L’Algérie se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son développement économique et énergétique. Face à la dépendance structurelle aux Hydrocarbures, qui représentent encore plus de 90 % des exportations et près de 40 % du PIB, la Transition Énergétique s’impose non seulement comme un impératif, mais également comme l’un des piliers d’un nouveau modèle de croissance Durable.
Par Abderrahmane Hadef (*)
Cette transformation, fondée sur la Diversification des sources d’Énergie et l’Efficacité Énergétique, vise à rééquilibrer un Mix Énergétique encore dominé à 97 % par les énergies fossiles.
Diversification et accélération des programmes
Le Programme national de développement des Énergies Renouvelables (PNDER), avec son ambition de déployer 15 GW d’Énergie Solaire à l’horizon 2035, constitue le socle de cette transition. Aujourd’hui, la capacité installée en renouvelables en Algérie dépasse à peine 500 MW, soit moins de 1 % de la production nationale d’électricité, ce qui révèle l’ampleur du chemin à parcourir.
À cela s’ajoutent des perspectives dans l’Hydroélectricité (environ 250 MW installés), l’Éolien et le Biogaz, ainsi que la feuille de route nationale pour l’Hydrogène Vert, qui vise une production de 40 TWh/an à l’horizon 2040, en partie destinée à l’export.
Pour concrétiser ces ambitions, il devient impératif de reconsidérer les modèles de réalisation des projets. Les approches EPC (Engineering, Procurement and Construction) et BOT (Build, Operate and Transfer) offrent des solutions adaptées pour attirer des investisseurs, partager les risques et accélérer les délais de mise en œuvre.
Un repositionnement dans les Chaînes De Valeur
La réussite de la transition énergétique passe également par une intégration intelligente dans les chaînes de valeur régionales et internationales. Vers le nord, le partenariat avec l’Union Européenne représente une opportunité stratégique : Bruxelles vise à produire 42,5 % de son électricité à partir de renouvelables d’ici 2030, et à importer de l’hydrogène vert pour réduire sa dépendance au gaz russe.
L’Algérie, du fait de sa proximité géographique et de ses infrastructures gazières existantes, peut devenir un fournisseur clé dans ce domaine.
Vers le sud, l’Afrique constitue un espace naturel de coopération. Le continent dispose d’un potentiel solaire estimé à près de 60 % du gisement mondial, mais reste sous-équipé avec moins de 2 % de la capacité installée mondiale.
L’Algérie peut ainsi jouer un rôle moteur en partageant ses infrastructures, son savoir-faire et ses projets pilotes avec ses partenaires africains.
Vers un modèle énergétique Durable
La transition énergétique ne se limite pas à la substitution des énergies fossiles par des renouvelables; elle incarne un changement de paradigme. Elle implique une meilleure efficacité énergétique — rappelons que l’Algérie consacre déjà près de 20 millions de tonnes équivalent pétrole par an à sa consommation domestique d’énergie, un niveau qui menace à terme ses capacités d’exportation.
Au-delà de la préservation des ressources et de la réduction des émissions, cette transition constitue un levier de création de nouvelles Filières Industrielles locales (panneaux solaires, composants électriques, stockage), de génération d’Emplois qualifiés et d’opportunités d’Exportation à forte valeur ajoutée.
(*)Consultant international en développement économique, Numérique, Énergie, promotion d’investissements







