Lagos s’apprête à renouer avec sa vocation historique de carrefour des échanges. Le lundi dernier (9 mars 2026), un accord décisif a été scellé entre le gouvernement nigérian, Afreximbank, l’Union africaine et le Secrétariat de la ZLECAf. L’objectif est de faire de la cinquième édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF), prévue du 5 au 11 novembre 2027, le plus grand rassemblement économique jamais organisé sur le sol nigérian.
L’héritage d’Alger, une barre placée très haut
Le Nigeria n’aura pas la tâche facile, tant l’édition précédente a bousculé les compteurs. Tenue en 2025 à Alger, l’IATF a marqué un tournant historique avec la signature de contrats commerciaux et d’investissement s’élevant à 50 milliards de dollars en une seule semaine.
Avec plus de 112.000 visiteurs et des délégations venues de 132 pays, la capitale algérienne a prouvé que la foire est devenue une véritable « machine de guerre » financière, portant le volume global des transactions générées depuis 2018 à plus de 167 milliards de dollars.
Pour George Elombi, vice-président d’Afreximbank, le choix du Nigeria — première économie du continent — est une réponse naturelle à cette montée en puissance. Utilisant la métaphore de « l’éléphant » pour désigner l’ampleur du projet, il a salué l’engagement du président Bola Ahmed Tinubu.
De son côté, l’ancien président Olusegun Obasanjo a rappelé la portée symbolique de ce choix, estimant que Lagos fut le berceau du Plan d’action de 1980 prônant l’autosuffisance.
Ceci dit, accueillir l’IATF aujourd’hui, c’est transformer cette ambition de longue date en une réalité de marché concrète.
Afreximbank, le catalyseur des « Big Deals »
Au cœur de cette dynamique, Afreximbank joue un rôle pivot. Plus qu’un simple organisateur, l’institution agit comme le bras armé financier des échanges.
Derrière les milliards de dollars de contrats se cache une ingénierie complexe basée sur les garanties de crédit, facilités de paiement et sécurisation des investissements transfrontaliers.
Sous le thème « L’Afrique mondiale repositionnée », la foire de Lagos visera à transformer ces flux financiers en chaînes de valeur industrielles palpables, créatrices d’emplois pour la jeunesse.
L’édition 2027 déploiera un arsenal complet de plateformes spécialisées pour toucher tous les leviers de croissance. Du Salon africain de l’automobile, crucial pour l’industrialisation, au programme CANEX dédié aux industries créatives, en passant par le pavillon des start-ups de l’Union africaine, Lagos sera pendant sept jours le laboratoire de « l’Afrique que nous voulons ».
En ancrant ce rendez-vous au Nigeria, les instances continentales envoient un signal fort, celui d’une Afrique qui ne se contente plus d’accéder aux marchés mondiaux, mais qui construit, brique par brique, son propre marché unique unifié.
N. A.







