La relance du secteur industriel est l’une des priorités du gouvernement. Une nouvelle stratégie est mise en place pour dynamiser ce secteur stratégique pour la diversification de l’économie nationale et l’augmentation de sa participation dans le PIB national à hauteur de 10 à 12 % d’ici 2027, soit le double du taux actuel.
Par Hakim O.
Dans sa feuille de route, le gouvernement table sur l’émergence d’un véritable tissu industriel local capable de se substituer aux importations qui continuent de peser fortement sur la balance commerciale du pays. En effet, des mesures incitatives ont été prises dans ce cadre afin d’orienter l’investissement vers des filières industrielles porteuses pour l’économie nationale, à l’instar de la sous-traitance.
Un créneau porteur capable de drainer des investissements importants, en créant de la valeur ajoutée et de la richesse. La stratégie du ministère de l’Industrie s’appuie donc sur la sous-traitance pour la relance industrielle du pays, et ce, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui avait décidé début 2020 de mettre fin à l’ancienne politique industrielle dans le domaine automobile, qualifiée d’ailleurs d’importation «déguisée».
Pour le chef de l’État, il faut d’abord investir dans la sous-traitance, en commençant par la production de certaines pièces et kits nécessaires pour cette industrie avant de se lancer dans la fabrication de véhicules.
Une politique qui a commencé déjà à donner ses fruits. Plusieurs marques internationales ont manifesté leur intérêt pour le marché algérien, dont certaines usines sont déjà implantées et opérationnelles, à l’instar de celle de Fiat appartenant au groupe Stellantis.
En effet, un tissu industriel de la sous-traitance est en train de se former autour de cette marque emblématique d’Italie. Plusieurs accords de partenariat ont été signés avec des sous-traitants locaux pour l’approvisionnement de l’usine Fiat à Oran, lui permettant d’augmenter le taux d’intégration conformément au cahier de charge.
Un taux d’intégration supérieur à 30 % à l’horizon 2026 pour Fiat
S’exprimant hier à l’ouverture de la première édition du salon «Méchanica Algérie», dédié à l’industrie automobile, à la sous-traitance et aux pièces de rechange, à Oran, avec la participation de 100 exposants, le P-DG de Stellantis Algérie, Raoui Badji, a souligné que la participation de Fiat Algérie s’inscrit dans le cadre du renforcement de l’intégration locale et de la contribution à la construction d’une industrie automobile forte et compétitive en Algérie.
Il a ainsi annoncé la signature de cinq nouveaux partenariats, notamment dans le domaine de l’emboutissage de tôles, ce qui représente une étape importante dans le développement de la production selon le système CKD, en plus de quatre autres partenariats destinés à soutenir la fabrication locale de pièces de rechange.
«À travers ces engagements, Fiat réaffirme son objectif d’atteindre un taux d’intégration locale supé- rieur à 30 % à l’horizon 2026, tout en contribuant activement à la création de valeur, d’emplois et au développement accéléré des compétences du tissu industriel national», souligne-t-il.
En effet, c’est à travers ce genre de partenariat gagnant-gagnant que l’Algérie souhaite développer son industrie et notamment la sous-traitance. Le représentant du ministre de l’Industrie, en l’occurrence Abdelouahab Amamra, directeur de l’Industrie de la wilaya d’Oran, a souligné le rôle stratégique de la sous-traitance industrielle dans la nouvelle dynamique de relance du secteur productif national.
La stratégie du ministère de l’Industrie
Dans son intervention, M. Amamra a rappelé que l’organisation de ce salon s’inscrit pleinement dans la vision nationale visant à bâtir une industrie forte, souveraine et compétitive, capable de contribuer efficacement à la diversification de l’économie nationale et à la réduction de la dépendance vis-à-vis de l’extérieur.
Une orientation qui s’inscrit, a-t-il précisé, dans les efforts engagés par l’État, sous la conduite du président de la République, pour relancer l’industrie comme levier central du développement économique et social, de création de richesse et d’emplois.
Au cœur de cette stratégie figure le secteur des industries mécaniques, qualifié de choix stratégique pour l’Algérie. Selon le responsable, ce secteur constitue un pilier essentiel pour renforcer l’intégration industrielle, structurer la sous-traitance nationale et bâtir de véritables chaînes de valeur locales au service de l’économie nationale.
Le ministère de l’Industrie a fait du développement de la sous-traitance industrielle et de l’augmentation des taux d’intégration locale, dira-t-il, un levier prioritaire, en raison de leur impact direct sur la réduction des importations, le renforcement de la valeur ajoutée nationale, la création d’emplois durables et la promotion d’une industrie pérenne.
Le directeur de l’Industrie de la wilaya d’Oran a également mis en avant les actions engagées pour accroître la contribution du secteur industriel au produit intérieur brut, à travers l’élargissement de la base industrielle, le soutien aux entreprises compétitives, l’encouragement de l’investissement dans les filières prioritaires, l’aménagement des zones industrielles et l’accompagnement des projets productifs.
Réaffirmant l’engagement de l’État à soutenir les opérateurs économiques sérieux, le repré- sentant du ministre de l’Industrie a souligné la volonté des pouvoirs publics d’instaurer un climat industriel incitatif fondé sur la confiance et la responsabilité.
La sous-traitance industrielle, un choix stratégique
Pour sa part, le DG de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a qualifié le Salon «Méchanica Algérie» d’«événement important». Il a estimé que la compétitivité d’un projet d’investissement ne se mesure plus uniquement à son volume financier, mais surtout à sa capacité à s’adapter à son environnement économique et à s’appuyer sur un tissu national de sous-traitants capables de répondre aux besoins du projet en pièces de rechange, en termes de qualité, de coûts et de délais.
Selon le DG de l’AAPI, la sous-traitance constitue aujourd’hui «le mécanisme le plus performant» pour l’augmentation des taux d’intégration locale et la création de véritables chaînes de valeur, aussi bien au niveau local que régional et international.
Cette dynamique, a-t-il expliqué, permettrait de réduire significativement la dépendance vis-à-vis de l’étranger, d’autant plus qu’une part importante des importations actuelles, notamment les intrants et les kits industriels, est prête à être produite localement.
Dans ce cadre, M. Rekkache a affirmé que l’augmentation progressive de la production nationale contribuera, à moyen terme, à la réduction de la facture d’importation. «Il suffit d’analyser les chiffres des Douanes pour constater l’existence d’un marché important à saisir», a-t-il souligné, appelant les investisseurs et industriels à s’engager davantage dans la fabrication locale.
Pour lui, le soutien à la sous-traitance industrielle constitue un choix stratégique, étroitement lié à la durabilité de la croissance économique et à la construction d’une économie stable, à l’abri des perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales.
Partant de cette conviction, l’AAPI, en tant que mécanisme central de soutien à l’investissement, accorde une importance particulière à la promotion de la sous-traitance, notamment dans les filières industrielles prioritaires.
H O.







