C’est un coup de tonnerre qui fait trembler les marchés à l’ouverture de cette semaine. Vexé par un camouflet infligé par la Cour suprême des États-Unis, le président Donald Trump a répliqué avec une brutalité rare en relevant, par décret et avec «effet immédiat», les taxes douanières sur toutes les importations mondiales de 10% à 15%. Alors que le spectre de représailles massives plane sur le commerce international, l’économie mondiale entre dans une zone de turbulences inédite.
Par la Rédaction Internationale
L’annonce a eu l’effet d’un séisme sur les places boursières ce week-end. Comme le rapporte le New York Times, Donald Trump a ordonné samedi le relèvement immédiat de sa taxe douanière universelle, la faisant passer de 10% à 15%.
Cette décision, annoncée avec la véhémence habituelle sur son réseau Truth Social, intervient quelques heures seulement après un revers juridique historique. La Cour suprême des États-Unis a en effet invalidé ses précédents tarifs, les jugeant anticonstitutionnels dans leur forme actuelle.
Un contre-pied fulgurant à l’autorité judiciaire
Vendredi, la plus haute instance juridique américaine a statué que l’administration avait outrepassé ses pouvoirs exécutifs. Selon les précisions de la BBC News, ce jugement plaçait Washington dans l’obligation potentielle de rembourser plus de 130 milliards de dollars de taxes déjà perçues.
Pour contourner l’arrêt, le président invoque désormais la Section 122 du Trade Act de 1974, une disposition permettant d’imposer une « surtaxe d’importation temporaire » en cas de déficit grave de la balance des paiements.
Pour les observateurs, cette manœuvre est porteuse de risques majeurs. Maurice Obstfeld, ancien économiste en chef du FMI, a confié au New York Times que cette instabilité tarifaire « brise la prévisibilité nécessaire aux chaînes d’approvisionnement mondiales ». Il souligne que l’augmentation de 5 points de pourcentage agira comme un choc inflationniste immédiat pour les ménages américains.
De son côté, Douglas Holtz-Eakin, président de l’American Action Forum, exprime dans les colonnes du Wall Street Journal de sérieuses réserves sur la solidité juridique de cette riposte :
« L’utilisation de la Section 122 est une base fragile qui sera contestée dès lundi devant les tribunaux ». Pour cet expert, le pays risque de s’enfermer dans un cycle de litiges permanents qui paralyse l’investissement.
Des partenaires mondiaux sur le pied de guerre
L’onde de choc ne s’arrête pas aux frontières américaines. Le quotidien Les Echos souligne que le chancelier allemand Friedrich Merz a qualifié cette incertitude de « poison pour la croissance européenne ». À Paris, comme l’indique TF1 Info, l’Élysée prépare déjà une réponse proportionnée avec ses partenaires de l’Union européenne.
L’incertitude est également institutionnelle. Comme le rappelle Al Jazeera, si la loi de 1974 autorise une telle surtaxe, celle-ci est limitée à une durée de 150 jours sans un vote explicite du Congrès.
Cette contrainte temporelle place les marchés dans une attente fébrile avant le discours sur l’état de l’Union prévu demain soir. Alors que les douanes américaines appliquent ces nouveaux tarifs dès ce lundi, le commerce mondial bascule dans l’inconnu.
R. I.







