L’Algérie sera bientôt dotée d’une banque nationale des gènes. Une nouvelle structure scientifique qui constituera un pilier essentiel pour la conservation et la protection des ressources génétiques végétales et animales pour les générations futures, a déclaré le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mahdi Walid.
Par Hakim O.
Lors d’une visite d’inspection à la station expérimentale de recherche Station expérimentale Mehdi Boualem à Baraki, relevant de l’Institut national de recherche agronomique d’Algérie (INRAA), le ministre Yacine Oualid a pris connaissance de l’état d’avancement du projet de banque nationale des gènes, tout en insistant sur la nécessité d’accélérer la mise en service de certaines installations dans le respect des normes internationales.
«Ce projet représente la mémoire de notre agriculture et un levier indispensable pour la gestion de la biodiversité», a-t-il déclaré, soulignant le rôle stratégique de cette institution dans le renforcement de la souveraineté alimentaire de l’Algérie.
Ce projet scientifique, au cœur des enjeux agricoles du pays, vise à préserver et valoriser les ressources génétiques végétales et animales afin de garantir la sécurité alimentaire des générations futures.
Pour le ministre, la Banque nationale des gènes ne constitue pas seulement une structure de conservation, mais «un véritable laboratoire d’innovation pour l’agriculture algérienne».
Elle s’inscrit dans une logique de développement durable en visant le développement de variétés de plantes et de races animales capables de résister aux effets des changements climatiques.
«Ces nouvelles variétés permettront de garantir des récoltes abondantes à travers les différentes régions du pays. Il est primordial de développer des espèces plus robustes, capables de s’adapter aux aléas climatiques», a insisté le ministre, soulignant que les changements climatiques constituent l’un des défis majeurs auxquels l’agriculture algérienne doit faire face.
Des experts soulignent également la nécessité de développer des semences locales adaptées aux climats spécifiques de chaque région afin d’améliorer la productivité des cultures stratégiques. Selon eux, cette démarche pourrait contribuer à redonner à l’Algérie son rôle historique de grenier agricole de l’Europe.
D’importants produits agricoles, notamment les céréales, les agrumes et divers fruits, étaient en effet exportés vers la France durant la période coloniale (1830-1962).
Cependant, après l’ouverture du commerce extérieur dans les années 1980 et l’introduction de nouvelles variétés de semences ainsi que de gènes animaux et végétaux importés, l’agriculture algérienne est progressivement devenue dépendante des intrants étrangers, au détriment des variétés locales, avec des rendements jugés relativement faibles.
Si la mécanisation agricole et l’introduction de nouvelles techniques ont permis au secteur de progresser, l’Algérie a néanmoins perdu un nombre important de variétés de semences et de ressources génétiques résistantes aux conditions climatiques locales.
Dans le cadre de la nouvelle politique visant à renforcer la sécurité alimentaire du pays, les pouvoirs publics accordent désormais une importance particulière à la recherche scientifique dans le domaine agricole ainsi qu’à la préservation des semences et des races locales.
Des laboratoires à la pointe de l’innovation
Dans cette perspective, plusieurs laboratoires de recherche ont été installés au sein de la station expérimentale Mehdi Boualem à Baraki, dont certains sont encore en cours de développement.
Parmi ces infrastructures figurent des laboratoires spécialisés dans la biotechnologie, l’amélioration génétique des plantes et la conservation des ressources génétiques animales. Un autre laboratoire est consacré à l’analyse de la qualité des produits agricoles, notamment l’huile d’olive, afin de garantir la sécurité sanitaire des produits destinés à la consommation.
Lors de cette visite, le ministre a également suivi une présentation du laboratoire d’irrigation intelligente, un projet ambitieux visant à adapter les techniques d’irrigation aux contraintes climatiques tout en préservant les ressources en eau, un enjeu majeur pour l’agriculture en Algérie.
Malgré les résultats encourageants enregistrés sur le terrain, le ministre a reconnu que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour atteindre les standards internationaux.
«Nous devons accélérer la mise en œuvre de certaines infrastructures et corriger rapidement les lacunes existantes», a indiqué Yacine Oualid.
Le ministre a ainsi demandé l’établissement d’un inventaire détaillé des besoins du projet afin de renforcer les capacités de l’Institut national de recherche agronomique d’Algérie et d’améliorer les conditions de travail des chercheurs.
En préservant et en développant les ressources génétiques nationales, l’Algérie ambitionne d’atteindre une plus grande autonomie alimentaire et de réduire sa dépendance vis-à-vis des importations agricoles.
Le projet de banque de gènes s’inscrit ainsi dans une série d’initiatives engagées par les pouvoirs publics, notamment la réduction progressive des importations de semences et de plants.
H. O.







