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Slimane MERZOUG, professeur en sciences économiques : «Un territoire bien desservi attire les investissements, stimule le commerce et le tourisme…»

Par Eco Times
1 mars 2026
Dans Interview
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Slimane MERZOUG, professeur en sciences économiques

Slimane MERZOUG, professeur en sciences économiques à l’université de Bejaia et chef d’équipe de recherche «Région et Développement» au sein du laboratoire Économie & Développement (LED) dans la même université. Il est spécialiste d’économie des transports, a publié, seul ou en collaboration, de nombreux articles scientifiques dans des revues algériennes et étrangères dans les domaines suivants : économie des transports, économie de l’énergie et logistique maritime et portuaire. Il a dirigé la première revue en économie de l’université de Bejaia, «Revue d’Économie & de Gestion de 2017 à 2022», et un master académique «Économie Des Transports» de 2013 à 2019.

Entretien réalisé par Sofiane Idiri

  • Eco Times Pr. MERZOUG, la mobilité urbaine est souvent perçue comme un problème de gestion de la circulation. Mais d’un point de vue économique, quelles sont les répercussions réelles d’un système de transport peu structuré sur la productivité et la croissance locale ?

Pr. Slimane MERZOUG : Il faut d’abord préciser que le secteur du transport est un secteur structurant et stratégique en raison de ses impacts économiques et sociaux considérables, mais également de ses effets environnementaux et énergétiques.

Le système de transport est un secteur complexe qui va bien au-delà de la simple mobilité urbaine. Il implique de multiples acteurs : administrations, entreprises publiques et opérateurs privés. Et englobe différents modes de transport : terrestre, aérien, maritime, ferroviaire et par câble. Il intègre également des infrastructures dé- diées et des outils numériques permettant d’optimiser la gestion et l’exploitation du secteur

Un système mal structuré, mal connecté ou insuffisamment développé a des impacts directs sur l’activité économique. Le transport constitue en effet une composante du coût de production. Des régions mal desservies ou un réseau peu performant génè- rent des surcoûts pour les entreprises, affectant l’approvisionnement en matières premières et la commercialisation des produits finis.

Sur le plan social, un système défaillant entrave les déplacements quotidiens des citoyens, accentue l’encombrement urbain et altère la qualité de vie.

Enfin, sur le plan environnemental, un transport mal organisé favorise la surconsommation énergétique, renforce la dépendance aux énergies fossiles et entraîne des effets négatifs sur la santé publique, notamment le stress lié à la conduite et les maladies respiratoires dues à la pollution atmosphérique.

  • Le transport informel occupe une place importante dans le paysage urbain algérien. Comment l’économiste que vous êtes analyse-t-il ce phénomène : s’agit-il d’une forme d’entrepreneuriat populaire à encadrer, ou d’un secteur qu’il faut progressivement intégrer dans un cadre légal et organisé ?

Il convient d’abord de souligner l’absence de statistiques officielles précises concernant le transport informel. En Algérie, le transport de personnes et de marchandises est dominé à plus de 80 % par les opérateurs privés, notamment depuis l’ouverture et la libéralisation du secteur vers la fin des années 1980.

L’informel concerne principalement l’utilisation de voitures particulières et de petites camionnettes à des fins commerciales. Bien qu’il soit difficile d’en mesurer l’ampleur réelle, il joue un rôle complémentaire, notamment dans les régions mal desservies par le transport formel.

L’utilisation des véhicules particuliers peut être encadrée via des plateformes numé- riques de réservation, dans une logique de covoiturage organisé. De même, les camionnettes peuvent intervenir efficacement dans la logistique du « dernier kilomètre », pour le transport de porte à porte de petites quantités de marchandises.

L’enjeu n’est donc pas d’éliminer ce secteur, mais de l’intégrer et de l’organiser afin qu’il soit complémentaire et non concurrent du transport formel.

  • Entre la charge financière que représente le transport pour les familles à revenus modestes et les surcoûts logistiques que subissent les commerçants et les petits opérateurs économiques. Concrètement, comment les difficultés du transport urbain affectent-elles le budget des familles et l’activité des petits commerçants au quotidien ?

Le transport est à la fois un service essentiel et une charge financière pour les mé- nages et les entreprises.

Pour les entreprises, le coût du transport peut être répercuté sur les prix de vente. En revanche, les ménages supportent directement cette charge.

Pour une famille de cinq personnes effectuant deux trajets quotidiens à 20 dinars le ticket, la dépense mensuelle en transport atteint environ 6 000 dinars, soit près d’un tiers du SMIG. Ce poids financier est particulièrement difficile à supporter pour les familles modestes.

Une intervention de l’État s’impose donc, notamment via des abonnements à tarif réduit pour les étudiants, écoliers et personnes vulnérables. Concernant les petites et moyennes entreprises, elles peuvent optimiser leurs coûts en rationalisant leurs approvisionnements (achats en grandes quantités pour réduire le coût unitaire) ou en externalisant le transport de leurs marchandises afin de limiter les charges logistiques.

  • Le transport informel occupe une place importante dans le paysage urbain algérien. Comment l’économiste que vous êtes analyse-t-il ce phénomène : s’agit-il d’une forme d’entrepreneuriat populaire à encadrer, ou d’un secteur qu’il faut progressivement intégrer dans un cadre légal et organisé ?

La qualité des infrastructures de transport est un indicateur majeur de l’attractivité d’un territoire. Les effets se manifestent d’abord lors de la construction des infrastructures et des équipements (routes, gares, réseaux ferroviaires, industrie automobile), ce qui génère de l’emploi et de l’activité économique.

Ensuite, en phase d’exploitation, le secteur crée des emplois directs (conducteurs, mécaniciens, personnel des gares, commerce de pièces de rechange) et des effets d’entraînement sur d’autres secteurs.

Un territoire bien desservi attire les investissements, stimule le commerce et le tourisme, et améliore la qualité de vie grâce à une meilleure accessibilité aux services. Les régions désenclavées deviennent plus attractives, ce qui se traduit par des impacts positifs sur l’emploi, la fiscalité et la dynamique économique globale.

  • Le transport public urbain nécessite des investissements importants et un modèle économique viable sur le long terme. Selon vous, quelles sont les pistes les plus adaptées au contexte algérien pour financer et pérenniser ce secteur ?

Le transport urbain relève avant tout du service public. Sa rentabilité économique, entendue comme son utilité sociale, son impact sur la cohésion territoriale et l’inclusion des citoyens, doit primer sur une logique de rentabilité strictement financière.

Dans le contexte algérien, la pérennisation du secteur passe par une meilleure organisation et un rééquilibrage entre acteurs publics et privés. Le recours au partenariat public-privé (PPP) constitue une alternative pertinente face aux contraintes budgétaires de l’État.

Les PPP permettent de mobiliser des financements privés tout en maintenant le caractère de service public du transport urbain. L’objectif est d’assurer à la fois efficacité économique et accessibilité sociale.

  • Pour conclure, quelles seraient selon vous les priorités économiques à mettre en œuvre pour structurer davantage le secteur du transport urbain en Algérie, en tenant compte à la fois des enjeux de développement et de la réalité sociale du terrain ?

Le secteur du transport en général, et du transport urbain en particulier en Algérie, mérite une restructuration, voire une refonte en profondeur. Il convient d’abord de tenir compte des problèmes de gestion et d’accessibilité que j’ai déjà soulignés.

Il est essentiel de privilégier les transports collectifs et les modes actifs (le vélo et la marche à pied). Le développement des transports capacitaires : métro, tramway, bus à haut niveau de service permettrait de réduire l’usage excessif de la voiture individuelle.

Par ailleurs, le développement de l’intermodalité : c’est-à-dire l’interconnexion efficace entre les différents modes de transport est cruciale pour réduire les coûts logistiques et assurer la continuité des flux. Pour le transport de marchandises, il est stratégique de miser davantage sur le ferroviaire, compte tenu de ses avantages économiques et environnementaux.

Le rail permet de transporter de grands volumes sur de longues distances à des coûts unitaires plus faibles, tout en réduisant la consommation énergétique, les émissions de gaz à effet de serre et la congestion routière. Il constitue ainsi une alternative durable et structurante pour l’économie nationale.

Enfin, pour limiter la congestion dans les centres urbains, il serait judicieux de concevoir des plateformes logistiques en périphérie des villes, à partir desquelles les centres seraient approvisionnés en produits de consommation.

S. I.

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Tags: AlgérieAlgérie 2026économieÉconomie des transportsIntermodalitélogistiqueMobilité urbaineSecteur InformelSlimane Merzoug

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