Alger, Algérie

mercredi 22 juillet 2026 00:55

Entre pénurie ou mauvaise gestion de l’oxygène médical : La polémique

Eco Times

Correspondant

Avec l’apparition du nouveau variant Delta, la situation sanitaire en Algérie est critique et l’oxygène manque. On vit une troisième vague inquiétante. Et en effet, notre pays connaît des insuffisances en oxygène médical. Ce manque a poussé la société civile à s’organiser et à y pallier, d’une certaine façon. Des entreprises privées ont mis la main à la poche et ont fourni des hôpitaux. Pourtant, en dépit des cris de détresses lancés par les proches des malades, une voix s’est élevée et affirme que cette « pénurie », n’en est pas vraiment une, mais que c’est juste u problème de distribution.

Par Réda Hadi

En effet, le président de l’Union médicale algérienne (UMA), le Dr Saïd Khaled, tout en réitérant son appel à déclarer l’état d’urgence sanitaire, a affirmé à la radio régionale de Sétif, que le manque d’oxygène « est causé par une mauvaise distribution et même une mauvaise gestion et une utilisation intensive de cette substance vitale en raison de la propagation du mutant Delta ».

Des propos qui ont provoqué une levée de boucliers de médecins, qui estiment que les soins qu’ils prodiguent ne sont pas exagérés et encore moins intensifs, et que le maque d’oxygéné est réel, quelle qu’en soit la cause.  Ainsi, le docteur Yahiaoui, médecin assermenté, a jugé que « les premières hésitations lors de l’apparition du virus sont dépassées. Maintenant, nous savons soigner les malades et faire le diagnostic adéquat avec les soins correspondants. Un malade en réanimation a besoin d’oxygène, et ce n’est pas au médecin de jouer au logisticien », et de rappeler « qu’il ne faut pas tout mettre sur le dos du citoyen, qui n’est pas responsable des problèmes de logistique ».

Un manque et des questions

Pourtant en plein 3ème vague de Covid-19, plusieurs hôpitaux à travers l’Algérie connaissent une rupture de stock en matière d’oxygène médical. La hausse inquiétante des décès a engendré le questionnement des citoyens à propos de ce manque cruel d’oxygène, d’où un certain affolement. Nombreux sont ceux qui ont suspecté la suspension temporaire qui a touché les unités de production du complexe Sider d’El-Hadjar pour ce manque d’oxygène.

Pour le Dr. Zerouala des laboratoires éponymes, ce manque d’oxygène peut être attribué à une mauvaise organisation logistique mais pas que. « A ma connaissance, il y a eu des pannes d’alimentation en électricité des unités de production, Ce qui a fortement impacté l’approvisionnements des hôpitaux. Il est impératif de doubler, voire tripler, la production. Car avec le stock actuel, même  si c’est rationné, ça nous permet de soulager ce qu’on peut». «L’approvisionnement est encore difficile pour le moment», souligne-t-elle et de donner un exemple : «Une livraison de bouteilles d’oxygène était prévue à l’hôpital d’Aïn Taya et le personnel médical a eu bien du mal à réceptionner les précieuses bonbonnes. La scène a été diffusée sur les réseaux sociaux et témoigne de la course contre-la montre qui se déroule en ce moment pour sauver des vies. » conclut-elle

Le gouvernement sur le pied de guerre

Le gouvernement ne reste pourtant pas les bras croisés. Les autorités algériennes ont sévèrement durci les mesures de lutte anticovid et promis d’accélérer le taux de vaccination.

Il a été ainsi décidé d’étendre le couvre-feu et cette décision s’accompagne de nouvelles mesures restrictives visant les activités de loisirs, en pleines vacances d’été et au moment où l’Algérie connaît une canicule. Salles de sport, maisons des jeunes, centres culturels, espaces récréatifs et surtout les plages fermées dans les 35 wilayas concernées. Cafés et restaurants ne pourront plus servir à table et devront se limiter uniquement à la vente à emporter.

Quant à la production de l’oxygène médical, l’Algérie a presque quadruplé sa production par rapport à 2020 pour la porter, selon le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, à 430 000 litres d’oxygène liquide par jour (soit près de 400 millions de litres d’oxygène gazeux). Le problème, c’est l’acheminement. « Il ne s’agit pas simplement de produire cet oxygène, mais aussi de le transporter », a admis le ministre.

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