Avec l’un des plus longs et des plus préservés littoraux de la stratégique Méditerranée algérienne, la wilaya de Chlef ne se contente plus d’un tourisme de passage.
En structurant ses Zones d’Expansion Touristique (ZET) et en hissant ses capacités d’accueil aux standards internationaux, la région fusionne désormais le balnéaire, l’histoire millénaire et le tourisme de montagne pour séduire une clientèle nationale et internationale exigeante.
Une attractivité record confirmée par les chiffres
L’engouement pour les côtes de Chlef se traduit par des statistiques de fréquentation en constante progression. Selon les bilans de la Direction du Tourisme et de l’Artisanat de la wilaya, les 26 plages autorisées à la baignade attirent désormais des flux massifs.
Pour la saison estivale 2024-2025, les autorités locales ont enregistré une affluence dépassant les 8 millions d’estivants, un chiffre qui témoigne de la position de Chlef comme destination privilégiée du centre du pays.
Cette dynamique est soutenue par une amélioration notable des conditions d’accueil et de sécurité, ainsi que par l’ouverture de nouvelles structures de restauration et de loisirs le long de la corniche de Ténès et de Beni Haoua.
Les services de la Protection Civile et de la Gendarmerie Nationale confirment que cette montée en charge s’accompagne d’une gestion rigoureuse des accès aux plages, renforçant l’image d’une destination familiale et sereine.
L’aménagement des ZET et la montée en gamme hôtelière
Le secteur bénéficie d’une attention gouvernementale accrue, illustrée par la gestion des 26 zones d’expansion touristique (ZET) que compte la wilaya. Plusieurs sites prioritaires, notamment à Ténès et El Marsa, font l’objet d’un aménagement rigoureux pour attirer les investisseurs privés.
Le ministère du Tourisme a rappelé l’importance de faire de Chlef une «destination d’excellence», insistant sur le respect de la durabilité environnementale. Pour répondre à cette exigence, la wilaya mise sur une hôtellerie de qualité.
Des établissements comme le Mirador Palace, véritable navire amiral de l’hôtellerie urbaine, ou l’Hôtel Castellum, offrent des prestations de standing international qui attirent une clientèle d’affaires et de loisirs haut de gamme.
Ces infrastructures sont essentielles pour transformer les millions d’estivants de passage en touristes résidentiels, augmentant ainsi la durée moyenne de séjour et les retombées économiques locales.
Vision stratégique et intégration territoriale
La chercheuse Fatiha Mansouri, dans son étude «Potentialités et contraintes du développement touristique sur le littoral de Chlef», préconise une approche intégrée qui dépasse le simple cadre balnéaire. Elle suggère de lier la mer au patrimoine historique, notamment à travers la valorisation des vestiges de la cité antique de Cartennae à Ténès.
Parallèlement, des études publiées par l’Université de Chlef soulignent le potentiel du tourisme écologique dans le massif du Dahra, où la forêt rencontre la Méditerranée. Cette diversification permet de désaisonnaliser l’activité, proposant des circuits de randonnée en hiver et des activités nautiques en été.
En investissant dans la formation et l’amélioration des services, comme le préconisent les experts académiques, Chlef ambitionne de devenir un pôle touristique complet, capable de rivaliser avec les grandes destinations méditerranéennes.
L. K.
Incitations fiscales et foncières
L’Agence Nationale de Développement du Tourisme (ANDT) et l’AAPI proposent des incitations majeures pour densifier le parc hôtelier de la région. Les investissements dans les ZET de Chlef bénéficient d’un taux d’imposition réduit à 19% sur les bénéfices (IBS), contre 25% dans d’autres secteurs de services. De plus, les promoteurs profitent de bonifications de taux d’intérêt sur les cré- dits bancaires pour la construction d’hôtels de qualité, ainsi que d’une exonération de la taxe foncière sur une période de 10 ans pour les projets labellisés d’intérêt touristique majeur, facilitant ainsi l’émergence d’une hôtellerie de luxe pieds dans l’eau.







