Les services en charge de ce dossier ont, en effet, un délai d’un mois pour la concrétisation de cette opération qualifiée de stratégique. La fixation de cet ultimatum de la part du chef de l’État réaffirme sa volonté d’accélérer le chantier de la numérisation, et notamment d’en finir avec la gestion approximative, dont les chiffres sont souvent « erronés ».
Cette directive a été donnée, rappelle‑t‑on, lors d’une réunion du Conseil des ministres tenue dimanche à Alger. Elle s’inscrit dans le cadre de l’attachement du président Tebboune à l’accélération de la mise en œuvre du processus de numérisation et à la concrétisation de l’intégration entre les différentes institutions de l’État.
Ainsi, cette mesure traduit une volonté politique claire de passer à un nouveau mode de gouvernance basé sur le numérique, où seuls les chiffres parlent. L’Algérie est, en effet, en passe de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de numérisation, en passant de la dématérialisation des documents à celle de l’intégration des systèmes d’information et de la gouvernance unifiée des données publiques.
En fixant un calendrier resserré, le président de la République confirme que le Centre national des données n’est plus un simple projet d’infrastructure technologique, mais qu’il devient le cœur du système d’information de l’État.
«Sa pleine exploitation permettra de mutualiser les ressources numériques, de sécuriser les données stratégiques de la Nation et de favoriser leur circulation entre les différentes administrations dans un cadre réglementaire garantissant leur protection, leur qualité et leur traçabilité», a indiqué l’expert en économie, Abderahmane Hadef.
Pour lui, cette orientation acte ainsi le passage d’un modèle administratif organisé en silos numériques, où chaque institution développe et exploite ses propres systèmes de manière isolée, vers un modèle de gouvernance numérique intégrée, fondé sur l’interconnexion et l’interopérabilité des systèmes d’information sectoriels.
«L’interopérabilité constitue aujourd’hui l’un des fondements des administrations les plus performantes au monde. Elle permet à chaque institution d’échanger automatiquement des informations fiables, sécurisées et actualisées, réduisant les redondances, limitant les coûts administratifs et améliorant la cohérence de l’action publique. Cette logique transforme progressivement l’administration en un réseau collaboratif où la donnée circule de manière fluide, au bénéfice de l’ensemble des acteurs publics», a précisé Hadef dans une contribution postée en ligne sur son compte de réseau social.
350 services numériques à l’horizon 2028
Actuellement, le portail national des services numériques (Dzair Digital Services) propose 21 services numériques, un nombre qui devrait atteindre 62 services d’ici la fin de l’année 2027, avant de s’élever à 350 services numériques à l’horizon 2028, selon les précisions de la ministre, Haut‑commissaire à la numérisation, Meriem Benmouloud.
Cette démarche progressive s’inscrit dans le cadre de la généralisation de la numérisation complète de l’ensemble des procédures administratives et de l’objectif « zéro papier », grâce à l’interopérabilité entre les administrations permettant l’échange automatisé des données.
Lors d’une visite de travail et d’inspection dans la wilaya d’Alger, à l’occasion de la fête de l’indépendance, le président Tebboune avait déclaré, en marge de l’inauguration du Data Center, que l’Algérie était effectivement entrée dans l’ère de la numérisation et que celle‑ci devait s’accompagner d’un système statistique d’une très grande précision, à même de fournir les indicateurs économiques nécessaires à la prise de décision et d’écarter définitivement toute donnée approximative. Il avait précisé que la numérisation « doit être accompagnée d’un système statistique d’une très grande précision », car « sans statistiques, nous ne pouvons pas aller loin ».
Il a insisté sur l’impératif de disposer des différentes données économiques, notamment celles relatives à la consommation, aux importations et à la production, lesquelles doivent reposer sur des chiffres exacts et non sur des données approximatives.
Start-up : poursuivre la dynamique positive
Par ailleurs, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné, lors de cette réunion du Conseil des ministres, de poursuivre l’appui à la dynamique positive enregistrée dans le domaine des start‑up et de consolider les acquis réalisés ces dernières années. Il a également insisté sur la nécessité d’associer davantage le secteur privé au financement des projets innovants, notamment dans les domaines les plus porteurs et les plus demandés.
S’agissant de l’exposé consacré au développement de l’écosystème des start‑up, le chef de l’État a souligné que le modèle algérien de création et d’accompagnement des jeunes entreprises innovantes « suscite aujourd’hui un intérêt africain et international, en ce qu’il génère une dynamique économique et préserve la souveraineté effective de notre jeunesse et de ses entreprises ».
À cette occasion, le président de la République a salué « toutes les initiatives conduites par l’Algérie dans le domaine des start-up, qui ont permis à l’expérience algérienne de s’imposer comme un modèle pionnier et crédible, suscitant un intérêt croissant de la part des pays africains ».
Ces orientations s’inscrivent dans la stratégie nationale visant à faire de l’innovation et de l’entrepreneuriat des leviers de diversification économique. L’Algérie ambitionne ainsi de porter le nombre de start‑up à 20 000 d’ici à 2029, en renforçant les mécanismes de financement, l’accompagnement des porteurs de projets, les incubateurs, les accélérateurs et les dispositifs favorisant l’innovation, tout en encourageant une implication accrue des investisseurs privés dans le développement de cet écosystème.
H. O.





