Rentrer au bled c’est parcours de combattant. Un protocole sanitaire strict sera imposé à tous les voyageurs désirant se rendre en Algérie, dès le 1 juin prochain, en vertu de la réouverture de l’espace aérien. Au lendemain de l’énoncé officiel des conditions exigées par les autorités et le comité scientifique de suivi de la situation de la pandémie coronavirus, les Algériens établis à l’étranger ont exprimé leur colère à ce qui est à leurs yeux des conditions trop sévères.
Par Akrem R.
Plusieurs organisations de la communauté nationale ont, de ce fait, signé un communiqué pour réclamer, notamment, «la suppression de l’autorisation d’entrée et de sortie du territoire national», plus de précisons sur ce que veut dire «ouverture partielle» et également, plus de précisons sur les programmes des vols. Les signataires du communiqué demandent aussi «le plafonnement des tarifs des billets’ ainsi que la prolongation de la période de validité du PCR à 72 heures pour les citoyens en provenance des pays asiatiques, comme l’Indonésie».
S’agissant du protocole sanitaire exigé, il a provoqué le tollé chez la diaspora algérienne. Un tour sur les différentes pages des réseaux sociaux, révèle la colère et l’indignation de ces citoyens qui veulent retrouver leurs parents et leurs familles, après une longue période d’absence. Certains internautes ont qualifié les conditions exigées de « folles », notamment, celle imposant un confinement obligatoire de 5 jours.
Le confinement de tout arrivant aux aéroports de l’Algérie, sans aucune exception, même pour ceux vaccinés déjà contre la Covid-19 ainsi que les enfants, est jugé «injuste», et « arbitraire», que beaucoup de pays n’impose pas sur leurs ressortissants, argue-t-on, sauf pour les personnes, dont le test est positif, lit-on dans un message posté sur Facebook. D’autres s’interrogent sur, est-ce que ces mesures d’isolement de 5 jours seront imposées également aux étrangers ? À travers ce genre de mesures, écrit un autre internaute, on comprendra que ce comité d’experts ne «veut pas que les ressortissants algériens reviennent au pays, au moment où les autres pays allègent les mesures afin d’attirer le maximum de leurs enfants».
Radia Zitouni, une algérienne établie en France depuis une dizaine d’années a critiqué sévèrement cette condition en précisant qu’elle souhaite revenir au pays pour voir son père, notamment, et assister au mariage de son neveu. Mais le confinement de 5 jours lui pose problème. «Je compte aller à Tlemcen pour un congé de 7 à 10 jours, mais avec cette condition de 5 jours de quarantaine, je ne sais quoi et comment faire ! C’est inadmissible par rapport aux autres pays qui facilitent la tâche pour leurs enfants», a-t-elle déploré.
Députés de la diaspora : Propositions pour l’allègement des mesures
L’ex-député Samir Chaabna, a interpellé le Comité scientifique sur la nécessité de revoir les mesures «draconiennes », d’entrée sur le territoire algérien, tel qu’instituées par les autorités, en appelant à l’allégement des procédures, notamment, pour les compatriotes ayant reçu déjà un vaccin. Ainsi, il a plaidé pour l’ouverture d’autres passages aériens pour d’autres pays qui connaissent plus au moins une situation sanitaire stable. Dans une publication sur facebook, l’ex-députée de l’émigration pour l’Afrique et le Moyen Orient, Amira Slim, a déploré la situation des ressortissants algériens bloqués dans d’autres pays depuis 16 mois. Elle a fait savoir que des milliers d’Algériens sont toujours coincés partout ailleurs dans le monde, dont, dans des pays voisins tels que la Tunisie, le Maroc et la Libye. Mais également sur le continent asiatique, aux Emirats arabes unis, Qatar, Arabie Saoudite ou encore dans d’autres pays africains.
Il est à rappeler que l’entrée sur le sol algérien, se fera bien entendu sous conditions. Ainsi, le voyageur doit être détenteur du «résultat négatif d’un test RT-PCR datant de moins de 36 heures avant la date du voyage», précise-t-on dans le communiqué. Il doit également disposer d’un billet valide et de la fiche sanitaire dûment renseignée et s’acquitter, préalablement, des frais inhérents au confinement sanitaire obligatoire auquel doit se soumettre chaque passager à l’arrivée sur le territoire national ainsi que les frais du test de dépistage du COVID-19, prévus par les autorités sanitaires. Le communiqué précise que les frais de séjour dans les sites d’hébergement sont à la «charge exclusive» du passager. Ces conditions «doivent être impérativement réunies avant l’embarquement».
A. R.





