La wilaya de Sidi Bel Abbès subit, à l’instar de nombreuses régions du pays, les contraintes sévères d’un climat de plus en plus aride. Face au déclin des rendements des cultures céréalières conventionnelles dû au manque chronique de précipitations, la diversification agricole s’impose comme une urgence absolue.
C’est précisément à ce niveau que le quinoa révèle tout son potentiel pour l’avenir de la sécurité alimentaire. Originaire de la cordillère des Andes au Pérou, cette plante possède une résilience agronomique exceptionnelle.
Sa faible exigence en eau et sa tolérance remarquable à la salinité des sols en font une alliée de choix pour valoriser les parcelles marginales de la région, à l’image des champs expérimentaux inspectés par une délégation ministérielle à Aïn Thrid.
En s’adaptant parfaitement aux conditions environnementales locales, le quinoa offre une opportunité unique d’allonger les rotations culturales et de rompre avec la monoculture céréalière, réduisant ainsi la vulnérabilité des exploitations locales face aux aléas climatiques.
Jonction entre la recherche et la pratique
Le succès de cette diversification repose sur une synergie étroite entre la science et le monde paysan. L’Institut des sciences agronomiques de Sidi Bel‑Abbes se positionne en première ligne pour orchestrer ce transfert de technologies modernes vers les exploitations.
L’ambassadeur du Pérou en Algérie, lors de sa visite des laboratoires, a salué le travail de pointe des chercheurs algériens, qualifiant l’adaptation locale du quinoa d’expérience pionnière.
La priorité institutionnelle se concentre désormais sur l’accompagnement technique rigoureux des agriculteurs. Des réseaux de communication renforcés se mettent en place pour diffuser les bonnes pratiques culturales et optimiser la gestion des sols.
En partageant les résultats de posters scientifiques et les retours d’expériences de terrain menées en Algérie et en Tunisie, l’université s’assure que les innovations de laboratoire se transforment en hauts rendements dans les champs des investisseurs privés.
Vers l’émergence d’une filière agro-industrielle
La généralisation du quinoa dans la région ne se limite pas aux performances agronomiques, elle englobe aussi un volet économique majeur à forte valeur ajoutée.
L’exposition organisée en marge des conférences a dévoilé une large gamme de produits dérivés, prouvant que cette graine représente une alternative nutritionnelle saine et une source prometteuse de diversification industrielle.
Le développement de la filière nécessite désormais la création d’unités de transformation locales pour nettoyer, décortiquer et moudre le grain. Cette structuration agro-industrielle naissante promet de générer de nouveaux emplois et de stimuler fortement l’investissement agricole régional.
En valorisant les caractéristiques nutritives de ce super-aliment, l’Algérie pose les jalons d’un système alimentaire autonome, capable de protéger les consommateurs des fluctuations des marchés internationaux tout en préservant durablement les précieuses ressources en eau de la wilaya.
R. R.
Quinoa : Bel-Abbes séduit le Pérou
L’ambassadeur de la République du Pérou en Algérie, Jorge Eduardo Wurst Calle, a salué la réussite de l’Institut des sciences agronomiques de l’Université Djillali Liabès de Sidi Bel-Abbes dans l’implantation de la culture du quinoa et son adaptation aux conditions climatiques locales. Il a également appelé à renforcer la coopération agricole entre les deux pays.
Dans une déclaration à la presse, à l’issue d’une visite effectuée à l’institut à l’occasion de la 8ème édition de la Journée mondiale de la consommation du quinoa, organisée sous le patronage du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche et sous la supervision du wali de la wilaya de Sidi Bel-Abbes, le diplomate a souligné que cette réalisation scientifique « reflète les compétences des chercheurs algériens et ouvre de larges perspectives pour le renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines de la recherche scientifique ».
Au cours de sa visite des laboratoires de l’institut et des parcelles expérimentales, l’ambassadeur a ajouté que les résultats obtenus dans le domaine de la culture du quinoa en Algérie constituent « une expérience pionnière », soulignant que les chercheurs algériens ont réussi à adapter cette culture, originaire de la région de la cordillère des Andes au Pérou, aux conditions environnementales locales.
Il a estimé que cette réussite scientifique constitue « une base solide » pour l’établissement de futurs partenariats entre les institutions de recherche des deux pays.
Ces partenariats pourraient porter sur l’échange d’expertises, la formation ainsi que la promotion des investissements dans les industries de transformation liées au quinoa, un produit à forte valeur nutritionnelle et économique.
APS





