C’est en effet une nouvelle infrastructure de base qui contribuera à l’accélération de la transformation numérique du pays, laquelle est au centre du plan d’action du gouvernement, et surtout à garantir la sécurité numérique du pays. Cette dernière devient plus qu’une nécessité pour l’Algérie, qui ambitionne de révolutionner et de moderniser son mode de gestion et de gouvernance.
Le Centre national algérien des services numériques constitue la première infrastructure numérique souveraine en son genre en Algérie. Il s’agit d’une réalisation stratégique traduisant l’engagement de l’État à renforcer sa souveraineté numérique et à se doter d’une infrastructure numérique moderne et sécurisée.
Ce projet constitue également un pilier fondamental pour l’hébergement des données sur le territoire national, la garantie de la continuité des services numériques et l’interopérabilité entre les différents secteurs, à même de consolider la transformation numérique et d’améliorer l’efficacité du service public, au bénéfice du citoyen.
Conçu selon les dernières normes internationales en vigueur en matière de construction, de sécurité et d’exploitation des données, ce centre est composé de deux centres de données nationaux implantés dans les wilayas d’Alger et de Blida.
Il fonctionne selon un mode opératoire qui assure la continuité ininterrompue des services numériques, avec un taux de disponibilité atteignant 99,98 %, une synchronisation instantanée des données et une résilience face aux pannes. Le Centre est également chargé de la gestion des incidents et des anomalies techniques, tout en mettant en œuvre les interventions correctives, curatives et préventives nécessaires.
Instaurer une gouvernance numérique moderne
Ce projet d’envergure nationale vient, en effet, concrétiser les directives du président de la République visant à instaurer une gouvernance numérique moderne et à lutter efficacement contre la bureaucratie, tout en assurant la transparence et une égalité d’accès aux services publics pour l’ensemble des citoyens.
Le véritable cœur technologique de ce projet réside dans son système d’information intégré et sa base de données nationale. Il est à rappeler que le chef de l’État avait déclaré que, d’ici à la fin de l’année 2026, la numérisation sera effective dans tous les domaines. Une démarche qui permettra à l’État d’engager des réformes profondes, notamment en ce qui concerne la révision des subventions.
« Avec la numérisation, nous connaîtrons le revenu de chaque citoyen et pourrons cibler précisément ceux qui en ont le plus besoin », avait déclaré le président Tebboune lors d’une rencontre périodique avec les représentants de la presse nationale.
Par ailleurs, et en marge de l’inauguration du Centre national algérien des services numériques, la Haut-commissaire à la numérisation, Meriem Benmouloud, a souligné que cette infrastructure constitue « une étape gigantesque » dans la concrétisation des engagements du président de la République en faveur de l’accélération de la transformation numérique, du renforcement de la souveraineté numérique et du développement économique et social du pays.
Elle a précisé, dans une déclaration à la presse, que l’une des principales missions de ces centres est d’héberger le cloud souverain de l’État, destiné, dans une première phase, aux ministères et aux organismes publics. Cette plateforme mettra à leur disposition des capacités mutualisées de calcul, de stockage, de réseaux, de bases de données et d’hébergement d’applications, afin d’accélérer leur transformation numérique.
Selon elle, cette mutualisation permettra de rationaliser les investissements publics en évitant que chaque administration développe ses propres infrastructures informatiques, générant ainsi des économies substantielles pour le Trésor public.
Abordant la question de la cybersécurité, Mme Benmouloud a affirmé que celle-ci constitue un pilier fondamental de la stratégie nationale de transformation numérique, assurant que les nouveaux centres de données ont été conçus conformément aux normes internationales les plus exigeantes en matière de sécurité informatique et qu’ils contribuent directement au renforcement de la souveraineté numérique du pays en hébergeant les données et les applications de l’État sur le territoire national.
Elle a également souligné que ce dispositif est développé en coordination avec les services compétents de la Défense nationale ainsi qu’avec l’Agence de sécurité des systèmes d’information.
Lancement officiel de la plateforme « Algeria Digital Services »
Évoquant le lancement officiel de la plateforme nationale des services publics numériques « Algeria Digital Services », la Haut-commissaire a expliqué qu’il s’agit de la première plateforme nationale centralisée permettant aux citoyens d’accéder, à partir d’un portail unique et sécurisé, à plusieurs services administratifs. Cette plateforme est hébergée au sein du Centre national des services numériques et s’appuie sur l’identité numérique, développée en coordination avec le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire.
Cette identité numérique permettra aux citoyens de disposer d’un accès unique à l’ensemble des services disponibles, tout en garantissant une authentification fiable et sécurisée.
Mme Benmouloud a expliqué que ce portail s’appuie également sur les infrastructures numériques nationales déjà mises en place, notamment les centres de données et le réseau souverain reliant les différents départements ministériels et de nombreux organismes publics, facilitant ainsi l’interopérabilité et les échanges de données entre les administrations.
Concernant le déploiement des services, elle a indiqué que la première phase comprend 21 services numériques couvrant six secteurs (l’Intérieur, le Travail, la Solidarité nationale, l’Éducation, l’Enseignement supérieur, ainsi que l’Énergie et les Énergies renouvelables). Une deuxième, puis une troisième et une quatrième vagues de services seront progressivement lancées au cours des prochains mois, ajoute l’intervenante.
L’objectif est de porter le nombre de services numériques gouvernementaux à 62 d’ici la fin de l’année 2026, avant d’atteindre 350 services à l’horizon 2028.
Enfin, la Haut-commissaire a estimé que l’ensemble de ces réalisations constitue le socle technique indispensable à l’édification d’une administration moderne et d’un État numérique pleinement souverain.
H. O.





