En visite de travail et d’inspection à Béjaïa, samedi 14 février 2026, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi, a affiché une volonté claire : accélérer la modernisation des infrastructures et consolider la place de la wilaya comme pôle majeur de la destination Algérie.
Par Sofiane Idiri
Accueillie au siège de la wilaya par les autorités locales, des parlementaires et les responsables sécuritaires, la ministre a inscrit sa tournée dans le cadre du suivi de la dynamique de développement touristique.
D’emblée, elle a salué les atouts naturels et structurels de Béjaïa, rappelant que la wilaya dispose d’un littoral riche de 46 plages, dont 35 autorisées à la baignade, ainsi que de 23 zones humides.
Un potentiel touristique en pleine expansion
Sur le plan des capacités d’accueil, Béjaïa compte aujourd’hui 73 établissements hôteliers totalisant 5 757 lits et générant près de 2 620 emplois.
En 2025, la wilaya a enregistré 212 521 touristes nationaux et près de 11 000 visiteurs étrangers, des chiffres qui confirment l’attractivité croissante de la région. Le tissu des agences de tourisme et de voyages est également dense, avec 110 agences employant 309 travailleurs.
La ministre a également mis en exergue le potentiel d’investissement : 77 projets touristiques sont agréés, dont 33 en cours de réalisation. Les 12 zones d’expansion touristique couvrent près de 1 150 hectares.
Les plans d’aménagement touristique validés pour Ougass et Aghrion ont permis de dégager 17 assiettes foncières destinées à l’investissement, susceptibles de générer 2 462 lits supplémentaires et environ 4 150
emplois. Béjaïa dispose, par ailleurs, de trois sources thermales d’importance : Sidi Yahia El Adli, Kéria et Sillal.
Dans le volet artisanat, la wilaya recense 15 683 artisans inscrits, dont 3 571 spécialisés dans l’artisanat d’art, 9 617 dans les services et 2 495 dans la production de biens. Deux infrastructures structurent le secteur : un centre de l’artisanat à Ougass et une maison de l’artisanat à Béjaïa.
Le renouveau du mythique hôtel Les Hammadites
La première halte de terrain a conduit la délégation à Tichy pour inspecter le projet de réaménagement et d’extension de l’hôtel Les Hammadites, relevant de l’EGT Est. Implanté sur une superficie de plus de 93 000 m², l’établissement fait l’objet d’un ambitieux programme de modernisation.
Le projet comprend un hôtel en R+3 de 139 chambres et deux suites VIP, sept studios en cours de rénovation, ainsi qu’une extension composée de neuf bungalows abritant 18 appartements F2 et 21 bungalows VIP de type F3. La capacité globale atteindra 516 lits.
Le complexe intégrera également une salle de conférences, un spa, des centres d’affaires, des aires de jeux pour enfants, un théâtre en plein air, une piscine et des courts de tennis. À terme, 60 emplois directs devraient être créés.
Sur place, la ministre a insisté sur le respect des délais contractuels et la nécessité de recourir à une main-d’œuvre qualifiée. Elle a appelé à privilégier les équipements de fabrication nationale et à intégrer la numérisation dans la gestion et la commercialisation.
Elle a également souligné la valeur symbolique de cet établissement dans la mémoire collective locale, le qualifiant de « locomotive » pour la relance touristique de la région. La visite s’est achevée par la pose de la première pierre de la nouvelle extension en bungalows.
L’investissement privé en première ligne
À Malbou, la ministre a inspecté plusieurs projets portés par des investisseurs privés. Elle a d’abord visité une résidence touristique développée par l’EURL BUIL CONSEPT sur 6 285 m². Le programme prévoit 73 appartements et 15 studios, pour une capacité de 277 lits, assortis de restaurants, d’espaces commerciaux, de piscines et d’aires de loisirs.
D’un coût annoncé de 1,489 milliard de dinars, le projet affiche un taux d’avancement de 40 % et devrait générer 45 emplois.
La délégation s’est ensuite rendue au chantier de l’hôtel Le Rimora, en front de mer à Malbou. Ce projet comprend 98 chambres, 42 suites et 28 chalets déjà achevés, pour une capacité globale de 313 lits. Avec un taux d’avancement de 79 %, l’établissement devrait créer 80 emplois directs.
La ministre a insisté sur la digitalisation des services, notamment en matière de réservation et de paiement électronique, ainsi que sur la formation du personnel.
Le complexe touristique SARL Costa Azhar 2, étendu sur 12 000 m² pour un investissement de plus d’un milliard de dinars, prévoit 158 appartements, cinq villas et une capacité de 300 lits. Le taux d’avancement est de 30 % et 40 emplois permanents sont attendus.
La plage Lota, un projet structurant
La ministre s’est également déplacée à Souk El Tenine pour découvrir le projet d’aménagement de la plage Lota, un projet moderne et ambitieux qui s’étend sur plus de 1 200 mètres, avec une enveloppe financière de 56 millions de dinars.
Pour la restauration, il compte quatre restaurants, quatre cafétérias, six fast-foods, six crémeries et quatre kiosques. Concernant les espaces de détente, de sport et de loisirs, un stade, cinq aires de jeux, 20 aires de détente et 10 espaces verts sont prévus.
Le projet intègre aussi un parking de 765 places, un poste pour la Protection civile, un autre pour la sécurité et deux postes de surveillance. Au fil des étapes, la ministre a martelé un même message : développer une offre de qualité, accessible aux familles algériennes et alignée sur la stratégie nationale de promotion du tourisme
interne.
À Béjaïa, la relance touristique semble désormais engagée sur plusieurs fronts, entre modernisation du patrimoine hôtelier public et montée en puissance de l’investissement privé.
S. I.







