Dans le cadre de l’accompagnement de la forte dynamique que connaît l’économie nationale, le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a élaboré un projet de décret exécutif portant création d’un établissement public chargé de la gestion des zones franches en Algérie. L’annonce a été faite jeudi par le ministre du secteur, Kamal Rezig, lors d’une séance publique à l’Assemblée populaire nationale (APN).
Par Sofiane Idiri
Selon le ministre, ce projet de texte est actuellement à l’étude au niveau du Secrétariat général du gouvernement, dans le cadre de la finalisation du dispositif réglementaire encadrant les zones franches.
Le futur établissement, à caractère industriel et commercial, aura pour mission d’assurer une gestion organisée et efficace de ces espaces économiques, tout en offrant un environnement attractif aux opérateurs, notamment les exportateurs, dans le respect des obligations du service public.
Tindouf, première zone franche et levier stratégique pour l’investissement Ces travaux réglementaires avancent parallèlement à la mise en place de la première zone franche du pays, qui sera implantée dans la wilaya de Tindouf.
Le projet, piloté par l’Agence algérienne pour la coopération internationale au développement et à la solidarité AICDS, enregistre une progression jugée satisfaisante et devrait être achevé au cours de l’année en cours.
Cette wilaya connaît, ces derniers temps, une dynamique économique croissante, notamment à l’approche du lancement du projet stratégique de la mine de fer de Gara Djebilet. D’autres zones franches sont également prévues ultérieurement aux frontières avec la Tunisie, la Libye, le Mali et le Niger, a précisé le ministre.
La création d’une entreprise publique dédiée à la gestion des zones franches constitue ainsi un signal fort adressé aux investisseurs nationaux et étrangers. Elle traduit la volonté du gouvernement d’offrir un cadre organisé, sécurisé et incitatif à l’investissement, notamment à travers les avantages fiscaux, douaniers et administratifs propres à ces zones.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de diversification de l’économie algérienne.
Un accélérateur des exportations et une meilleure gouvernance économique
La mise en place de cet établissement public offre également un cadre favorable audéveloppement des exportations des produits « Made in Algeria ».
Ces dernières années, les produits locaux suscitent un intérêt croissant sur les marchés extérieurs, comme en témoignent plusieurs professionnels du secteur, notamment dans les domaines des matériaux de construction, du bâtiment, de l’agroalimentaire et des services.
Les zones franches sont appelées à devenir de véritables plateformes d’exportation, facilitant la transformation, le stockage et l’acheminement des produits vers les marchés internationaux.
En réduisant les coûts logistiques et les contraintes administratives, ce dispositif renforcera la compétitivité des entreprises nationales et soutiendra l’objectif d’augmentation des exportations hors hydrocarbures.
Par ailleurs, en confiant la gestion des zones franches à une entreprise publique spécialisée, l’État mise sur une gouvernance centralisée, plus efficace.
Cette structure permettra une meilleure planification, un suivi rigoureux des activités économiques et une coordination fluide entre les différents acteurs institutionnels, garantissant ainsi une exploitation optimale de ces espaces stratégiques.
Emploi, développement régional et intégration africaine
Une fois créées et pleinement opérationnelles, les zones franches sont appelées à devenir de véritables pôles de création d’emplois et de dynamisation économique, notamment dans les régions frontalières à fort potentiel logistique.
Elles favoriseront l’implantation d’industries, de plateformes d’exportation et de services, contribuant au développement local, au transfert de savoir-faire et à l’intégration progressive de l’économie nationale dans les chaînes de valeur régionales.
À travers ce projet de décret, l’Algérie consolide également sa présence économique sur le continent africain. Les zones franches, en particulier celles situées aux frontières sud, pourront servir de passerelles commerciales vers les marchés africains dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Cette orientation renforce le rôle de l’Algérie en tant qu’acteur économique régional et partenaire crédible de l’intégration africaine.
S. I.







