Alors que l’Algérie accélère sa transition vers une souveraineté alimentaire durable, la région de Draa El Mizan s’impose en ce début d’année 2026 comme un pôle d’excellence. Entre records de production oléicole et modernisation de la céréaliculture, ce bassin stratégique conjugue désormais savoir-faire ancestral et rigueur scientifique pour répondre aux défis climatiques.
Par Adem K.
La «Dépression de Draâ El Mizan» constitue un écosystème unique au sein de la wilaya de Tizi Ouzou. Cette configuration géographique permet une complémentarité rare entre les grandes cultures céréalières des plaines de Frikat et l’arboriculture robuste des versants d’Aït Yahia Moussa. En 2026, cette diversité est optimisée par une cartographie précise des sols.
Les travaux de recherche menés par Idiri Lyes (2024) au sein de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou (UMMTO) soulignent d’ailleurs que la qualité des sols de la région, bien que soumise à un climat semi-aride, offre un potentiel de rendement céréalier élevé pour peu que la fertilisation azotée soit administrée avec précision.
Une filière oléicole sur la voie de l’excellence
L’année 2026 marque un tournant pour l’oléiculture locale, qui ne se contente plus de produire en quantité, mais vise désormais la haute qualité. Après une campagne 2025 record où la wilaya a produit plus de 12 millions de litres d’huile, la région de Draa El Mizan stabilise ses performances.
Selon les données consolidées de la Direction des Services Agricoles (DSA) de Tizi Ouzou, les rendements moyens se maintiennent autour de 19 quintaux par hectare.
Cette réussite repose sur une meilleure maîtrise des calendriers de récolte, évitant ainsi l’oxydation des fruits et garantissant une huile aux standards internationaux.
La modernisation du secteur ne se limite pas à la mécanisation. Elle intègre désormais une surveillance biologique rigoureuse. Face à la recrudescence des parasites liée au réchauffement climatique, les agriculteurs s’appuient sur les expertises académiques récentes. L’étude de Gacem Kamila (2025)
sur la dynamique des populations de la mouche de l’olivier dans la zone de Draa El Mizan a permis d’installer des réseaux de piégeage plus efficaces, réduisant ainsi l’usage de pesticides chimiques.
Cette approche scientifique, soutenue par les subdivisions agricoles locales, sécurise les récoltes tout en préservant l’écosystème fragile de la région.
Modernisation et défis du stress hydrique
L’État, à travers le Programme National de Développement Agricole (PNDA), continue de soutenir l’investissement lourd. L’extension des capacités de stockage et l’accès facilité au crédit de campagne ont permis de porter les superficies dédiées aux semences céréalières à plus de 1.940 hectares cette saison.
Cependant, le défi majeur de 2026 demeure la gestion de l’eau. Le parachèvement imminent des infrastructures hydrauliques liées au barrage de Souk Thlatha est attendu par les exploitants comme le souffle salvateur qui permettra de généraliser l’irrigation d’appoint, indispensable pour stabiliser la production face aux cycles de sécheresse de plus en plus fréquents.
Dans leurs travaux sur l’aménagement rural à l’UMMTO, les chercheuses Mekid Dehbia et Talbi Nassima démontrent que le développement de Draa El Mizan repose sur l’intégration des petites exploitations familiales.
Selon elles, le désenclavement par l’ouverture de pistes agricoles est le premier facteur de rentabilité. En facilitant l’accès aux oliveraies escarpées, la région réduit ses coûts de production de 15%, rendant l’huile locale plus compétitive sur le marché national, tout en fixant les populations rurales sur leurs terres ancestrales. En somme, Draa El Mizan s’affirme désormais comme le laboratoire d’une Algérie agricole qui gagne en maturité.
En faisant converger les efforts des services de la DSA, les subventions du Ministère de l’Agriculture et l’expertise de l’université, la région prouve que la résilience face au climat passe par l’innovation.
L’«Or Vert» de la Kabylie n’est plus seulement un héritage, c’est devenu un pilier de la souveraineté économique du pays.
A. K.







