Alger, Algérie

mardi 21 juillet 2026 17:26

Air Algérie : Jusqu'à 30 % de réduction au profit de la communauté nationale à l'étranger

Quatre vols par semaine, un pont stratégique : L’Algérie et la Corée du Sud ouvrent leur ciel

L'Algérie et la Corée du Sud franchissent une nouvelle étape dans la consolidation de leur partenariat stratégique. Selon un communiqué du ministère sud-coréen du Territoire, des Infrastructures et des Transports, repris par The Korea Times, les deux pays seraient parvenus à un accord sur l'établissement de liaisons aériennes directes et la répartition des droits de trafic, une avancée majeure appelée à dynamiser davantage les échanges économiques, commerciaux et humains entre Alger et Séoul.

K. Boukhalfa

Correspondant

En effet, la même source indique que si un accord bilatéral sur les services aériens avait été signé dès janvier 2005, avant d’entrer officiellement en vigueur en juillet 2009, l’absence de négociations sur les droits de trafic a longtemps empêché toute ouverture de liaisons directes entre les deux capitales.

C’est cette impasse que l’accord récemment conclu vient lever, en attribuant aux deux parties des droits permettant l’exploitation de quatre vols hebdomadaires, dédiés aussi bien au transport de passagers qu’au fret aérien.

Cette double vocation (voyageurs et marchandises) n’est pas anodine. Elle traduit la volonté des deux gouvernements d’accompagner, par une meilleure connectivité, la montée en puissance de leurs relations commerciales, particulièrement actives dans l’industrie, les technologies, l’automobile et les équipements.

Reste que la mise en œuvre concrète de ces dessertes dépendra des choix commerciaux des compagnies aériennes concernées, tout en sachant que du côté algérien, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports n’a pour l’instant émis aucune communication officielle sur le sujet.

Ainsi, pour Séoul, cet accord dépasse le seul cadre bilatéral. La Corée du Sud ne dispose aujourd’hui que d’une unique liaison aérienne directe avec le continent africain, celle reliant l’aéroport d’Incheon à Addis‑Abeba (Éthiopie). Or, les autorités sud‑coréennes considèrent l’Afrique comme un marché à fort potentiel, porté par une croissance économique soutenue et une demande croissante en matière de voyages intercontinentaux.

C’est précisément là que la position géographique de l’Algérie prend tout son sens. D’ailleurs, un responsable du ministère sud‑coréen des Transports, cité par The Korea Times, souligne que cet accord ne bénéficiera pas uniquement aux flux entre les deux pays : il devrait également permettre d’attirer des passagers en correspondance en provenance de plusieurs pays africains, ainsi que de certains États méditerranéens souhaitant rejoindre la Corée du Sud via l’Algérie.

Située au carrefour de l’Afrique, de la Méditerranée et de l’Europe, l’Algérie voit ainsi son rôle de plateforme régionale pour les échanges aériens se renforcer, une opportunité pour consolider son positionnement de hub entre les continents.

Il convient de préciser que cette avancée dans le transport aérien s’inscrit dans une dynamique commerciale déjà solide. En 2024, les échanges entre l’Algérie et la Corée du Sud avaient atteint 3,9 milliards de dollars, confirmant Séoul comme l’un des partenaires asiatiques majeurs de l’Algérie, notamment dans l’industrie, les infrastructures, la construction, l’énergie, l’automobile et les nouvelles technologies.

En facilitant les déplacements des investisseurs, des hommes d’affaires, mais aussi des étudiants et des citoyens, l’ouverture prochaine de ces liaisons directes devrait donner un nouvel élan à ce partenariat multidimensionnel.

Au‑delà du seul axe Alger‑Séoul, cet accord renforce également les passerelles entre l’Asie et le continent africain, confirmant la place centrale que l’Algérie entend jouer dans cette connectivité intercontinentale émergente.

K. B.

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