Alger, Algérie

mardi 21 juillet 2026 22:26

La Formation professionnelle à la rescousse du Tourisme : L’offre touristique le ventre mou du secteur

Eco Times

Correspondant

Le développement du secteur du Tourisme passe, inéluctablement, par une formation meilleure et adéquate pour son personnel. Un axe auquel la tutelle accorde une importance capitale. Des conventions, dans ce sens, ont été déjà signées avec le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de la formation professionnelle.

Par Akrem R.

Cette nouvelle stratégie vise à répondre à la demande du secteur, suite aux investissements important consenti s ces dernières années, en matière de main-d’œuvre qualifiée. Selon les chiffres présentés par le ministre Mohamed Ali Boughazi, 800 projets touristiques sont en cours de réalisation, d’une capacité de 90 000 lits.

Une fois ces hôtels et complexes touristiques entrés en service, quelque 130 000 emplois seront générés, ajoute-t-il. C’est à travers ce genre de partenariats que l’on va hisser le niveau de la formation du personnel activant dans le domaine de l’hôtellerie.

Actuellement, la qualité de service reste à désirer. La plupart des Algériens s’en plaignent d’ailleurs, déplorant également la cherté des prix, comparativement à ce qui se fait ailleurs dans le monde. Aller passer un séjour à l’étranger coûtera moins cher que dans notre pays. D’ailleurs, des milliers de touristes algériens s’envolent, chaque été, vers des cieux autrement plus accueillants pour y passer des moments de détente. 

Avant la pandémie, pas moins de 3,5 millions d’Algériens qui partaient, annuellement, à l’étranger, représentaient une perte sèche de près de 3 milliards de dollars pour l’économie nationale. Des pays comme la Tunisie, la Turquie, l’Espagne  ou encore l’Egypte, sont les destinations principales des Algériens.

Manque de professionalisme

Le nœud du problème est la grande faiblesse de l’offre touristique locale. Les produits proposés par les opérateurs locaux ne répondent pas aux aspirations des touristes, devenus de plus en plus exigeants. «Les gens vont à l’étranger pour changer d’air, se sentir en vacances et trouver des services de qualité qu’ils ne trouveront pas chez nous où les offres sont parfois deux fois plus chères», a affirmé Halim, propriétaire d’une agence touristique à Bejaïa, en affirmant que les offres pour la promotion du tourisme locale n’ont pas trouvé un véritable écho chez nos clients. Ils jugent que les prestations sont médiocre et les tarifs excessivement chers. « Nos tentatives pour relancer la destination locale durant cette période de la Covid-19, sont restées vaines et nous n’avons pas réussi à drainer la foule», a-t-il déploré, en pointant du doigt le non professionnalisme de bon nombre des hôteliers algériens.   «Ils n’ont pas le savoir-faire pour convaincre les Algériens de rester dans le pays. Ils accusent un déficit en matière de marketing et de stratégie de ventes», affirme-t-il. Les jeunes notamment, sont de plus en plus exigeants. Ils sont à la recherche d’animations top, des parcs et des lands.  A titre comparatif, un séjour d’une semaine en bord de mer reviendra à plus 70 000 DA alors que pour une même période en Tunisie où la qualité de service est largement meilleure, l’Algérien déboursera 35 000 DA.  Autrement dit, on est très loin du compte et les hôteliers algériens doivent impérativement se mettre à la page et se professionnaliser davantage pour espérer attirer la clientèle locale». 

Artisanat et l’Hôtellerie : Plus de 23.000 diplômés en 2020

La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Hoyem Benfriha, a indiqué, hier, dimanche, à Alger que 23.701 stagiaires avaient été diplômés dans le secteur en 2020 dans les branches de l’Artisanat et de l’Hôtellerie & Tourisme (tous modes de formation confondus).

Présidant une Journée d’étude sur la formation dans le secteur du tourisme, en compagnie du ministre du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial, Mohamed Ali Boughazi, Mme Benfriha a précisé que 23.701 stagiaires avaient été diplômés dans le secteur en 2020 (tous modes de formation confondus), dont 19.541 stagiaires dans la branche de l’Hôtellerie et Tourisme et 4.160 dans celle de l’Artisanat.

La nomenclature des branches professionnelles et des spécialités de la formation professionnelle de l’édition 2019 compte 495 spécialités réparties sur 23 branches professionnelles, dont 54 spécialités liées aux métiers du tourisme et de l’artisanat, réparties sur la branche de l’Artisanat (27 spécialités) et celle de l’Hôtellerie, restauration & tourisme (27 spécialités), a fait savoir la ministre.

Le secteur compte également 39 spécialités dans la formation qualifiante de courte durée dans ces deux branches (12 dans le Tourisme et 27 dans l’Artisanat ».

Pour la rentrée de mars 2021, 51.445 postes de formation ont été proposés dans le Tourisme et l’Artisanat, tous modes et dispositifs de formation confondus, a précisé la première responsable du secteur, soulignant que ces deux branches sont prisées par les jeunes car « elles offrent des possibilités d’emploi prometteuses » et « permettent aux jeunes de créer leurs entreprises car ne nécessitant pas de grands investissements ».

R. N.

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