Alger, Algérie

mercredi 22 juillet 2026 04:21

Des études prédisent une baisse de production de 10 à 30% à l’horizon 2030 : Les effets du changement climatique sur l’agriculture

Pression sur les ressources naturelles et fragilisation des systèmes de production : L’agriculture algérienne face à l’épreuve du climat

L’agriculture algérienne est confrontée à des défis croissants sous l’effet du changement climatique, qui accentue la pression sur les ressources naturelles et fragilise les systèmes de production. Dans une étude consacrée aux défis climatiques pour la production agricole en Algérie, la chercheuse Leila Ghafouri, de Université Badji Mokhtar d’Annaba, met en évidence l’ampleur des transformations climatiques et leurs conséquences directes sur la sécurité alimentaire du pays.

Eco Times

Correspondant

L’agriculture algérienne est confrontée à des défis croissants sous l’effet du changement climatique, qui accentue la pression sur les ressources naturelles et fragilise les systèmes de production. Dans une étude consacrée aux défis climatiques pour la production agricole en Algérie, la chercheuse Leila Ghafouri, de Université Badji Mokhtar d’Annaba, met en évidence l’ampleur des transformations climatiques et leurs conséquences directes sur la sécurité alimentaire du pays.

Synthèse Rédaction Economique

Selon cette étude, l’Algérie figure parmi les régions méditerranéennes particulièrement exposées aux effets du réchauffement climatique.

La hausse des températures, la diminution des précipitations et la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, notamment les sécheresses et les vagues de chaleur, affectent déjà la production agricole et la disponibilité des ressources en eau.

Des ressources naturelles sous pression

La configuration géographique du pays accentue cette vulnérabilité. L’espace agricole algérien se caractérise par une grande diversité de zones bioclimatiques, allant du climat méditerranéen au nord à un environnement aride et désertique au sud.

Dans les régions steppiques et semi-arides, les précipitations ont enregistré une baisse significative au cours des dernières décennies, accompagnée d’un allongement de la saison sèche. Cette évolution accélère les phénomènes d’érosion et de désertification, fragilisant davantage les terres agricoles.

Les données évoquées dans l’étude indiquent également que plusieurs millions d’hectares sont touchés par la dégradation des sols, tandis que les ressources en eau disponibles par habitant demeurent limitées, accentuant le stress hydrique qui pèse sur l’activité agricole.

Une production agricole de plus en plus instable

Ces transformations climatiques se traduisent par une instabilité croissante des rendements agricoles. Les cultures céréalières, particulièrement dépendantes des pluies, restent vulnérables aux

variations climatiques. Les projections climatiques évoquées dans l’étude indiquent qu’à long terme la production agricole pourrait connaître une baisse significative dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Dans certains scénarios, la réduction de la production pourrait atteindre des niveaux particulièrement élevés en Algérie, notamment pour les cultures céréalières et maraîchères.

Cette évolution risque d’affecter directement les revenus des agriculteurs, tout en exerçant une pression supplémentaire sur les prix des produits alimentaires et sur le pouvoir d’achat des ménages.

Face à ces défis, les pouvoirs publics ont engagé plusieurs initiatives visant à préserver les ressources naturelles et à renforcer la résilience du secteur agricole.

Parmi ces mesures figurent les programmes de lutte contre la désertification, la mobilisation de nouvelles ressources en eau et la mise en œuvre du Plan national climat.

Des politiques d’adaptation à renforcer

Toutefois, l’étude souligne que les politiques agricoles doivent encore évoluer pour intégrer pleinement les enjeux climatiques et privilégier des modèles de production plus durables.

L’agriculture familiale et l’agroécologie comme alternatives

Dans ce contexte, Leila Ghafouri insiste sur la nécessité de promouvoir des approches agricoles plus résilientes, notamment à travers le développement de l’agroécologie et la valorisation de l’agriculture familiale.

Ces exploitations, présentes dans les zones rurales, steppiques et oasiennes, jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement des marchés locaux et dans la sécurité alimentaire.

La diversification des cultures, l’utilisation de semences adaptées au stress hydrique et la gestion durable des ressources naturelles constituent autant de pistes pour réduire les risques liés au changement climatique.

Pour la chercheuse, l’adaptation de l’agriculture aux mutations climatiques nécessite une transformation progressive des pratiques agricoles et des politiques publiques.

L’objectif est de concilier augmentation de la production, protection des ressources naturelles et renforcement de la souveraineté alimentaire.

Dans un contexte marqué par la raréfaction de l’eau et la dégradation des terres, la transition vers des systèmes agricoles plus durables apparaît désormais comme une priorité stratégique pour l’avenir de l’agriculture algérienne.

R. E.

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