La Russie de Poutine, trouve, en ce moment en la Hongrie, un « allié » objectif au sein même de l’UE dont le pays d’Orban est…membre. Ainsi, les pays de l’UE hostile au chef du Kremlin s’en trouvent d’autant plus freinés et amoindris dans leur soutien à l’Ukraine, que la Russie en est encore à profiter de la démarche « conciliante » de Donald Trump à son égard, depuis le début de son second mandat.
Par Rédaction internationale
En effet, la Hongrie a réitéré, hier lundi, sa détermination à bloquer un nouveau train de sanctions de l’Union européenne contre la Russie et un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, rapporte l’agence Reuters.
Une décision qui s’explique selon la Hongrie par le refus de Kiev de rouvrir l’oléoduc de Droujba, qui approvisionnait la Hongrie et la Slovaquie en pétrole russe. Le pipeline avait été mis hors service le mois dernier à la suite d’une attaque de l’armée russe contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes.
Le chef de la diplomatie hongroise, Peter Szijjártó, a déclaré hier à son arrivée à Bruxelles pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE que Budapest ne lèverait son veto au 20e train de sanctions contre la Russie et au prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine que si le pétrole recommence à couler.
« Nous ne haïssons pas l’Ukraine (…) mais l’État ukrainien se comporte de manière hostile envers la Hongrie », a-t-il affirmé. « La balle est dans le camp de l’Ukraine. »
Dans une lettre adressée au président du Conseil européen, Antonio Costa, que Reuters a pu consulter, le Premier ministre hongrois Viktor Orban qualifie la fermeture de Droujba d’« acte d’hostilité non provoqué qui compromet la sécurité énergétique de la Hongrie ».
Viktor Orban, qui a maintenu des relations chaleureuses avec la Russie, a fait du conflit entre Moscou et Kyiv un élément central de sa campagne en vue des élections du 12 avril. Il présente le vote comme un choix radical entre « la guerre ou la paix » et affirme que ses rivaux, donnés en tête par les sondages d’intention de vote, entraîneraient la Hongrie dans le conflit.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a reconnu que les Vingt-Sept ne parviendraient sans doute pas à un accord lundi, comme ils l’espéraient pour envoyer un message à la fois à Moscou et à Kyiv à la veille du quatrième anniversaire de la guerre.
Les autres ministres des Affaires étrangères ont fait part de leur agacement face au blocage hongrois.
« Je ne crois pas qu’il soit juste que la Hongrie trahisse sa propre lutte pour la liberté et la souveraineté européenne », a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul.
« C’est pourquoi nous allons une nouvelle fois présenter nos arguments aux Hongrois à Budapest, mais aussi ici à Bruxelles, et leur demander de reconsidérer leur position », a-t-il ajouté.
Son homologue polonais, Radoslaw Sikorski, s’est également montré très critique envers Budapest. « Je m’attendais à un sentiment de solidarité beaucoup plus fort de la part de la Hongrie envers l’Ukraine », a-t-il dit à son arrivée à Bruxelles, en rappelant que Budapest avait elle aussi subi l’invasion de l’armée soviétique en 1956.
R. I.







