Le secteur de l’industrie automobile en Algérie confirme sa dynamique ascendante. À l’occasion de la première édition du Salon « Mécanica Algérie », organisée à Oran, l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) a tenu, mardi 10 février 2025, selon un communiqué diffusé sur ses réseaux sociaux, une journée d’étude consacrée à « l’investissement productif au service de la sous-traitance et de l’intégration industrielle ». Un rendez-vous qui illustre la volonté des pouvoirs publics d’ancrer durablement une filière automobile intégrée et compétitive.
Par K. Boukhalfa
En effet, placée sous la supervision du directeur général de l’AAPI, Omar Rekkache, la rencontre a réuni les principaux acteurs économiques du domaine, dont le groupe Stellantis, des associations professionnelles spécialisées, des représentants d’administrations et d’organismes économiques publics, des institutions financières, des organisations patronales ainsi que des experts en économie industrielle.
Dans son intervention, le responsable de l’Agence a mis en avant la stratégie adoptée pour stimuler la sous-traitance, axe central de la politique industrielle nationale.
Celle-ci vise à orienter les investissements vers les segments à forte valeur ajoutée, dans le sillage d’une volonté politique affirmée d’accroître la contribution du secteur industriel au produit intérieur brut.
L’objectif affiché est clair : renforcer l’intégration locale et structurer un réseau de sous-traitants porté par des PME, des PMI et des start-up capables d’accompagner l’essor des industries mécaniques.
Selon le directeur général de l’AAPI, la réussite de cette dé- marche repose sur une mobilisation collective. Il s’agit notamment de définir des stratégies cohérentes de développement des filières, d’ajuster les politiques commerciales internes et externes, de protéger la production nationale et de réunir les conditions nécessaires au lancement de projets industriels spécialisés dans la sous-traitance.
L’Agence affirme également poursuivre son action d’accompagnement des porteurs de projets et de simplification des procédures afin de faciliter la concrétisation des investissements.
D’ailleurs, les indicateurs témoignent déjà d’un engouement notable : des centaines de projets d’investissement ont été enregistrés dans la sous-traitance, particulièrement dans la fabrication de pièces de rechange, de pneumatiques et de roues en caoutchouc.
Une dynamique qui traduit la montée en puissance d’un tissu industriel appelé à jouer un rôle moteur dans la consolidation de la filière automobile nationale.
Mise en place de pôles industriels spécialisés
L’AAPI travaille également à la mise en place de pôles industriels spécialisés destinés à créer un écosystème intégré autour des grandes industries. L’expérience de Stellantis Algérie est citée comme exemple, ayant encouragé de nombreuses entreprises locales à se positionner sur des créneaux liés à la production automobile.
Dans ce sillage, la journée d’étude a été marquée par la signature de cinq contrats de sous-traitance entre Stellantis Algérie pour la fabrication de véhicules, VMS Industrie pour les motocycles, et plusieurs entreprises algériennes actives dans la production de composants, pièces et accessoires automobiles.
Par ailleurs, des décisions d’octroi de concessions foncières à vocation économique ont été remises pour des projets implantés dans les wilayas d’Oran et d’Aïn Témouchent.
Ainsi, à Aïn Témouchent, la société «Ident Or Algérie» lancera un projet de conception et de fabrication de cartes électroniques destinées à la maintenance industrielle, pour un investissement de 1,05 milliard de dinars et une capacité de production de 2,9 millions d’unités par an, avec 1.670 emplois directs attendus.
La même entreprise porte également un second projet, évalué à 1,2 milliard de dinars, dédié à la production de systèmes de géolocalisation (GPS), d’une capacité annuelle de 1 million d’unités et générant 1.815 postes de travail.
Toujours dans la même wilaya, la société «Meca Pro Auto» prévoit la réalisation d’une unité de fabrication d’équipements, d’accessoires et de pièces de rechange pour véhicules utilitaires, agricoles et touristiques, mobilisant 1,16 milliard de dinars pour une production annuelle estimée à 180.000 unités.
De son côté, «Ident Géolocalisation» investira 1 milliard de dinars dans un projet de production de câbles d’énergie et de données pour automobiles à Ain Témouchent ainsi que des solutions liées à l’énergie intelligente, avec une capacité de 2,8 millions d’unités par an.
À Oran, l’entreprise «Export Import Himoud Parts» concrétisera un projet de fabrication de pièces et accessoires automobiles d’un montant de 306 millions de dinars, avec une capacité de production de 62.000 unités par an. À travers ces initiatives structurantes, l’industrie automobile nationale amorce une nouvelle phase de croissance.
La consolidation d’un réseau de sous-traitance performant et l’émergence de pôles spécialisés traduisent une progression tangible du secteur, désormais engagé sur la voie d’une intégration accrue et d’une montée en gamme industrielle.
K. B.







