Dans une déclaration conjointe à la presse, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a exprimé sa « profonde satisfaction » quant aux résultats des discussions, estimant que cette visite constitue « une étape essentielle » dans la préparation de la prochaine Réunion de haut niveau.
En effet, cette rencontre traduit la volonté politique des deux pays de renforcer un partenariat historique appelé à générer des bénéfices mutuels, a indiqué le président Tebboune, affirmant que les échanges ont porté sur plusieurs axes stratégiques de coopération, notamment l’énergie, les énergies renouvelables, les échanges commerciaux, les investissements, la coopération sécuritaire ainsi que les volets judiciaire et consulaire.
Une coopération économique appelée à s’élargir
Sur le plan économique, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’intensifier les échanges commerciaux et de stimuler les investissements bilatéraux. Selon lui, la nouvelle dynamique qui caractérise les relations entre Alger et Madrid est de nature à encourager les hommes d’affaires et les opérateurs économiques des deux pays à développer de nouveaux partenariats et à exploiter les importantes opportunités d’investissement disponibles.
Dans ce contexte, Abdelmadjid Tebboune a également exprimé le souhait de voir l’Espagne jouer un rôle plus actif au sein de l’Union européenne afin de favoriser un meilleur équilibre dans les relations économiques entre Alger et Bruxelles. Il a plaidé, à cet effet, pour la réactivation du Conseil d’association Algérie-Union européenne, dont les travaux sont suspendus depuis 2020.
Le partenariat énergétique a occupé une place centrale lors des discussions. Le président de la République s’est félicité de la qualité de la coopération entre les deux pays dans ce domaine, rappelant que l’Algérie honore pleinement ses engagements en matière de sécurité énergétique envers ses partenaires européens.
Il a toutefois affirmé que les perspectives de coopération devraient désormais s’étendre aux énergies renouvelables, un secteur dans lequel l’Algérie dispose, selon lui, d’importants atouts susceptibles de faire du pays un acteur majeur de la transition énergétique dans l’espace euro-méditerranéen.
Les deux dirigeants ont également convenu de renforcer leur coopération dans les domaines judiciaire et sécuritaire. Concernant la coopération judiciaire, Abdelmadjid Tebboune a insisté sur l’importance d’accélérer le traitement des demandes d’entraide judiciaire, notamment dans les affaires liées à la lutte contre la corruption et à la récupération des avoirs criminels transférés à l’étranger.
À cette occasion, le chef de l’État a remercié les autorités espagnoles pour leur coopération dans les procédures de récupération des fonds détournés, saluant les résultats obtenus dans ce domaine. Les discussions ont également porté sur la lutte contre l’immigration clandestine, la traite des êtres humains et la criminalité organisée transfrontalière, ainsi que sur les moyens de faciliter la mobilité des personnes entre les deux pays.
Par ailleurs, les responsables espagnols et algériens ont évoqué le développement de la coopération dans les domaines scientifique, technologique, culturel et humain. Ils ont exprimé leur volonté commune de dynamiser les mécanismes de coopération existants et de mettre en place de nouveaux instruments destinés à renforcer les échanges entre les institutions des deux pays.
Convergence de vues sur les dossiers régionaux
Les entretiens ont également permis un large échange de vues sur les principaux dossiers régionaux et internationaux. Les deux dirigeants ont examiné l’évolution de la situation au Moyen-Orient, les tensions dans la région du Golfe ainsi que leurs conséquences sur la sécurité alimentaire et énergétique mondiale.
À cette occasion, Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé la position constante de l’Algérie en faveur de solutions exclusivement politiques et pacifiques aux crises régionales, dans le strict respect du droit international. Il a appelé à la reprise des négociations et au dialogue, tout en soulignant que toute solution devait préserver les intérêts vitaux des pays arabes.
Le chef de l’État a également salué la position de l’Espagne concernant la cause palestinienne, exprimant sa satisfaction et sa reconnaissance envers le gouvernement espagnol pour son soutien à cette cause.
Les deux responsables ont enfin abordé les questions du Sahara occidental, de la crise libyenne et de la situation sécuritaire au Sahel. Ils sont convenus de poursuivre leur concertation et de soutenir les efforts des Nations unies ainsi que les initiatives multilatérales visant à promouvoir des solutions pacifiques conformes au droit international et à la Charte des Nations unies.
H. O.
Ce qu’a déclaré Pedro Sánchez
- « L’Espagne considère l’Algérie non seulement comme un pays voisin, mais aussi comme un partenaire stratégique et, surtout, comme une nation amie ».
- « Cette visite représente notre ferme engagement à approfondir cette amitié et à élargir la coopération bilatérale, en regardant vers l’avenir et en allant de l’avant dans cette nouvelle phase ».
- « J’ai demandé à mes équipes de commencer à travailler dès aujourd’hui avec leurs homologues algériens afin de faire de cette réunion de haut niveau un succès qui profite à nos deux sociétés ».
- « Notre pays, mon pays, souhaite consolider sa position de partenaire stratégique de l’Algérie dans le processus de modernisation que vous promouvez et dans le développement de vos secteurs énergétique et industriel ».
- « Depuis le début de l’année 2026, l’Algérie est notre principal fournisseur de gaz naturel, et ce, malgré l’incertitude exceptionnelle qui règne sur les marchés internationaux ».
- « Il ne s’agit clairement pas d’une simple relation d’approvisionnement. Nous souhaitons également collaborer pour relever ensemble les défis de la transition énergétique, de l’innovation technologique et de la numérisation des infrastructures ».
- « Nous souhaitons continuer à promouvoir la présence et l’investissement de nos entreprises en Algérie. Cela inclut l’activité des entreprises espagnoles dans des secteurs tels que l’industrie, l’agroalimentaire, les infrastructures et les services ».
- « L’Algérie et l’Espagne sont destinées à collaborer étroitement sur la scène internationale, en tant que deux pays qui font office de pont entre l’Europe et l’Afrique. L’Algérie est une porte d’entrée vers l’Afrique ; elle joue un rôle fondamental dans la stabilisation du Sahel ». « L’Espagne est à son tour une porte d’entrée vers l’Europe ».
Un nouvel élan pour le partenariat stratégique
Un nouveau chapitre dans les relations algéro-espagnoles s’ouvre. Après plusieurs mois de brouilles diplomatiques, marqués par la suspension de l’accord d’amitié, de bon voisinage et de coopération liant l’Algérie à l’Espagne en 2022, suite notamment au changement de position du gouvernement espagnol sur la question du Sahara occidental, Alger et Madrid réactivent leurs relations, et notamment leurs échanges commerciaux, depuis mars 2026. La visite d’hier du président du gouvernement d’Espagne, Pedro Sánchez, à Alger marque ainsi le retour à la normale des relations entre les deux pays, avec l’ambition de les renforcer davantage. En effet, les deux capitales cherchent désormais à donner un nouvel élan à leur coopération, tant sur le plan économique que politique. Dans un tweet publié sur son compte officiel, Sánchez a affirmé qu’il est en visite en Algérie pour poursuivre le renforcement du dialogue et de la coopération que « nous entretenons avec ce pays ami et partenaire stratégique de l’Espagne, dans l’intérêt de nos deux peuples ». C’est un message fort qui résume l’intérêt de l’État ibérique à renforcer sa coopération avec l’Algérie, tout en tournant définitivement la page de la crise diplomatique provoquée par le changement de position de Madrid sur la question du Sahara et à sécuriser les approvisionnements en gaz dans un contexte marqué par les tensions autour du détroit d’Ormuz.
À son arrivée, Pedro Sánchez a entamé son programme par un entretien avec le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, avant de déposer une gerbe de fleurs au Monument des Martyrs de la guerre de Libération nationale. Il s’est ensuite entretenu avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. D’après des sources du gouvernement espagnol, cette rencontre avec le président Tebboune symbolise le rétablissement complet des relations entre les deux pays.
Dans une déclaration conjointe à la presse, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a souligné l’importance de renforcer le dialogue politique entre l’Espagne et l’Algérie, estimant que cette démarche constitue la base d’une relation bilatérale plus solide et durable. Il a annoncé la tenue prochaine de la VIIIe Réunion de haut niveau entre l’Espagne et l’Algérie, prévue à l’automne prochain. « Cet automne, nous célébrerons la VIIIe Réunion de haut niveau entre l’Espagne et l’Algérie », a déclaré Pedro Sánchez, soulignant que « seulement en travaillant ensemble, nous pouvons relever avec succès les défis qui inquiètent le plus nos sociétés ». Il a également insisté sur le rôle central du dialogue politique dans la consolidation des relations entre les deux pays. « Le dialogue politique est la base sur laquelle il faut construire une relation plus forte », a-t-il affirmé.
Selon Pedro Sánchez, la préparation de cette échéance bilatérale nécessitera une coordination étroite entre les deux parties. « Cette rencontre sera, naturellement, précédée de consultations politiques afin d’en garantir le succès. J’ai demandé à mes équipes d’entamer dès aujourd’hui un travail de coordination avec leurs homologues algériens, afin de veiller à ce que cette Réunion de haut niveau soit une réussite, bénéfique pour l’ensemble de nos sociétés », a-t-il indiqué.
Le président du gouvernement espagnol a également évoqué les perspectives d’élargissement de la coopération entre Alger et Madrid à plusieurs secteurs stratégiques. Il a estimé que la prochaine Réunion de haut niveau permettra « d’approfondir notre collaboration dans de nombreux domaines », citant notamment la sécurité et la lutte contre l’immigration clandestine. Il a également mis en avant l’importance de renforcer la coopération culturelle, qu’il considère comme un vecteur essentiel du rapprochement entre les deux peuples. « La coopération culturelle revêt une importance particulière pour favoriser les échanges humains », a-t-il souligné.
H. O.





