Alger, Algérie

mardi 21 juillet 2026 17:25

Saumure et mines : Deux chantiers stratégiques à accélérer

Saumure et mines : Deux chantiers stratégiques à accélérer

Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé hier 14 juillet 2026 une réunion du gouvernement consacrée à l’examen de plusieurs dossiers d’importance économique et stratégique. Selon un communiqué des services du Premier ministre, les travaux ont porté sur deux volets principaux : la valorisation du rejet salin issu des stations de dessalement d’eau de mer, et le suivi de l’avancement des grands projets miniers structurants du pays.

Sofiane Idiri

Correspondant

En ouverture de la réunion, le gouvernement a pris connaissance d’un exposé consacré au projet de valorisation de la solution saline, communément appelée saumure, générée par les stations de dessalement d’eau de mer implantées sur le littoral algérien.

Cette démarche s’inscrit dans le prolongement des orientations du président de la République visant à promouvoir l’économie circulaire à travers l’ensemble des filières industrielles nationales, en favorisant l’innovation technologique, la création de nouvelles chaînes de valeur et une gestion plus durable des ressources naturelles, souligne le communiqué.

L’objectif affiché par ce projet est double. D’une part, il s’agit de réduire l’impact environnemental des rejets de saumure, un sous-produit du processus de dessalement dont l’évacuation en mer soulève des préoccupations écologiques croissantes à mesure que le parc national de stations s’agrandit. D’autre part, le projet ambitionne de transformer cette contrainte en opportunité économique, en valorisant cette ressource par la production de sels destinés à plusieurs usages industriels.

Le communiqué précise que les travaux menés en concertation avec les secteurs et organismes concernés ont permis de dégager une filière technologique de valorisation. Ces travaux ont également abouti à la mise en place d’une station pilote au niveau de la station de dessalement de Corso, dans la wilaya de Boumerdès.

Cette installation expérimentale devrait permettre de tester à échelle réduite les procédés retenus avant une éventuelle généralisation à d’autres sites de dessalement du pays, alors que l’Algérie poursuit le renforcement de ses capacités de production d’eau dessalée pour répondre aux besoins croissants en eau potable et industrielle, notamment dans un contexte de stress hydrique persistant.

Cette initiative traduit une volonté affichée par les pouvoirs publics de ne plus considérer les sous-produits industriels comme de simples déchets à écouler, mais comme des gisements de valeur économique potentielle.

La production de sels industriels à partir de la saumure pourrait, à terme, réduire la dépendance de certaines filières aux importations, tout en limitant la pression exercée sur les écosystèmes marins par les rejets concentrés en sel. Elle pourrait également favoriser l’émergence d’activités industrielles innovantes, créatrices d’emplois qualifiés et génératrices de nouvelles opportunités d’investissement.

Suivi des grands projets miniers stratégiques

Dans un second temps, et dans le cadre du suivi continu qu’il assure sur les grands projets structurants du pays, le gouvernement a été destinataire d’un exposé détaillé sur l’état d’avancement de trois projets miniers stratégiques majeurs, considérés comme des piliers de la stratégie nationale de diversification économique hors hydrocarbures.

Le premier concerne le projet de développement de la mine de fer de Gara Djebilet, dans la wilaya de Tindouf, considéré comme l’un des plus importants gisements de fer au monde encore largement inexploités. Le deuxième porte sur le projet intégré de phosphate de Tébessa, dans l’est du pays, appelé à structurer toute une filière allant de l’extraction à la transformation industrielle.

Le troisième a trait au projet de développement de la mine de zinc et de plomb de Tala Hamza, également désignée sous le nom d’Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa. Ces projets mobilisent d’importants investissements publics et industriels et constituent des axes majeurs de la politique nationale de souveraineté économique et industrielle.

À cette occasion, le gouvernement a passé en revue les principales étapes franchies dans la mise en œuvre de ces trois projets. L’accent a notamment été mis sur la réalisation des installations et des équipements industriels nécessaires à l’exploitation de ces gisements, ainsi que sur les mesures prises pour garantir l’approvisionnement des sites en eau et en énergie, deux conditions préalables indispensables au démarrage et à la pérennité de toute activité minière d’envergure, en particulier dans des zones parfois isolées ou soumises à des contraintes climatiques sévères.

Le suivi régulier de ces trois projets par le gouvernement témoigne de l’importance stratégique accordée au secteur minier dans la feuille de route économique nationale.

Ces gisements, s’ils sont menés à terme selon les échéances fixées, devraient permettre à l’Algérie de réduire significativement ses importations de matières premières minérales, de créer des emplois dans des régions du pays où les opportunités économiques restent limitées, et de développer des filières industrielles connexes, notamment dans la sidérurgie pour le fer de Gara Djebilet, les engrais pour le phosphate de Tébessa, ou encore la métallurgie non ferreuse pour le zinc et le plomb d’Oued Amizour.

Cette réunion gouvernementale confirme ainsi la poursuite d’une double dynamique engagée par les autorités : d’un côté, l’intégration progressive des principes de l’économie circulaire dans des secteurs stratégiques comme l’eau, et de l’autre, la consolidation du suivi opérationnel des grands chantiers miniers censés porter la diversification de l’économie nationale dans les années à venir.

S. I.

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