Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a prononcé, hier au Palais des Nations à Alger, un discours à la nation devant les deux chambres du Parlement. Ce rendez-vous a été l’occasion de dresser le bilan des réalisations de 2025 et d’annoncer les perspectives pour les années à venir.
Par Akrem R.
En effet, le chef de l’Etat a salué la poursuite de la dynamique économique du pays et notamment les résultats obtenus par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, soulignant le rôle central de l’investissement productif dans la relance économique.
Selon les derniers chiffres annoncés par le DG de l’AAPI, plus de 19 000 projets sont enregistrés depuis novembre 2022 au 30 novembre 2025 pour un montant d’investissement avoisinant les 61 milliards de dollars.
Un nombre appelé à augmenter dans les jours à venir, notamment suite à l’amélioration du climat des affaires et grâce également aux réformes économiques engagées par le gouvernement ayant contribué à l’amélioration de l’attractivité de l’Algérie notamment vis-à-vis des investisseurs étrangers. D’importants projets sont déjà en phase de réalisation et certains sont en phase de production.
Dans son allocution, le Président Tebboune a réitéré son engagement pour la relance de l’industrie nationale qui contribue actuellement au produit intérieur brut (PIB) de près de 10%, exprimant l’ambition de la porter à 12 voire, 13% dans les prochaines années.
Médicament : Couverture de 82% des besoins du marché local
Dans le secteur pharmaceutique, Abdelmadjid Tebboune a annoncé que la production nationale couvre désormais 82% des besoins du marché local, une performance qui permettra une économie estimée à près de 200 millions de dollars d’ici la fin de l’année 2025, réduisant ainsi la facture d’importation.
Le président de la République a également mis l’accent sur le développement du secteur minier, affirmant que «le rêve d’une Algérie forte par ses mines est devenu une réalité».
Il a rappelé que le gisement de fer de Gara Djebilet figure parmi les plus grands au monde et deviendra le troisième plus important à l’échelle internationale. Dans ce cadre, il a annoncé l’arrivée du premier train minier à Oran d’ici la fin du mois de janvier, marquant une étape décisive dans la mise en valeur de cette ressource stratégique.
Toujours dans le domaine des mines, le chef de l’État a annoncé que la production nationale de phosphate sera multipliée par cinq, passant de 1,5 million de tonnes à 10 millions de tonnes, avec pour objectif d’acheminer le phosphate vers Annaba à l’horizon fin 2026.
Dans le domaine agricole, Abdelmadjid Tebboune a révélé que 30 000 hectares de maïs ont déjà été cultivés, avec l’ambition de porter cette superficie à 200 000 hectares d’ici 2027, dans le cadre de la stratégie de renforcement de la sécurité alimentaire.
Abordant les indicateurs sociaux, le président de la République a souligné que l’espérance de vie en Algérie a atteint 77 ans, avec 78 ans pour les femmes et 76 ans pour les hommes.
Il a également indiqué que les salaires ont connu une augmentation globale de 47 %, affirmant la volonté des pouvoirs publics de porter cette hausse à 100 % à terme.
Enfin, Abdelmadjid Tebboune a précisé que le taux de chômage se situe actuellement entre 9,5 % et 10 %, soulignant la poursuite des efforts pour soutenir l’emploi, notamment à travers l’investissement, l’industrie et l’entrepreneuriat.
Le caractère social de l’Etat réitéré
Au passage, le chef de l’Etat a affirmé que l’Algérie ne renoncera pas au caractère social de l’État, en concrétisation de l’esprit de la Déclaration du 1er Novembre 1954.
«L’Algérie est un État social et nous n’abandonnerons pas cette orientation», a t-il affirmé, soulignant que le fondement de la proclamation de l’État algérien repose sur la Déclaration du 1er Novembre 1954, laquelle «ne sera ni remplacée ni supplantée». À ce propos, il a rappelé les sacrifices des valeureux martyrs qui ont posé les bases de cette Déclaration, pris les armes pour libérer la patrie et «édifier un État social et démocratique, fidèle à nos principes islamiques».
Le président de la République a ajouté : «Nous ne mettrons pas fin à l’aide sociale destinée au citoyen modeste, car elle constitue un droit», rappelant à ce titre les différentes décisions prises et les programmes réalisés, couvrant notamment les secteurs du logement, de l’éducation et de la santé, entre autres. Il a conclu en affirmant : «Il n’existe aucun État au monde qui dispose d’une politique sociale comparable à celle de l’Algérie».
À travers ce discours, le président de la République a réaffirmé sa vision d’une Algérie forte, productive et souveraine, s’appuyant sur l’industrialisation, la valorisation des ressources nationales et l’amélioration continue du pouvoir d’achat, tout en consolidant la stabilité institutionnelle et sociale du pays.
Par ailleurs, le chef de l’État a salué la dynamique enregistrée par le Parlement dans ses deux chambres, réaffirmant sa détermination à servir les intérêts du peuple algérien, malgré les difficultés et les tentatives de déstabilisation, qu’elles soient internes ou externes. «Nous servirons les intérêts du peuple et rien ne nous détournera de cet objectif», a-t-il insisté.
Sur le plan institutionnel, le président Tebboune a renouvelé son engagement en faveur de la lutte contre la corruption, affirmant que la justice restera ferme face à toutes les pratiques illégales, tout en garantissant la protection des cadres intègres de l’État.
Dialogue politique avec les partis
Sur un autre registre, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé son engagement à engager un dialogue politique avec les partis, conformément aux engagements qu’il avait pris auparavant.
«Nous nous sommes engagés à nous adresser au vaillant peuple algérien à travers vous, ce qui traduit une volonté politique à laquelle nous ne dérogerons pas, dans une mise en œuvre rigoureuse de nos engagements depuis que j’ai eu l’honneur de bénéficier de la confiance du noble peuple», a t-il souligné.
Le président de la République a poursuivi en affirmant : «Je me suis engagé, depuis cette tribune, à instaurer un dialogue politique avec les partis et je demeure attaché à cet engagement, comme je l’ai déjà indiqué et expliqué à certains responsables de partis que j’ai reçus», précisant que ce dialogue sera lancé «dès que le Parlement aura adopté la loi relative aux partis politiques». Qualifiant ce dialogue de «constructif», le président de la République a également réitéré son engagement à «appliquer l’ensemble des accords qui seront conclus avec les partis».
Evoquant les relations bilatérales avec la Tunisie, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé qu’il existe des plans visant à semer la discorde et la division entre l’Algérie et la Tunisie, soulignant que «l’Algérie n’est jamais intervenue dans les affaires intérieures de la Tunisie et n’y interviendra pas».
Il a déclaré que «notre sécurité est indissociable de celle de la Tunisie, tout comme la sécurité de la Tunisie est indissociable de celle de l’Algérie».
Le président de la République a insisté sur le fait que l’Algérie s’interdit toute ingérence, «fût-ce d’un atome», dans les affaires intérieures tunisiennes. Il a affirmé que « se trompent ceux qui pensent pouvoir isoler la Tunisie de l’Algérie ».
A. R.







