À la lumière de la transition énergétique mondiale, de la diversification des sources d’approvisionnement énergétique et de la diffusion croissante des usages des énergies renouvelables, l’Algérie a mis en place une stratégie proactive pour développer son secteur énergétique, considéré comme un pilier fondamental du développement économique et de la souveraineté nationale.
Par Hakim O.
Dans un document posté en ligne hier samedi par le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, sous le thème : « La politique nationale de l’énergie », le département de Dr Mourad Adjal a précisé que cette stratégie vise à atteindre deux objectifs principaux.
Le premier concerne en effet de garantir une sécurité énergétique nationale à long terme. Quant au deuxième, c’est de positionner l’Algérie comme un acteur énergétique régional et international fiable, notamment sur les marchés africains et européen.
Renforcée par le remaniement gouvernemental du 14 septembre 2025, la vision énergétique nationale confie au ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables des missions stratégiques pour moderniser le secteur, numériser ses processus de gestion et mettre en œuvre des programmes garantissant la couverture durable des besoins nationaux.
La stratégie vise également à renforcer l’efficacité du secteur, accroître la compétitivité nationale et développer les exportations d’énergie vers l’Afrique et l’Europe.
Des objectifs stratégiques clairs
Dans ce cadre, le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables poursuit ses efforts pour atteindre des objectifs stratégiques clairs. Parmi les priorités de cette stratégie figure l’adaptation de l’organisation du secteur aux défis émergents, afin de garantir une gouvernance efficace et une meilleure réactivité face aux évolutions technologiques et environnementales.
Dans ce cadre, le gouvernement vise à ce que le secteur énergétique joue un rôle moteur dans le développement économique national, en stimulant la croissance industrielle et en créant de nouvelles opportunités d’emploi.
La stratégie intègre également une dimension de modernisation et de numérisation des processus de gestion des organismes et entreprises publiques, afin de renforcer l’efficacité et la transparence dans la gestion des ressources.
Parallèlement, des mécanismes innovants de valorisation et de gestion du capital humain sont mis en place pour former et accompagner les professionnels du secteur.
L’Algérie mise sur une transition énergétique progressive, reposant sur un mix énergétique national équilibré, durable et compétitif, en augmentant la part des énergies nouvelles et renouvelables dans la production nationale, avec une orientation claire vers l’exportation.
Cette démarche s’accompagne de mesures pour promouvoir l’efficacité énergétique en coopération avec l’ensemble des secteurs concernés, et renforcer l’intégration nationale dans les industries électriques et gazières.
Sur le plan régional, la stratégie prévoit de développer des partenariats énergétiques structurants, afin de consolider l’intégration de l’Algérie dans le marché énergétique africain et méditerranéen, tout en assurant une intégration effective dans le marché européen de l’électricité.
Cette approche globale traduit la volonté de l’Algérie de s’imposer comme un acteur énergétique fiable, innovant et compétitif, capable de répondre aux besoins nationaux tout en participant activement au développement économique et énergétique de la région.
Des projets internationaux structurants
L’Algérie consolide également sa position grâce à plusieurs projets énergétiques internationaux majeurs en cours de réalisation. Possédant une capacité de production installée avoisinant les 28 000 mégawatts et avec un pic de consommation de 20 628 mégawatts, l’Algérie dispose de quantités supplémentaires à exporter vers les marchés européens notamment.
C’est dans ce cadre qu’un projet de câble électrique « Medlink » reliant l’Algérie à l’Italie en passant par la Tunisie, avec une capacité de 2 000 MW d’énergie renouvelable, devrait être lancé fin 2027, d’après la société italienne Zhéro.
Ce projet qui devrait assurer une débouchée pour l’électricité en surplus sur le marché algérien, sera renforcé également par l’entrée, dès l’été prochain, des premiers kilowattheures des stations solaires en cours de réalisation, dans le cadre du programme national EnR de 15 000 MW.
Outre ce projet stratégique pour l’Algérie, des interconnexions électriques sont également envisagées avec les pays voisins, notamment la Libye, l’Égypte et la Tunisie, qui importe déjà de l’électricité algérienne, ainsi que d’autres pays du Sahel.
Cela permet à l’Algérie de renforcer sa coopération avec l’Union européenne et l’Afrique, et se positionner comme fournisseur clé d’énergie propre dans la région.
Outre le solaire, l’Algérie ambitionne également de développer des parcs éoliens à grande échelle et de produire de l’hydrogène vert en partenariat avec des investisseurs internationaux.
Des sites pilotes pour la production d’hydrogène renouvelable sont en cours de développement, avec l’objectif de produire un combustible propre pour l’export et de positionner l’Algérie dans la transition énergétique mondiale.
Un projet stratégique « South H2 Corridor » visant à transporter l’hydrogène vert produit en Algérie vers l’Europe est déjà à l’étude. Une rencontre de coordination réunissant plusieurs pays européens (l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne) autour de ce projet est prévue dans les prochains mois à Alger.
L’objectif est de coordonner les étapes opérationnelles nécessaires à la mise en œuvre du projet « South H2 Corridor », qui s’inscrit dans le cadre des efforts internationaux visant à accélérer la transition énergétique et à réduire les émissions de carbone.
Par ailleurs, les opérateurs du secteur énergétique sont appelés à soutenir activement la vision du gouvernement pour répondre à la demande énergétique nationale dans les meilleures conditions de délais, de qualité et de coût, lit-on également dans le même document.
Plusieurs mesures concrètes sont mises en place, indique le ministère, en citant notamment l’exécution des programmes sectoriels dans les délais impartis ; la gestion efficace des pics de consommation estivale d’électricité et le renforcement de la valeur locale dans la production d’équipements et services électriques et gaziers.
En somme, cette stratégie, combinée aux projets internationaux, place l’Algérie dans une position stratégique sur le marché énergétique mondial, tout en assurant la couverture durable des besoins nationaux et en stimulant le développement économique du pays.
H. O.







