Des dettes qui s’accumulent, des pénalités qui s’envolent, et des milliers de micro-entrepreneurs pris en étau entre leurs engagements financiers et une activité au point mort.
Par K. Boukhalfa
Face à cette réalité qui frappe de plein fouet les bénéficiaires du dispositif ANADE (ex-ANSEJ), le gouvernement sort de son silence et annonce des mesures concrètes. C’est en tout cas ce qui ressort de la réponse écrite du ministre de l’Économie de la Connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, à une question du député à l’Assemblée Populaire Nationale, Slima Zerkani, et datée du 04 mars 2026.
Dans sa question, le parlementaire interrogeait le ministre sur les solutions définitives envisagées pour régulariser la situation des micro-entrepreneurs en défaut de paiement relevant de l’Agence Nationale d’Appui et de Développement de l’Entrepreneuriat.
Ainsi, dans sa réponse, le ministre rappelle que le soutien aux micro-entreprises constitue un axe stratégique constant de l’action gouvernementale, s’inscrivant dans le programme du président de la République visant à promouvoir l’investissement productif, diversifier l’économie nationale et créer de la richesse et des emplois.
L’ANADE, précise-t-il, veille à assurer un accompagnement intégral des bénéficiaires à toutes les étapes de leur parcours : orientation et inscription, création de l’entreprise, puis suivi post-lancement, afin de leur permettre de surmonter les difficultés rencontrées dans l’exercice de leur activité.
Dans ce sillage, le ministre a indiqué que l’agence a transmis les préoccupations liées aux micro-entreprises en souffrance aux différentes institutions concernées, notamment lors de réunions tenues avec les banques partenaires, et ce, dans le cadre de la mise à jour de la convention tripartite liant l’ANADE, les établissements bancaires et le Fonds de garantie des risques sur les crédits.
C’est au cours de ces concertations qu’ont émergé selon le ministre plusieurs pistes de résolution, dont la plus significative est l’effacement partiel ou total des pénalités de retard.
Cette mesure permettrait aux bénéficiaires de concentrer leurs efforts sur le remboursement du capital, facilitant ainsi l’apurement de leurs dettes et le rétablissement de l’équilibre financier de leurs structures.
Parmi les autres dispositions envisagées figure le rééchelonnement des dettes, calibré en fonction de la capacité de remboursement et de la situation financière propre à chaque entreprise.
Cette approche individualisée vise à alléger la pression financière sur les entrepreneurs concernés et à leur permettre d’honorer leurs engagements dans des conditions réalistes.
Le ministre précise dans ce sens que la durée de rééchelonnement des prêts pourra atteindre dix ans, en tenant compte de la situation financière réelle de chaque micro-entreprise et de sa capacité effective de remboursement.
Par ailleurs, le ministre a tenu à lever toute ambiguïté sur le recours à la voie judiciaire : les poursuites restent selon lui une mesure exceptionnelle et contrainte, réservée à une catégorie restreinte d’investisseurs ayant manifesté un refus délibéré de s’engager dans les différentes démarches de règlement amiable initiées par l’agence.
Cette position, conclut Noureddine Ouadah, traduit l’attachement au principe de responsabilité, tout en préservant les deniers publics de tout gaspillage, et en poursuivant l’accompagnement des micro-entrepreneurs vers la régularisation de leur situation et la reprise d’une activité économique productive.
K. B.







