La crise sanitaire du Coronavirus a, quelque peu, bouleversé les habitudes de travail des Algériens, car dans une démarche prudentielle, les pouvoirs publics ont favorisé le travail à distance. Un mode de travail inédit en Algérie, à quelques exceptions près. Compte tenu de la situation sanitaire qui prévalait à ce moment dans le pays, les chefs d’entreprises et les responsables des ressources humaines ont été invités à procéder à l’identification des activités que les employés arriveront à exécuter sans quitter leur domicile. Selon une étude menée par Consumer Lab de l’équipementier télécoms suédois Ericsson, une augmentation de 68 % du temps passé à travailler à distance est constatée en Algérie.
Par Réda Hadi
Cette façon de travailler, inédite en Algérie, a bouleversé énormément les habitudes de travail, car pour certains juristes algériens, cette nouvelle façon de travailler s’est faite sans aucune loi qui encadre ces activités, car en Algérie et dans ce cas-là, les relations professionnelles ne sont pas encore codifiées pour permettre le télétravail.
Aussi, et selon eux, les propriétaires d’entreprises, les législateurs, les pouvoirs publics, doivent développer ces nouvelles relations de travail, et les adapter à cette nouvelle forme de communication, indispensable en ces temps de crise.
Pour Billel Aouali expert en économie, « nous constatons qu’il existe un grand potentiel pour le travail depuis la maison. Le retard à rattraper se situe au niveau de la technologie et des procédures. La législation doit également être adaptée pour que les opérations puissent être menées de manière numérique. ».
Et de préciser que l’Algérie n’est pas un exemple à part, d’une manière générale en prenant comme référence les exemples dans d’autres pays et en faisant une moyenne : «65% des employés du secteur des technologies de l’information et de la communication ont travaillé à temps complet depuis chez eux, 50% dans le secteur de la Finance et des assurances et 31% dans celui de l’industrie des machines.»
Les conditions techniques pour le télétravail sont insuffisantes
«Pour travailler de façon flexible et efficacement depuis son domicile, il est nécessaire de disposer de ressources et de technologies appropriées. Les autorités et les administrations publiques peuvent encore s’améliorer dans ce domaine» a souligné l’expert, qui affirme que, selon ses propres sources et un sondage non exhaustif, «une grande majorité des employés administratifs ont éprouvé de la frustration parce que les adaptations techniques nécessaires pour travailler depuis la maison ont pris plusieurs jours, voire, plusieurs semaines, ou n’ont jamais été complètes.
Par ailleurs et dans ce même cadre, M. Haddad Mohamed, économiste, nous a précisé que « pour réussir cette mutation vers le télétravail, il faut s’assurer que l’employé possède les mêmes équipements dont il disposait dans son entreprise, et doit aussi accéder aux données de l’entreprise nécessaires à la bonne exécution de ses missions et enfin, mettre à sa disposition les outils technologiques qui lui permettent d’être productif. Ce qui n ‘est souvent pas le cas », a –t-il observé.
Pour les salariés, il y a évidemment bien des avantages à travailler depuis son domicile. Réduction des transports, économies de temps et d’argent, horaires de travail plus souples, plus grande autonomie, responsabilité et donc, liberté, une meilleure conciliation vie privée/ professionnelle, moins de stress lié à l’environnement… les avantages du télétravail sont nombreux pour les salariés.
Pourtant, des psychologues soulignent que le télétravail peut aussi avoir certains inconvénients. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les employés ne sont pas moins productifs lorsqu’ils sont à leur domicile.
L’image de l’employé moins productif, en peignoir affalé dans son canapé avec l’ordinateur sur les genoux a été contredite par plusieurs études scientifiques qui ont montré les bénéfices en matière de productivité lors du télétravail.
Mais la pratique du télétravail peut se révéler frustrante, perturbante, quand on est habitué au rythme de bureau et à sa routine quotidienne avec les pauses café et les discussions entre collègues.
Si le télétravail tend à être plus pratiqué, à défaut d’être parfaitement encadré, il restera un moyen pour freiner une pandémie, et continuera à alimenter les débats.
R. H.







