La production algérienne de pétrole brut s’approche de la barre d’1 million de barils/jour avec l’augmentation du quota de l’Algérie décidé par l’OPEP+ le 4 avril dernier. L’augmentation des prix du baril de pétrole Brent, se maintenant au‑dessus de la barre des 100 dollars depuis mars pourrait durer quelques semaines voire plusieurs mois selon plusieurs spécialistes pétroliers.
Par Khaled Remouche
Premier impact positif de la décision de l’OPEP+ d’augmenter sa production de 260.000 barils/jour. Elle permettra à l’Algérie qui augmente de 6000 barils/jour d’engranger en avril et mai des gains substantiels en raison de deux facteurs qui déterminent le montant des recettes en devises tirées des exportations d’hydrocarbures à savoir le volume et le prix.
Grâce aux deux décisions de l’OPEP d’augmenter la production de 260.000 barils/jour le premier mars et le 4 avril derniers, l’Algérie se voit attribuer une quantité supplémentaire de 12.000 barils/jour, 6000 barils/jour en mars et 6000 barils/jour en avril. Son quota de 977.000 barils/jour de pétrole brut en mars passe à 983.000 barils/jour en avril.
Pour les prix, le baril de Mer du Nord s’est maintenu au‑dessus de la barre des 100 dollars en moyenne au cours du mois de mars et ce début d’avril. Les livraisons sont prévues pour mai prochain pour les contrats conclus en ce mois d’avril. Ceux contractés en mars le sont pour le mois d’avril.
Dans cette équation qui arrange l’économie algérienne, il convient de signaler, en effet, qu’hier le baril de Mer du Nord a ouvert sur le marché londonien à 111,10 dollars puis a chuté à 108,50 dollars à 14 h 50 GMT. Il avait clôturé vendredi dernier à 110,80 dollars.
À noter que le brut algérien le Sahara Blend qui a comme référence en termes de prix le baril Brent qui est une référence mondiale est l’un des plus chers au monde. Il bénéficie d’une prime de quelques dollars par baril. Cela se chiffre quand il s’agit d’un volume de production de près d’1 million de barils/jour.
Le gain en devises s’apprécie, sachant qu’avant le conflit au Moyen‑Orient les prix du baril se situaient autour de 70 dollars.
Le gain est minimum de 30 dollars par baril de pétrole brut quotidiennement
Le gain est au minimum de 30 dollars par baril quotidien à croiser avec le volume de pétrole brut exporté, soit plus de 40 % de hausse. L’Algérie n’exporte pas uniquement le pétrole brut. Elle exporte également les liquides : le condensat, le GPL et les produits raffinés.
Ces produits suivent les tendances de prix du pétrole brut. Cette flambée des prix pourrait persister. L’OPEP+ a averti : « les réparations énergétiques endommagées par la guerre en Iran (qui ont touché notamment le Koweït, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite et l’Iran) sont coûteuses et prendront du temps ».
Il faut savoir que suite à la fermeture du Détroit d’Ormuz et des conséquences du conflit, les pays du Golfe ont baissé leur production de pétrole de 10 millions de barils/jour. Nous voyons que cette augmentation de la production de l’OPEP pour compenser ces flux ne remplacera que très partiellement ces baisses de production.
Le quotidien Les Échos estime, lui, que la baisse de production du pétrole des pays du Golfe est de 43 % : Bahreïn (-100 %), Koweït (-66 %), Émirats Arabes Unis (-66 %), Iran (-17 %), Irak (-76 %), Arabie Saoudite (-26 %).
Le blocage du Détroit d’Ormuz où transite 20 % de l’offre pétrolière mondiale et les dommages causés aux installations pétrolières de ces pays du Golfe ont créé ce déséquilibre entre l’offre et la demande mondiale de pétrole et donc la flambée des prix du pétrole.
Les marchés hésitent entre les déclarations soufflant le chaud et le froid du Président Trump : ton optimiste quant à la conclusion d’un accord de paix avec l’Iran et les menaces, la dernière de déclencher l’enfer en Iran si ce pays ne décide pas d’ouvrir aujourd’hui le Détroit d’Ormuz et de signer un accord de cessation des hostilités. La fin de l’ultimatum fixé par Donald Trump est ce mercredi à minuit.
La conviction est qu’en cas d’escalade intensive des belligérants – offensive terrestre américaine, frappes intenses US contre les installations énergétiques et les ponts de l’Iran, fortes ripostes de l’Iran – les prix pourraient atteindre 150 dollars le baril et selon les spéculations d’experts 200 à 250 dollars le baril.
Même en cas de paix, il faudra, selon des experts, quatre semaines voire plusieurs mois, un an pour que les flux de pétrole se normalisent et que les chaînes d’approvisionnement mondiales en pétrole retrouvent leur fluidité.
K. R.







