Une nouvelle stratégie pour la relance du complexe sidérurgique d’El Hadjar est, désormais, mise en place avec des objectifs ambitieux, notamment, en matière de production. En effet, l’entreprise publique « ALSOLB », en charge de ce complexe, fleuron de l’industrie nationale durant les années 70 et 80, vise une production de 3 millions de tonnes par an.
Par Hakim Outoudert
C’est ce que le ministère de l’Industrie a révélé dans une réponse à une question écrite d’un député de l’Assemblée populaire nationale (APN), en l’occurrence Mohamed El Hadi Tebsi, en précisant que l’entreprise « ALSOLB » a validé une étude de faisabilité élaborée par des bureaux d’études internationaux de référence.
En termes clairs, l’État est déterminé, cette fois-ci, à mettre fin à la situation d’anarchie et de léthargie qui prévaut dans ce complexe depuis des années, notamment avec l’échec d’un partenariat avec le groupe indien « Arcelor Mittal ».
Ce dernier n’a pas apporté l’appui nécessaire pour la relance du complexe, ce qui a conduit l’État à reprendre le contrôle, tout en mettant en place de nouveaux plans de relance.
Si l’usine d’El Hadjar est toujours fonctionnelle, sa performance globale reste faible. Cette situation est attribuée, selon le ministère, à des contraintes structurelles héritées et aggravées, principalement au retrait de l’ancien partenaire étranger sans avoir honoré ses engagements en matière de développement et d’investissement, ainsi qu’à l’ancienneté et à la dégradation avancée des installations industrielles.
L’autre problème cité par le ministère concerne la dépendance à plus de 50 % de matières premières importées, représentant une part importante du coût de production. Il est à noter que le complexe d’El Hadjar recourt à l’importation de matières premières, notamment de coke métallurgique, pour combler le déficit de la production nationale.
D’ailleurs, à cause des perturbations dans l’approvisionnement en matières premières, l’usine a enregistré des arrêts répétitifs, compliquant ainsi la situation du complexe.
Le ministère a expliqué également cette situation par un déséquilibre dans la structure financière, limitant les capacités d’autofinancement tant pour l’exploitation que pour l’investissement, et par une érosion notable de l’avantage concurrentiel en termes de prix.
Donc le diagnostic est désormais établi. Place maintenant à la mise en place d’une nouvelle stratégie pour la relance de ce complexe sur des bases économiques, dont la rentabilité et la compétitivité sont les mots d’ordre.
Une phase transitoire
En premier lieu, le ministère a pris un ensemble de mesures pratiques dans le cadre d’une phase transitoire, certaines déjà mises en œuvre et d’autres en cours, notamment : la reprise progressive de la production à partir de produits semi-finis, permettant de réduire les cycles de production, de bénéficier de coûts plus compétitifs et de générer des flux de trésorerie pour couvrir les charges internes ; la préparation d’un dossier de redressement financier visant à rétablir l’équilibre financier de l’entreprise ; et l’utilisation d’équipements destinés à l’usine de production d’acier pour béton armé, ce qui permettra d’augmenter la capacité de production d’environ 800 000 tonnes par an.
En deuxième lieu, le ministère a entamé des négociations avec un partenaire étranger pour s’y associer. Selon la même source, le ministère de l’Industrie mène actuellement des négociations avancées avec un opérateur étranger en vue de mettre en place un partenariat stratégique dans le secteur du fer et de l’acier.
Un partenariat qui devrait apporter l’appui nécessaire pour la relance de ce complexe stratégique et surtout assurer une transformation industrielle de ce fleuron industriel.
Des mesures pour une transition technologique
Le ministère de l’Industrie travaille déjà sur la question de la transformation industrielle (technologique et énergétique). Une série de mesures est annoncée par le département de Yahia Bachir.
Il s’agit notamment de renforcer les capacités de production actuelles par l’intégration d’équipements modernes, de procéder au remplacement progressif des installations traditionnelles par des technologies plus performantes et moins coûteuses, de valoriser les ressources nationales, en particulier les minerais de fer de Tebessa (Ouenza et Boukhadra) et de Gara Djebilet (Tindouf), de reconstruire progressivement le complexe selon les normes internationales de compétitivité, et de réorienter stratégiquement la production vers des produits fortement demandés sur le marché national tout en ciblant les marchés internationaux.
Enfin, le ministère rassure que l’aspect des ressources humaines est placé au centre de ses prérogatives et occupe une place importante dans cette nouvelle relance, à travers la concrétisation d’un plan de formation au profit des travailleurs, en fonction du nouveau plan d’investissement d’El Hadjar, qui occupe une superficie de plus de 900 hectares et emploie plus de 5 500 travailleurs.
En somme, la relance du complexe sidérurgique d’El Hadjar s’inscrit dans une vision stratégique ambitieuse, combinant modernisation technologique, valorisation des ressources nationales et ouverture sur les marchés internationaux.
Avec la mise en œuvre de ces mesures, l’État affiche sa détermination à redonner à ce fleuron industriel sa place centrale dans l’économie nationale et à assurer sa compétitivité durable sur le long terme.
H.O.







