Alger, Algérie

mardi 21 juillet 2026 18:47

Fabrication de pièces détachées : L’émergence de la sous-traitance automobile algérienne

Anticipant l’entrée en production des usines de montage automobile, particulièrement de Chery, de Hyundai, la montée en cadence de l’usine Fiat d’Oran et la nécessité pour ces installations industrielles de passer du mode SKD au CKD, avec une plus grande intégration et la fabrication de certains équipements et pièces de rechange pour ces véhicules localement, plusieurs usines de pièces détachées ont été mises en service ces dernières années ou sont en cours de réalisation. Elles seront prêtes dans un an ou deux ans.

Khaled Remouche

Correspondant

Pour le système de freinage, trois sociétés privées au moins fabriquent les plaquettes de freins. Il s’agit d’Ikam, de Briks et de la Fonderie Euromoteur. Cette dernière, présente à la foire internationale d’Alger, dispose d’une usine de plaquettes de freins pour véhicules légers et d’autres éléments du système de freinage pour les véhicules lourds dans une seconde usine, une fonderie : fabrication de tambours, de balanciers remorque, disques de freins, moyeux de roues.

Les deux usines sont implantées à Magra. Une extension de ces installations est prévue. Elle sera réceptionnée en juin prochain. Le Directeur général de cette entreprise, M’barek Farouk, contacté lors de la FIA, appelle à la levée de contraintes administratives qui risquent de pénaliser son entreprise et de freiner son essor.

Pour la fabrication de pneus, outre Iris présent dans cette activité depuis quelques années, trois projets de fabrication de pneus sont en cours de réalisation à Oran, Aïn M’lila et Touggourt. La capacité totale de ces 4 usines est estimée à 20 millions de pneus par an pour véhicules légers et lourds, dont une partie est destinée à l’exportation. On recense également 15 fabricants de batteries.

Quant au constructeur Fiat, grâce à l’usine d’Oran, il est le plus avancé dans la mise en place d’un écosystème intégré permettant dès 2026-2027 de produire des véhicules Fiat (la Fiat Doblò et la Fiat Panda) avec un taux d’intégration d’au moins 30 %.

L’usine compte déjà une dizaine de sous-traitants : Sarel pour les pièces en plastique, Martur pour les sièges, Sitel pour les faisceaux électriques, Iris Tyre pour les pneus, Fabcom pour les batteries, ABG pour les pare-brise, Fompleks pour les isolants acoustiques, Eurl Boks pour l’emboutissage et la carrosserie, Oulad Kouidr Industrie pour les radiateurs.

L’implication de cet avant-dernier sous-traitant dans cet écosystème constitue un jalon important dans le processus d’intégration des véhicules montés à l’usine d’Oran.

Fiat Algérie compte également une dizaine d’autres sous-traitants pour le réseau après-vente. Deux projets structurants de Tosyali Algérie et d’Eurl Boks vont accroître de façon sensible le taux d’intégration des véhicules montés en Algérie.

Mais le projet le plus structurant et celui qui accroît de façon significative le taux d’intégration des véhicules montés en Algérie est bel et bien la section laminée à froid de l’usine d’acier plat faisant partie du complexe sidérurgique de Tosyali Algérie à Oran.

Après les laminés à chaud en 2024, la seconde section entrera en service au second semestre 2026. Cette installation industrielle fournira les tôles en acier plat destinées aux usines de montage de véhicules en Algérie. Ce qui permettra de réaliser la partie emboutissage et carrosserie du véhicule localement.

Le verre, plusieurs éléments en plastique et caoutchouc, les sièges, les faisceaux électriques, les soupapes, les batteries et même la partie électronique, les feux et les pare-chocs peuvent être fabriqués localement à la faveur de la mise en service de nouvelles usines dédiées aux pièces détachées.

Sans compter les équipementiers des constructeurs engagés en Algérie qui pourraient s’impliquer en Algérie dans la fabrication des équipements pour véhicules de ces constructeurs montés dans notre pays.

Cerise sur le gâteau, si le complexe de polypropylène entre en service rapidement, il est certain que d’autres sous-traitants vont produire des pièces ou équipements automobiles en polypropylène. Ce qui permettra d’accroître le taux d’intégration du véhicule monté en Algérie.

Ainsi, la filière pièces détachées, à ce rythme et avec le soutien de l’État, pourrait contribuer à atteindre le taux de 40 à 50 pour cent d’intégration dans les véhicules montés en Algérie à moyen terme, soit un seuil au-delà de ce qui est demandé sur le cahier des charges, mais qui n’est pas impossible à atteindre.

K. R.

Lire le journal

Lisez l’édition du jour en ligne facilement.

Newsletter Sous-traitance

Recevez chaque matin l’essentiel de l’actualité du domaine.