Le chef de l’Etat a considéré la coupure d’eau qui a touché les habitants de la Wilaya de Chlef comme totalement inacceptable. Cela est d’autant plus étonnant que la région de l’ouest a été arrosée par d’abondantes pluies et que les barrages non loin de Chlef ont atteint des taux de remplissage importants.
Par Khaled Remouche
L’incident de coupure d’eau qui a affecté récemment les habitants de la Wilaya de Chef a fait réagir le Président de la république lors du dernier conseil des ministres. Il a adressé un avertissement sévère aux gestionnaires chargés de la distribution d’eau potable.
«Il a mis sévèrement en garde contre tout relâchement susceptible de conduire à de tels incidents», lit-on dans le communiqué officiel rendu public à l’issue du conseil des ministres. «L’incident de coupure ayant touché les habitants de la Wilaya de Chlef est totalement inacceptable et engage pleinement les responsables» a-t-il ajouté.
Cet exemple montre qu’il ne suffit pas de disposer de ressources en eau. Il convient surtout de les bien gérer. Cela est d’autant plus étonnant que la région de l’Ouest a été arrosée par d’importantes pluies qui ont amélioré le taux de remplissage des barrages.
Le barrage de Gargar situé non loin de Chlef par exemple emmagasine 130 millions de mètres cubes, selon les responsables de l’agence nationale des barrages et des transferts ANBT.
A cet égard, le Président de la Ré- publique a instruit le gouvernement d’accorder la plus grande importance au respect des plans nationaux de distribution de l’eau potable.
Il a également instruit le ministre des ressources en eau de renforcer les mesures de précaution, de contrôle et de vigilance lors des opérations de lâcher des eaux excédentaires des barrages ayant atteint leur pleine capacité.
L’ANBT , en ce sens, a indiqué récemment que 8 barrages ont atteint en ce début du mois de février un taux de remplissage de 100% qui les contraint ou les contraindra prochainement à procéder à des lâchers d’eau qui s’ils ne sont pas contrôlés peuvent occasionner des dommages humains et matériels.
Ce qu’il faut également retenir de ce conseil des ministres s’agissant des ressources hydriques, c’est que le Président de la république a également instruit le ministre des ressources en eau de lancer dès mars prochain la réalisation de deux stations de dessalement de l’eau à Tamanrasset et à Tindouf et la création d’une nouvelle station d’épuration d’eaux usées au profit des projets agricoles prometteurs.
Il faut lier sans doute la réalisation des deux stations de dessalement à la montée des besoins dans ces deux wilayas en raison de l’émergence de pôles miniers dans ces régions du grand sud : développement du gisement de Gara Djebilet et exploitation des minerais stratégiques du Hoggar à moyen terme. Au demeurant, l’un des talons d’Achille de cette politique hydrique est l’accès de la population à l’eau potable.
En dépit de la présence d’un grand nombre d’usine de dessalement, de 81 barrages et l’intensification des programmes d’intensification de forages, une partie de la population ne reçoit l’eau potable qu’une fois tous les deux ou trois jours. Parfois ces populations se trouvent à proximité des barrages.
Tout cela veut dire que l’Algérie doit déployer des efforts dans la rationalisation de la distribution de l’eau potable, sa gestion, des investissements dans la rénovation des réseaux de distribution.
Sur ce point, le phénomène des fuites d’eau n’est pas encore résorbé. Le gaspillage de l’eau est également énorme, d’où la nécessité de poursuivre les campagnes de sensibilisation.
L’utilisation des eaux usées épurées pour l’agriculture fait partie également de ce pack de solutions pour atteindre la sécurité hydrique. N’oublions pas également les projets de transferts d’eau potable de l’énorme nappe albienne du sud du pays vers les régions sud des hauts plateaux.
K. R.







