Mohamed Sayoud, Vice Président de la AHK ( Chambre Algero- Allemande de l’industrie et du commerce), expert consultant international en investissement : «Ensemble, nous construisons des passerelles durables»
Les réactions et analyses se poursuivent après la visite officielle du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en Allemagne. Parmi elles, celle de l’Algéro-Allemand Mohamed Sayoud, vice-président de la Chambre algéro-allemande de l’industrie et du commerce (AHK) et expert consultant international en investissement industriel.
Dans une déclaration accordée à Eco Times, il revient sur les perspectives ouvertes par cette visite et expose sa vision d’un partenariat économique fondé sur l’innovation, le transfert de technologies et la coopération à long terme.
Présent à Berlin dans le cadre d’un forum organisé par la Chambre allemande de l’industrie et du commerce (DIHK), Mohamed Sayoud a pris part aux échanges consacrés au renforcement des relations économiques entre les deux pays. « J’ai eu l’immense plaisir, en tant que vice-président de l’AHK, de participer à un événement d’une grande importance consacré au renforcement de la coopération économique entre l’Algérie et l’Allemagne », a-t-il déclaré à Eco Times.
Selon lui, cette rencontre a été marquée par la présentation de plusieurs contrats et protocoles d’accord destinés à développer des partenariats stratégiques dans des secteurs porteurs.
Il a également présenté les atouts de l’Algérie auprès des investisseurs allemands, estimant que ce forum a permis de renforcer les liens entre les acteurs économiques et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération. « Ensemble, nous construisons des passerelles durables entre l’Algérie et l’Allemagne », résume-t-il.
Un climat de confiance favorable à l’investissement
Pour Mohamed Sayoud, l’annonce de près de 500 millions d’euros d’investissements allemands constitue un signal fort. « C’est un signal très encourageant pour le développement économique de l’Algérie. Il témoigne de la confiance accordée au potentiel économique du pays », affirme-t-il.
Cette dynamique intervient alors que la coopération énergétique entre Alger et Berlin connaît une accélération, illustrée notamment par la première livraison directe de gaz naturel liquéfié algérien au terminal de Wilhelmshaven et par les nombreux accords économiques annoncés dans les domaines de l’énergie, des mines, de la pharmacie et des technologies.
L’expert estime toutefois que cette coopération doit dépasser les secteurs traditionnels pour englober la formation, l’agriculture, l’agroalimentaire, la digitalisation, les infrastructures, le tourisme et les énergies renouvelables.
Selon lui, l’implantation de nouvelles entreprises allemandes favoriserait le transfert de technologies, la création d’emplois qualifiés et le renforcement de la compétitivité de l’économie nationale. Si ces investissements s’inscrivent dans la durée, ils contribueront à la diversification de l’économie et au renforcement d’un partenariat gagnant-gagnant entre les deux pays.
L’industrie automobile parmi les priorités
Mohamed Sayoud voit également dans cette visite une opportunité de développer des partenariats industriels dans le secteur automobile. Il rappelle que la marque Opel appartient désormais au groupe Stellantis et estime que l’Algérie pourrait engager des discussions autour de projets industriels intégrant un véritable transfert de technologies.
L’objectif, précise-t-il, ne serait pas de limiter l’activité à l’assemblage de véhicules, mais de construire une véritable industrie automobile nationale grâce au développement de la sous-traitance, à la fabrication progressive de composants, à la formation des ingénieurs et techniciens ainsi qu’à la création de centres de recherche et de développement.
Une telle stratégie permettrait de renforcer la souveraineté industrielle du pays et de faire de l’Algérie une plateforme de production tournée vers les marchés africains et méditerranéens.
Une vision pour l’avenir
Au-delà des investissements immédiats, Mohamed Sayoud développe une vision prospective articulée autour de plusieurs propositions. La première consiste à créer un corridor « Énergie-Intelligence artificielle-Calcul haute performance », où le gaz naturel algérien alimenterait des infrastructures numériques de nouvelle génération afin de produire localement de la puissance de calcul.
Il propose ensuite la création d’un « Sahara Digital AI Valley », vaste pôle technologique regroupant centres de données, intelligence artificielle, cybersécurité, semi-conducteurs, robotique, production solaire et hydrogène vert, avec l’ambition de faire du Sahara un centre technologique de référence en Afrique.
Le troisième axe porte sur la création d’un fonds algéro-allemand consacré aux technologies du futur, notamment l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, la robotique, les biotechnologies et les technologies spatiales.
Mohamed Sayoud propose également un programme de formation de 100 000 ingénieurs algériens en intelligence artificielle, reposant sur des doubles diplômes, des stages en Allemagne et un retour des compétences vers l’Algérie afin de renforcer le capital humain national.
S. I.





