Le président Donald Trump et le Premier ministre Narendra Modi ont scellé, ce lundi 2 février 2026, un accord historique. Entre baisses massives de tarifs douaniers et boycott du pétrole russe, ce «Grand Deal» isole Moscou et propulse l’Inde au rang de partenaire privilégié des États-Unis.
Synthèse de la Rédaction Internationale
L’onde de choc s’est fait ressentir de Wall Street à la Bourse de Mumbai en quelques minutes. Hier matin, mardi, après un échange téléphonique décrit comme «décisif» par la Maison Blanche, les deux dirigeants des plus grandes démocraties du monde ont mis fin à une guerre commerciale qui menaçait de paralyser les échanges transcontinentaux.
Ce pacte, baptisé de manière informelle le «Deal du Siècle», ne se contente pas de régler un différend douanier: il réaligne les plaques tectoniques de la géopolitique énergétique et sécuritaire.
L’armistice tarifaire : le retour du «Made in India» sur le marché américain
Le premier volet de l’accord est un soulagement immense pour les exportateurs indiens. Washington a accepté de ramener ses droits de douane globaux sur les produits indiens à un taux préférentiel de 18%.
Jusqu’à hier, le cumul des surtaxes punitives imposées par l’administration Trump atteignait
les 50%, asphyxiant des secteurs clés.
«C’est une victoire totale pour la stratégie de croissance indienne», analyse un expert de Bloomberg Television. Pour certains secteurs stratégiques, comme le textile et certains composants technologiques, les tarifs pourraient même être totalement supprimés à court terme.
En échange, Narendra Modi a dû sortir le carnet de chèques: l’Inde s’engage à acheter pour 500 milliards de dollars de biens et services américains sur cinq ans, couvrant l’énergie, l’armement et l’agriculture.
L’énergie comme arme : le coup de grâce au pétrole russe ?
Mais le cœur du deal est ailleurs. Pour obtenir cette clémence tarifaire, Narendra Modi a accepté de sacrifier son partenariat énergétique avec le Kremlin. New Delhi, qui était devenu le premier client de l’Oural depuis le début du conflit en Ukraine, promet un boycott total du pétrole russe.
«C’est une manœuvre de maître pour isoler davantage Vladimir Poutine», souligne une source diplomatique à Washington. Pour compenser, l’Inde se tournera massivement vers le pétrole et le gaz naturel liquéfié (GNL) amé- ricain, tout en rouvrant des canaux d’importation avec le Venezuela.
Si Narendra Modi a salué sur le réseau social X une annonce «merveilleuse» pour le label Made in India, il reste toutefois évasif sur le calendrier technique de cette rupture avec Moscou, un sujet sensible pour la diplomatie indienne traditionnellement non-alignée.
Des marchés euphoriques face à un nouvel ordre mondial
La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre. À l’ouverture, l’indice Sensex de la Bourse de Bombay a bondi de près de 5%, tandis que la roupie a repris des couleurs face au dollar.
Pour les investisseurs, ce pacte offre une visibilité inédite et place les États-Unis comme le pivot central du développement indien, au détriment des récents efforts de rapprochement entre l’Inde et l’Union européenne. Cependant, des zones d’ombre subsistent.
Les experts s’interrogent sur la capacité des infrastructures américaines à répondre à une telle demande énergétique indienne en si peu de temps. De plus, la réaction de Moscou, qui perd ici son principal poumon financier, pourrait crisper davantage les relations internationales dans les semaines à venir.
R. I.







