Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé la volonté de l’Algérie de faire de l’agriculture un véritable levier économique, capable d’assurer l’autosuffisance alimentaire et de contribuer à l’exportation.
Par Nadia B.
«La porte est ouverte à une agriculture nationale moderne, fondée sur la science et les techniques, en mesure de couvrir les besoins du pays et d’orienter l’excédent vers les marchés extérieurs», a-t-il déclaré lors de son entrevue périodique diffusée vendredi soir sur les chaînes de télévision et de radio nationales.
Selon le chef de l’État, de «grands pas» ont déjà été franchis dans plusieurs filières stratégiques, en particulier le blé dur. Il a rappelé son engagement d’atteindre l’autosuffisance dans cette filière, précisant que le bilan préliminaire de la dernière campagne moisson-battage est encourageant.
«Tous les moyens ont été mobilisés pour soutenir les agriculteurs, même si certains n’ont pas livré l’intégralité de leur production à l’État», a-t-il relevé.
Dans ce cadre, le président a instruit le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche de procéder à un recensement global pour éviter que le blé ne soit écoulé sur les marchés parallèles.
Le bilan final de la campagne nécessitera toutefois du temps en raison de l’étendue et de la dispersion des surfaces cultivées.
M. Tebboune a également mis en avant l’importance du projet « Baladna », mené avec un partenaire qatari, pour la production de poudre de lait.
Prévu pour être opérationnel fin 2028, ce projet vise à réduire la dépendance aux importations de lait en poudre, tout en créant des emplois, en développant l’élevage bovin et en ouvrant la voie à d’autres investissements similaires, notamment avec l’Italie et l’Arabie saoudite. Ce cap sur une agriculture modernisée s’inscrit dans une dynamique plus large, soutenue par le gouvernement.
Lors d’une rencontre nationale sur la modernisation du secteur, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mahdi Oualid, a lancé un message clair : «L’Algérie doit en finir avec les approximations des chiffres et les données fragmentées pour bâtir des politiques publiques fiables».
Selon lui, « les vérités partielles sont pires que les mensonges» et il est impératif de reconstruire la chaîne de collecte et de traitement des données, depuis la base jusqu’au ministère.
Ce chantier repose notamment sur un vaste projet de numérisation et l’adoption de solutions scientifiques précises pour atteindre les objectifs fixés. D’ailleurs, le nouveau ministre a lancé un appel pour le recrutement des meilleures compétences afin d’amorcer le changement escompté dans ce secteur vital.
Yacine Oualid à l’écoute des investisseurs du Sud
Par ailleurs, le ministre Yacine Oualid, a présidé une rencontre nationale avec les investisseurs qui ont bénéficié de terres agricoles dans les wilayas du Sud, consacrée à l’examen de leurs préoccupations et des moyens d’aplanir les difficultés entravant l’avancement de leurs projets.
La rencontre, qui s’est tenue samedi soir, a réuni M. Oualid avec des investisseurs des deux secteurs public et privé ayant bénéficié d’un foncier agricole dans le cadre de l’Office de développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes (ODAS) et de l’Office national des terres agricoles (ONTA), en présence des directeurs centraux et des responsables des offices concernés.
La réunion a été consacrée à «l’écoute de leurs préoccupations et de leurs attentes, et à examiner les difficultés entravant l’avancement de leurs projets, dans le but de trouver des solutions pratiques et de prendre les décisions appropriées», précise le communiqué.
Parmi les principales préoccupations soulevées, figurent notamment le raccordement des exploitations agricoles aux réseaux d’électricité et des communications, l’ouverture de pistes, le manque de matériels agricoles adaptés à la nature des terres sahariennes, ainsi que la modernisation des mécanismes d’appui et d’accompagnement, l’élaboration d’une cartographie d’évaluation des risques, le renforcement du rôle de l’administration locale dans le suivi et l’accompagnement, la régularisation du foncier agricole, la facilitation du financement bancaire, et la numérisation des démarches administratives.
Répondant à ces préoccupations, le ministre a affirmé que «tous les points soulevés seront traités à différents niveaux, en demandant compte, le cas échéant, aux responsables locaux, ou en coordonnant directement avec les secteurs ministériels concernés».
M. Oualid a, en outre, fait état de «l’inscription d’un programme ambitieux dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) de l’exercice 2026, consacré au raccordement des exploitations agricoles et des périmètres vitaux aux différents réseaux nécessaires», selon le communiqué, qui indique que des séances périodiques seront organisées, en vue de suivre l’état d’avancement des projets et de traiter les points «en suspens, de façon progressive et efficace».
N. B.







