La ministre de l’Environnement et de la Qualité de Vie, Kaoutar Krikou, a présenté, hier à Alger, les principales orientations et initiatives de l’Algérie pour faire face aux impacts du changement climatique.
S’exprimant à l’ouverture d’une journée nationale d’étude sur «La prévention des inondations dans le cadre de l’adaptation aux changements climatiques», réunissant les principaux acteurs du secteur environnemental et hydraulique, en coordination avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la ministre a rappelé que le pays, comme d’autres États de la Méditerranée et de l’Afrique du Nord, est particulièrement vulnérable aux phénomènes climatiques tels que la hausse des températures, la soudaineté des précipitations, la rareté des ressources en eau, les incendies et la désertification.
Elle a insisté sur la nécessité de mesures préventives et anticipatives, notamment dans le domaine des inondations, afin de protéger les citoyens et renforcer la résilience nationale. Mme Krikou a présenté le projet du Plan National d’Adaptation (PNA), élaboré en partenariat avec le PNUD, comme cadre stratégique
pour accompagner la politique de développement national face aux effets du changement climatique.
Elle a rappelé que ce plan s’inscrit dans le respect des engagements internationaux de l’Algérie, notamment l’Accord de Paris de 2016 et la Conventioncadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 1993.
Dans ce cadre, la ministre a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à développer des stratégies de gestion de l’eau et à protéger le cadre de vie des citoyens, conformément à la vision intégrée promue par le Président Abdelmadjid Tebboune, qui avait affirmé lors de ses interventions internationales, que l’Algérie adopte une «vision nationale intégrée», axée sur la sécurité hydrique, la gouvernance climatique et la protection du
cadre de vie des citoyens.
Par ailleurs, la ministre Mme Krikou a souligné plusieurs initiatives déjà mises en œuvre, en citant notamment l’adoption de la loi n° 24-04 sur la prévention et l’intervention en cas de catastrophes dans le cadre du développement durable, le dessalement de l’eau de mer comme solution stratégique pour garantir la sécurité hydrique, la réhabilitation et l’extension du projet du «barrage vert» et l’intégration des espaces verts dans l’urbanisation.
Elle a ajouté que le PNA vise à intégrer l’adaptation dans les politiques nationales de développement durable et à renforcer la résilience des écosystèmes face aux risques d’inondations, de désertification et de sécheresse.
Le plan prévoit également la réhabilitation des terres et le développement de systèmes de surveillance et d’alerte précoce. Le Ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal, a insisté, de son côté, sur l’importance d’adopter des modèles modernes et de recourir aux technologies pour anticiper et limiter les risques d’inondations.
«Notre plan d’action repose sur deux axes principaux : un cadre juridique global et la réalisation de projets sur
le terrain», a-t-il expliqué.
Selon M. Derbal, la stratégie identifie 865 sites à risque à travers le pays, classés selon leur degré de dangerosité. Il a également annoncé la mise en place de plans locaux de prévention des inondations : «16 plans locaux sont prévus pour plusieurs wilayas, 14 sont en cours de réalisation et 12 projets de protection concernent 9 villes ».
Cette journée d’étude a été marquée par la présentation de plusieurs exposés concernant le Plan national d’adaptation, le Plan national de prévention des effets des inondations, ainsi que les méthodes de gestion des risques liés aux grandes catastrophes.
La rencontre a abouti à un ensemble de recommandations, en citant l’application stricte des législations régissant l’urbanisme et l’utilisation des terres, la mise en œuvre effective du Plan général de prévention du risque d’inondation, ainsi que la conduite de campagnes de sensibilisation auprès des citoyens sur ce risque, en insistant sur l’importance et l’obligation de l’assurance contre les catastrophes naturelles.
Les participants ont également souligné la nécessité de développer des systèmes d’alerte précoce, notamment au niveau des barrages, de suivre les évolutions liées aux changements climatiques, d’accroître les investissements dans les technologies de surveillance météorologique, d’encourager la recherche scientifique dans ce domaine et de promouvoir une véritable culture de la prévention.
R. N.







