont une responsabilité particulière : celle d’agir. Agir ensemble. »
Ahmed Attaf, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines :
« Les deux pays frères se sont dressés contre la même puissance coloniale, unis par des sacrifices communs pour la liberté et l’indépendance.Les relations algéro‑tchadiennes puisent leur profondeur dans les efforts constants déployés par nos deux pays pour faire de notre voisinage commun, au Sahel, un havre de paix, de sécurité, de développement et de prospérité.
Les relations algéro‑tchadiennes acquièrent leur caractère en particulier grâce à l’engagement indéfectible de nos deux pays en faveur de l’unité africaine et à leur ferme adhésion aux principes de solidarité, de coopération et d’intégration entre les nations de notre continent.
Nous nous félicitons de la tenue de la quatrième session de cette commission mixte de coopération bilatérale, à un moment où les relations entre nos deux pays frères connaissent un nouvel élan et un dynamisme remarquable. »
Rezig s’entretient avec son homologue tchadien
Le ministre du Commerce extérieur et de la promotion des exportations, Kamel Rezig, a reçu, avant-hier, le ministre du Commerce et de l’industrie de la République du Tchad, Mathieu Guibolo Fanga, avec lequel il a examiné les voies et moyens de renforcer la coopération et le partenariat économique et commercial entre les deux pays, a indiqué un deuxième communiqué du ministère, cité par l’APS.
La rencontre qui s’est déroulée au siège du ministère, en marge de l’ouverture des travaux de la 1ère session du Conseil d’affaires algéro-tchadien, a été l’occasion d’étudier mécanismes de développer le partenariat bilatéral et d’élargir les perspectives des échanges commerciaux, à même de refléter la volonté commune de l’Algérie et du Tchad.
Les deux parties ont également abordé la possibilité d’organiser une foire des produits algériens en République du Tchad, dans le but de faire connaître les capacités de production nationale, mettre en exergue la diversité et la qualité des produits algériens. Une action devant ouvrir la voie aux opérateurs économiques algériens pour accéder au marché tchadien et explorer les opportunités de partenariat offertes, ajoute le même document.
T. A.







