Ces dernières semaines, la flambée des tarifs — notamment ceux de la tomate — a suscité beaucoup d’interrogations chez les citoyens. L’exécutif n’a pas tardé à réagir.
Par K. Boukhalfa
En effet, c’est dans ce contexte tendu que deux membres du gouvernement ont pris les devants. Un communiqué du ministère de l’agriculture, du développement rural et de la pêche fait savoir que ce lundi 20 avril 2026, Yacine El Mahdi Oualid et Amel Abdellatif, ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché, ont coprésidé une rencontre nationale consacrée exclusivement à la filière tomate.
Autour de la table : des cadres des deux ministères, des producteurs et des transformateurs représentant 31 wilayas, ainsi que le président de la Chambre nationale d’agriculture.
Dans son intervention, le ministre de l’Agriculture a salué les progrès enregistrés ces dernières années en ce qui concerne la filière tomate. L’Algérie a réussi, selon lui, à s’affranchir des importations, notamment dans le segment de la tomate industrielle — un acquis majeur rendu possible grâce aux subventions étatiques et à l’accumulation progressive d’expertise par les producteurs locaux.
Pourtant, cette réussite reste fragile. La volatilité des prix à la consommation en est la preuve la plus criante. Pour la ministre du Commerce, la tomate est une filière « stratégique » qui exige un encadrement rigoureux : régulation du marché national, optimisation des circuits de distribution et, surtout, lutte contre les pratiques illégales susceptibles de perturber l’approvisionnement et de faire grimper les prix.
La séance de travail a eu le mérite de la franchise. Producteurs et transformateurs ont exposé sans détour les contraintes qui plombent leur activité : accès difficile au foncier agricole, problèmes d’irrigation, financement insuffisant, déficit en main‑d’œuvre, impact des changements climatiques, complexité des procédures d’importation des intrants, ou encore les difficultés liées à la commercialisation et à la transformation. Un tableau qui dessine les contours d’un secteur sous pression structurelle, malgré les efforts consentis.
D’ailleurs, des propositions concrètes ont été formulées à l’issue de ces échanges, ouvrant la voie à un dialogue sectoriel que les deux ministères semblent décidés à poursuivre.
En réponse à ces préoccupations, le ministre de l’Agriculture a annoncé un ensemble de mesures opérationnelles, fruit d’un travail interministériel coordonné. Sur le plan réglementaire, un nouveau décret exécutif est en cours d’élaboration pour simplifier l’obtention de la carte de l’agriculteur, avec pour objectif d’élargir le vivier des investisseurs agricoles et de stimuler l’initiative privée dans le secteur.
Sur le plan organisationnel, l’État entend encourager le regroupement des professionnels de la filière au sein de coopératives agricoles, de manière à renforcer leur capacité à commercialiser leurs produits, aussi bien sur le marché local qu’à l’export.
Parallèlement, une initiative de souveraineté semencière sera lancée pour produire localement des semences hybrides, réduisant ainsi la dépendance aux importations et, par conséquent, les coûts de production supportés par les agriculteurs.
Sur le plan financier, des mécanismes de financement et d’assurance mieux adaptés aux spécificités de la filière seront mis en place, afin de protéger les producteurs contre les aléas climatiques et les chocs économiques.
Enfin, l’Agence nationale de promotion de l’investissement sera mobilisée pour créer, à travers le territoire national, des zones industrielles dédiées à la transformation des produits agricoles — un levier essentiel pour valoriser davantage la production locale et limiter les pertes post‑récolte.
K . B.







