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Déficit budgétaire : Des réformes structurelles recommandées
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Face à la hausse inquiétante du déficit budgétaire : Des réformes structurelles recommandées

Par Eco Times
11 novembre 2025
Dans Actualité
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Secteur des Finances : La numérisation avance à grand pas

L’État, qui consacre son caractère social en décidant des mesures salutaires pour la préservation des pouvoirs d’achat des ménages, et également d’autres pour booster l’investissement public, a mobilisé un budget énorme dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2026, de l’ordre de 17 600 milliards de DA, avec 34 % du budget consacré aux transferts sociaux.

Par Akrem R.

Toutefois, cette politique généreuse soulève des inquiétudes quant à la soutenabilité des finances publiques, d’autant plus que les recettes prévues, estimées à 8 009 milliards de DA, ne couvrent qu’une fraction du budget prévu.

La réforme de la gestion des finances publiques devient donc plus que nécessaire, particulièrement en termes de financement du déficit et de gestion de la trésorerie.

Pour pallier ce manque, le gouvernement a introduit plusieurs mesures dans le projet de loi de finances, notamment l’augmentation des avances de la Banque d’Algérie de 10 à 20 % des dépenses ordinaires de l’année précédente.

Toutefois, cela pourrait avoir des effets inflationnistes sur l’économie et alourdir la dette publique. En effet, au-delà des mesures proposées par le gouvernement pour remédier à cette situation qui devient de plus en plus inquiétante, d’ailleurs même les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN), lors du premier jour des débats sur le PLF 2026, ont alerté le premier argentier du pays sur cette situation.

Il est impératif de rationaliser les dépenses publiques et de cibler les transferts sociaux pour éviter un endettement excessif qui pourrait peser sur les générations futures.

Rationalisation des dépenses

«L’État doit absolument rationaliser ses dépenses et s’assurer que chaque dinar dépensé génère un retour sur investissement tangible», a indiqué Mahfoud Kaoubi, analyste économique et financier. En effet, le recours à des mécanismes de financement alternatifs, tels que le partenariat public-privé (PPP), pourrait constituer une voie prometteuse pour soutenir les investissements nécessaires à la relance économique, tout en réduisant la pression sur le budget de l’État.

«Il est aussi temps d’introduire d’autres outils de financement du service public, tel que le partenariat public-privé. Depuis 2017, où on a commencé déjà à en parler, il y avait même une disposition dans la loi de finances, je pense complémentaire de 2017, qui prévoyait qu’il y ait un statut, une législation particulière à cet aspect. Mais au jour d’aujourd’hui, on ne l’a pas encore introduite», a déploré Kaoubi dans une déclaration à la radio nationale « Chaîne III ».

Pour lui, le recours au secteur privé pourrait permettre de diversifier les sources de financement et de réduire la pression sur les finances publiques. «Le financement public seul n’est plus suffisant pour couvrir les besoins d’investissement», souligne-t-il.

Des réformes bancaires et financières sont en cours, visant à dynamiser le marché et capter les fonds circulant en dehors du circuit bancaire. Le gouvernement table notamment sur la finance islamique, la dynamisation du marché boursier et la généralisation du paiement électronique pour éponger ces fonds nécessaires au financement de l’économie nationale et à la poursuite de la dynamique du développement.

D’après les données de la Banque d’Algérie, plus de 35 % de la masse monétaire se retrouve en dehors des circuits formels. Un chiffre qui, selon Mahfoud Kaoubi, souligne l’inefficacité des mesures mises en place pour réguler l’économie et la nécessité d’un changement de paradigme.

«Malgré les efforts des pouvoirs publics, il y a une corrélation claire entre l’augmentation des dépenses publiques et l’expansion du marché parallèle. Ce dernier se nourrit des disparités créées par des politiques publiques mal ciblées ou mal adaptées aux réalités du terrain», a-t-il indiqué.

La révision des subventions est impérative

Outre la diversification des sources de financement, il est également impératif de revoir le système des subventions, dont l’État lui consacre un budget important annuellement.

En effet, pas moins de 6000 milliards sont orientés vers ce volet, soit 35 % du budget global. Un grand travail reste néanmoins à faire dans ce domaine pour alléger la pression sur le budget de l’État qui risque de se dégrader davantage, notamment avec la baisse des prix des hydrocarbures.

Dans son analyse, Kaoubi a critiqué l’approche actuelle des subventions, notamment celles concernant des produits comme le lait, la viande et l’électricité. Une révision de ces politiques, en réduisant le nombre de produits subventionnés et en ciblant mieux les ménages les plus vulnérables, permettrait de libérer des ressources pour d’autres secteurs essentiels, comme les investissements en infrastructures.

Selon lui, la subvention généralisée génère des distorsions économiques et favorise des pratiques de spéculation, tout en n’offrant pas un retour sur investissement tangible. Il a plaidé pour une réforme ciblée de ces subventions et une amélioration des performances de l’administration publique dans la gestion des finances et la mise en œuvre des projets d’infrastructure.

Il a, dans ce cadre, expliqué que la croissance du marché informel est indissociable de l’augmentation des dépenses publiques, notamment à travers les subventions et les transferts. «Plus il y a de dépenses dans la sphère des transferts, plus le marché parallèle prend de l’ampleur», explique-t-il.

Cette dynamique est renforcée par les disparités croissantes entre les prix officiels et ceux du marché informel, exacerbées par les rigidités administratives et la lenteur de l’administration publique dans la gestion des importations.

Modernisation de l’administration

Une autre cause importante de l’expansion du marché informel, selon Monsieur Kobi, est la lourdeur administrative qui entrave le fonctionnement du secteur formel. Il cite en exemple la gestion des importations.

«Les restrictions administratives et les blocages sur les importations génèrent un effet de recyclage vers l’informel», explique-t-il. Ce phénomène est exacerbé par une gestion «bureaucratique» qui empêche une régulation efficace du marché.

Les mesures de contrôle des prix et des quantités d’importations sont souvent lentes et inefficaces, ce qui pousse les acteurs économiques à chercher des solutions parallèles, créant ainsi un terrain fertile pour les activités informelles.

Ce phénomène, selon l’économiste, est particulièrement visible dans des secteurs comme le commerce des véhicules ou des produits électroniques.

À cet effet, il a recommandé une plus grande flexibilité dans les politiques commerciales, notamment dans la gestion des importations, pour réduire la tentation de recourir à des circuits informels. Une régulation plus fluide et une gestion plus transparente des flux commerciaux permettraient, selon lui, de réduire les effets pervers de ces pratiques.

En somme, la clé pour réussir cette transition réside dans l’amélioration de la gouvernance et la mise en place de réformes économiques ambitieuses. «Il faut que le système administratif devienne plus flexible et plus efficace», dira-t-il, «sinon, la dualité des marchés continuera à handicaper la compétitivité du pays».

L’accent doit être mis sur la libération du marché de l’emploi, l’amélioration de la gestion des importations et la rationalisation des coûts de production, notamment ceux liés à la devise. Alors que la croissance actuelle repose largement sur des secteurs comme le pétrole et l’agriculture, l’économiste estime que l’Algérie dispose d’un potentiel de croissance beaucoup plus important.

Cela nécessite une série de réformes structurelles courageuses et une synergie entre les réformes économiques, sociales et administratives.

Selon lui, le véritable défi de demain réside dans la capacité du pays à diversifier ses ressources et à instaurer un système économique plus performant et plus intégré.

A.R.

Tags: Algériedéficit budgétaireéconomiefinances publiquesMahfoud Kaoubimarché informel.PLF 2026PPPrationalisation des dépensesréformes structurellestransferts sociaux
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