L’Algérie qui détient de nombreux atouts énergétiques et, grâce à son positionnement géographique, s’impose comme un acteur majeur de la scène énergétique internationale. Elle est, d’ailleurs, considérée comme l’un des fournisseurs fiables pour le Vieux Continent (l’Europe). Un rôle qui devrait se consolider davantage, notamment, avec les projets d’investissements en cours de réalisation par l’Algérie en partenariat dans l’amont pétrolier, le gaz et les énergies renouvelables (électricité verte et hydrogène vert).
Par Hakim Outoudert
Tout cela fait de l’Algérie un partenaire clé dans le renforcement de la sécurité énergétique à l’échelle régionale et internationale, notamment en Afrique et en Méditerranée.
S’exprimant lors d’une table ronde intitulée «Tirer parti du secteur de l’énergie – un fondement pour une intégration économique plus poussée», en marge de la conférence de haut niveau sous le thème «Afrique du Nord : relier les continents, créer des opportunités», le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, a indiqué que l’Algérie, de par sa position géographique reliant l’Afrique à l’Europe, et grâce à son infrastructure énergétique développée, est apte à jouer un rôle clé dans la satisfaction des besoins énergétiques à l’échelle locale et régionale, et à renforcer l’interconnexion énergétique entre les continents, au service de la stabilité des marchés de l’énergie et du renforcement de la coopération Sud-Sud et Nord-Sud.
Un avis que partage la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, qui a pris part à cette rencontre, estimant que l’Afrique du Nord, riche en ressources pétrolières, gazières et en potentiel solaire et éolien, peut alimenter les industries nationales et internationales et soutenir la transition énergétique de l’Europe, tout en contribuant à réduire le déficit d’électricité en Afrique.
Dans ce cadre, elle a mis en avant les atouts énergétiques de l’Algérie, qui a réussi à faire progresser les projets hybrides solaires-gaz au Sahara, à développer les interconnexions électriques avec l’Europe et à investir dans l’hydrogène vert destiné à l’exportation.
Les principaux axes de la stratégie nationale énergétique
Devant les participants à cette rencontre à dimension internationale, Mohamed Arkab a détaillé, par ailleurs, la stratégie nationale dans le domaine énergétique, fondée sur une vision inclusive visant à faire du secteur de l’énergie un levier essentiel du développement national, de la diversification économique et du renforcement du rayonnement international de l’Algérie.
La démarche du gouvernement s’articule, précise le ministre, notamment autour du développement des ressources naturelles pour couvrir la demande intérieure, du financement de la transition énergétique et de la valorisation des hydrocarbures et des produits miniers, tout en maintenant des niveaux d’exportation qui garantissent le financement de l’économie nationale et confortent la place de l’Algérie sur les marchés énergétiques régionaux et mondiaux.
Dans ce sillage, M. Arkab a indiqué que l’Algérie continue d’assumer son rôle en tant que fournisseur fiable et durable d’énergie, notamment au profit de ses partenaires européens, rappelant que l’Algérie figure parmi les sept plus grands exportateurs de gaz naturel au monde, occupe la première place en Afrique et la troisième sur le marché européen, grâce à ses capacités de production, son réseau de gazoducs transfrontaliers et ses installations de liquéfaction.
De nouveaux projets d’interconnexion sont en cours de réalisation, à l’instar du projet SouthH2 pour l’exportation de l’hydrogène vert produit en Algérie et du projet Medlink.
Des projets d’interconnexion énergétique en cours de réalisation
Ce dernier consiste en la réalisation d’un câble sous-marin pour l’approvisionnement du marché italien et européen en électricité algérienne. Un projet important qui repose sur le principe gagnant-gagnant, dira sur ce point le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, M. Mourad Adjal, qui a reçu le ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, en visite en Algérie.
Pour le ministre italien, la relation entre l’Italie et l’Algérie devait évoluer vers une intégration économique et énergétique plus large, tout en rappelant l’engagement de l’Italie en Afrique dans le cadre du plan Mattei, axé sur le développement et l’investissement, et plaidé pour un mix énergétique combinant gaz, renouvelables, hydrogène et nouvelles technologies.
En effet, dans un premier temps, l’excédent de la production nationale en électricité sera exporté via ce câble, en attendant la finalisation du programme EnR de 15 000 MW à l’horizon 2035. Selon les chiffres officiels, l’Algérie détient une capacité électrique installée d’environ 28 000 mégawatts (MW), pour une pointe de consommation avoisinant 20 000 MW.
L’Algérie travaille également sur un autre projet important visant l’interconnexion électrique NordSud. Plusieurs projets de réseaux de très haute tension sont en cours de déploiement dans le sud du pays afin de faciliter les futures connexions régionales.
Il est à noter que de nombreux pays d’Afrique subsaharienne restent confrontés à un déficit d’accès à l’électricité et à des besoins de financement élevés. Selon les estimations du gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, les investissements nécessaires pour élargir l’accès à l’énergie sont estimés à près de 1 000 milliards de dollars.
Donc, un grand travail reste encore à faire, et l’Algérie, avec son expérience et ses richesses, peut jouer un rôle important dans l’électrification de cette région subsaharienne.
S’agissant du projet SouthH2 Corridor pour le transport de l’hydrogène vert de l’Algérie vers l’Europe, le ministre de l’Énergie a mis l’accent sur la nécessité d’accélérer la cadence de réalisation de cette infrastructure, suggérant l’organisation, au cours des prochains mois, d’une rencontre en Algérie regroupant les pays concernés par le projet (Italie, Allemagne, Autriche et Tunisie), afin de prendre des décisions à même de concrétiser ce projet sur le terrain.
Le gazoduc transsaharien (TSGP) sur la bonne voie
Le ministre d’État a également évoqué les projets structurants à dimension régionale, à leur tête le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), visant à renforcer l’intégration énergétique africaine. Ce projet se trouve «à la phase finale de l’étude de faisabilité» et pourrait transporter plus de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’Europe.
La concrétisation de ce projet ambitieux consolidera l’intégration africaine et renforcera l’interconnexion de l’Afrique avec l’Europe, en plus de son impact sur le développement régional.
En d’autres termes, l’Algérie, avec ses infrastructures gazières et électriques ainsi que son expérience dans les hydrocarbures, peut contribuer au renforcement des interconnexions vers l’Europe et l’Afrique subsaharienne. Les intervenants ont mis en avant le potentiel de la région pour fournir des solutions énergétiques fiables et durables aux marchés européen et africain, plaidant pour l’accélération des projets d’interconnexion et d’infrastructures transrégionales, notamment le gazoduc transsaharien (TSGP) et le corridor SouthH2 destiné au transport de l’hydrogène.
H. O.







