L’évolution de l’économie nationale- aussi bien dans ses volets d’investissements productifs que d’encadrement en infrastructures de base et en équipements publics- est parvenue a une étape de sa maturation où des choix en matière de gestion des ressources naturelles (foncière, hydrique, minérale, biotique) et de répartition spatiale-sur les 69 wilayas du pays et entre les différents territoires éco-géographiques (région côtière, montagnes, steppe et Hauts Plateaux, grand Sud)- s’imposent dans le sens des grands équilibres de développement et de la gestion rationnelle de l’espace et des ressources.
Par Amar Aït Messaoud
Certains déséquilibres ou retards de développement sont en train d’être rattrapés et corrigés par la dynamique de développement enclenchée. Celle-ci est appelée à se renforcer et à bénéficier d’une guidance économique éclairée de façon à créer des attractivités d’investissement territorialisées et des pôles de développement intégrés dans un cadre de développement durable qui permette la préservation de l’environnement et la protection des ressources naturelles.
Les déséquilibres et incohérences accumulés au cours des trois dernières décennies en matière de gestion de l’espace et d’équilibre régional — pourtant à l’ombre de recettes pétro-gazières qui ne sont jamais démenties — montrent que la recherche d’un développement équilibré et harmonieux ne peut provenir d’une action volontariste d’un quelconque département ministériel en charge de la mise en œuvre des politiques publiques.
Il s’agit, plutôt, de développer une vision plus élargie, plus inclusive et plus intégratrice, qui fasse valoir toutes les données de l’espace national et de ses composantes (humaine, démographique, géomorphologique, écologique, ressources biologiques, minérales…) afin de les intégrer comme éléments de la stratégie globale de développement économique et humain du pays.
Cette vision de planification et d’intégration globales a un nom. Elle s’appuie sur un concept, une notion : l’aménagement du territoire.
L’Algérie avait établi depuis les années 1990 des structures dédiées à l’aménagement du territoire. Un département ministériel a été créé à cet effet, parfois de plein exercice et d’autres fois rattaché à un autre ministère.
Aujourd’hui, il est rattaché au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales à travers la direction générale de l’Aménagement du territoire (DGAT). Cette dernière est chargée de définir et de mettre en œuvre la politique nationale d’aménagement, d’attractivité et de développement durable des territoires.
Elle élabore les schémas directeurs, gère le foncier, et soutient le développement des wilayas, notamment celles qui sont créées récemment (10 en 2015 et 11 en 2025), pour garantir un développement équilibré du territoire.
Actualisation continue du SNAT
La DGAT s’appuie, dans sa politique générale, sur le Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT horizon 2030), adopté en vertu de la loi n° 10-02 du 29 juin 2010.
Il s’agit d’un instrument stratégique à long terme (20 ans) conçu pour orienter le développement territorial, corriger les disparités régionales et favoriser la cohésion des actions de développement.
L’une des missions importantes de la politique d’aménagement du territoire est celle consistant à « répondre aux déséquilibres de localisation de la population et des activités dans le territoire », puis celle de « la mise en attractivité de nos territoires », selon la Direction générale de l’aménagement du territoire.
Le directeur général de cette institution, Madjid Saâda, indiquait l’année dernière, au cours d’un workshop sur « l’urbanisation et le développement du territoire de In Salah-Tamanrasset », que la concentration de la population algérienne dans la partie nord du pays « engendre des problèmes de transport et de pollution, voire des risques naturels, d’où la nécessité de l’actualisation dudit Schéma pour mieux l’adapter aux défis actuels ».
Il faisait référence à l’opération de révision du document du SNAT à laquelle ont participé tous les secteurs d’activités. Cette révision est imposée par l’évolution économique et sociale du pays ainsi que par l’accroissement des risques naturels et industriels qui menacent le bien-être et le cadre de vie de la société (changements climatiques, sécheresse, risques technologiques…).
Le SNAT se décline en versions régionales appelées « espaces de programmation territoriale » (EPT), englobant plusieurs wilayas, puis en plans d’aménagement de wilaya (PAW) destinés à encadrer les politiques publiques à l’échelle du territoire de chaque wilaya avec l’esprit, les valeurs et les orientations de la matrice qui est le SNAT.
A. N. M.







