En ce dimanche 8 mars 2026, l’économie planétaire semble suspendue à un fil d’équilibriste, oscillant au-dessus d’un abîme d’incertitudes que la seule raison comptable ne suffit plus à baliser. Alors que le monde observe, le souffle court, l’escalade militaire inédite qui embrase le Proche-Orient, les places boursières mondiales sont saisies d’un vertige que même les incantations de croissance les plus zélées ne parviennent plus à dissimuler. Le dilemme est désormais structurel, et la question fondamentale demeure celle de savoir comment stabiliser une architecture financière globale alors que les verrous stratégiques de l’énergie et les artères vitales du commerce —du détroit d’Ormuz à la mer Rouge— se retrouvent sous le feu des missiles? Dans ce théâtre d’ombres où le Nord vacille sous l’onde de choc et où le Sud cherche encore sa boussole, l’Algérie, à contre-courant des fatalismes, trace un sillon de sérénité qui force le respect.
Par Lyazid Khaber
Dans le Nord global, l’heure est à une fébrilité nerveuse qui trahit l’érosion des certitudes. La semaine a été ponctuée par un « trébuchement » brutal de Wall Street, plombée par une flambée erratique des cours du baril et des indicateurs de l’emploi américain dont l’ambivalence sème le trouble chez les investisseurs.
L’Europe, de son côté, redoute une nouvelle déflagration énergétique ; les turbulences au Proche-Orient menaçant directement la fluidité des flux de GNL, essentiels à son fragile équilibre thermique et industriel.
Si Goldman Sachs misait encore récemment sur une impulsion fiscale aux États-Unis pour maintenir le PIB à flot, la réalité du terrain se révèle bien plus aride. L’inquiétude gagne les pompes à essence et l’inflation sous-jacente mondiale, bien que projetée à 2,8% par JP Morgan, risque d’être balayée par l’imprévisibilité géopolitique.
Comme le souligne une analyse de Radio-Canada, cinq impacts économiques majeurs — de la paralysie logistique au resserrement drastique du crédit — menacent désormais de gripper une reprise post-pandémique déjà chancelante.
La souveraineté au défi des déflagrations
Le Sud Global, bien que porté par une dynamique de croissance maintenue à 3,3% selon le FMI, se retrouve en première ligne de ces «secousses systémiques». L’intensification des hostilités régionales a déjà provoqué des ruptures de charge et des fermetures d’espaces aériens, entravant des échanges internationaux dont la fluidité est le nerf de l’émergence.
L’Afrique, sous l’impulsion d’institutions comme la Banque Africaine de Développement (BAD), multiplie les initiatives de financement souverain pour tenter de briser le joug des cycles monétaires extérieurs.
Toutefois, l’ombre portée de la dette et le coût exorbitant des importations énergétiques lestent encore lourdement ses ambitions. Comme le rappelle l’UNCTAD, le déficit d’investissements productifs demeure le talon d’Achille d’un Sud qui aspire à l’autonomie mais subit de plein fouet les ondes de choc de conflits qu’il ne maîtrise pas.
La quête d’un nouvel ordre multipolaire n’a jamais été aussi urgente, faisant de la sécurité l’intrant économique le plus coûteux de ce siècle naissant.
La force tranquille d’une Algérie qui s’assume
Au milieu de ce tumulte, l’Algérie s’affirme comme un pôle de stabilité et de prospérité, s’extrayant avec une rigueur méthodique des soubresauts erratiques des marchés mondiaux.
Les projections économiques sont éloquentes, et le pays consolide sa position pour devenir la quatrième économie arabe dès 2026, avec un produit intérieur brut qui s’apprête à franchir le cap historique des 300 milliards de dollars.
L’action institutionnelle de cette semaine a mis en exergue la résilience d’un modèle de croissance projeté à 4,1%, adossé à une architecture financière rigoureuse où les recettes budgétaires servent de bouclier contre l’instabilité extérieure.
En renforçant son statut de partenaire énergétique fiable et incontournable, Alger transforme sa ressource en levier de puissance diplomatique tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement de ses partenaires.
Cette trajectoire ascendante s’accompagne d’une volonté farouche de diversification, avec pour horizon un PIB de 400 milliards de dollars dès 2027. L’effort national se concentre désormais sur la modernisation des structures productives hors hydrocarbures et une accélération de la numérisation du secteur bancaire.
L’objectif étant de bâtir une économie souveraine capable de résister aux humeurs des marchés transnationaux.
En simplifiant les procédures d’investissement et en soutenant ses champions locaux, l’Algérie ne se contente pas de naviguer dans la tourmente ; elle édifie ses propres infrastructures de résilience, s’imposant comme un acteur serein dans un monde qui semble avoir perdu le Nord.
Le Verdict du Dimanche
La leçon de cette semaine est claire : dans le nouvel ordre qui se dessine, la richesse d’une nation ne se mesure plus à l’aune de ses seules ressources, mais à sa capacité cinétique à rester sereine quand le reste du monde vacille. Nous assistons à une inversion des pôles de confiance.
Tandis que l’Occident, prisonnier de son entropie, s’enfonce dans le doute existentiel, l’Algérie fait la démonstration qu’une vision souverainiste rigoureuse n’est pas un repli, mais le plus moderne des boucliers.
En refusant les diktats de l’immédiateté financière pour privilégier une planification à long terme, Alger transforme l’incertitude globale en avantage comparatif.
Dans le grand balancier de l’économie mondiale, où les anciens maîtres du jeu ont égaré leur boussole, l’Algérie a choisi son camp ; celui du développement patient, du pragmatisme stratégique et de la résilience productive.
Le verdict est sans appel : la puissance de demain appartiendra à ceux qui ont su transformer leur stabilité intérieure en une valeur refuge pour l’avenir.
L. K.







