L’Algérie présente des atouts importants lui permettant de placer des quantités massives d’hydrogène vert sur le marché européen.
Une étude publiée par la revue scientifique Applied Energy, menée conjointement par des chercheurs de l’Unité de recherche appliquée en énergies renouvelables (URAER/CDER) et de l’Université de Trente en Italie, le confirme : « L’Algérie est bien placée pour participer à l’émergence d’une économie de l’hydrogène à faibles émissions. Forte de ses ressources solaires exceptionnelles et de vastes superficies constructibles, elle se positionne comme un candidat stratégique pour la production d’hydrogène vert à grande échelle, comme l’ont démontré des évaluations à haute résolution sur l’adéquation et les performances des installations photovoltaïques du pays.»
Cette conviction est d’autant plus forte, lit-on dans le document affichant les conclusions de l’étude, que les perspectives de l’Algérie sont renforcées par un signal clair de la demande extérieure en provenance d’Europe. Comme argument massue, le plan REPowerEU de l’Union européenne fixe un objectif indicatif de 10 millions de tonnes par an d’hydrogène vert importées d’ici 2030.
L’étude indique également que la Banque européenne de l’hydrogène a été créée pour soutenir un déploiement à grande échelle de cette filière. Autre atout souligné par le document : l’Algérie a entamé la formalisation de sa gouvernance de l’hydrogène vert et de sa coopération internationale.
La stratégie de développement de l’hydrogène vert a été publiée par la Commission énergies renouvelables et efficacité énergétique du CEREFE en février 2024. De plus, l’Algérie et l’Allemagne ont mis en place un groupe de travail bilatéral sur l’hydrogène vert ainsi qu’une usine pilote de production.
En parallèle, le programme Taqathy+, cofinancé par l’Allemagne et l’UE, est destiné à accélérer le déploiement des énergies renouvelables (ENR) et à développer la chaîne de valeur de l’hydrogène vert.
L’étude affiche également l’un des résultats clés de cette recherche : la présence en Algérie de zones de production potentielles d’hydrogène vert compétitif, dont le coût varie entre 4,6 et 5,2 euros le kilogramme. Comme avantage par rapport aux autres types d’hydrogène (gris ou bleu), l’hydrogène vert peut permettre de réduire la consommation de gaz naturel dans les zones de production les plus élevées.
Enfin, l’étude souligne les avantages du photovoltaïque et de l’hydrogène vert : le développement du photovoltaïque favorise la décarbonation rapide du secteur énergétique, tandis que l’électrification des usages finaux difficiles à réduire peut être traitée grâce à l’hydrogène vert (par exemple pour la production d’ammoniac et de carburants de synthèse pour l’aviation et le transport maritime).
De ce fait, les énergies renouvelables deviennent incontournables, non seulement dans cette perspective d’exportation, mais aussi pour contenir la croissance importante de la consommation domestique de gaz.
Les énergies renouvelables incontournables dans le mix énergétique national d’ici à 2035
En effet, dans son dernier rapport sur la consommation domestique de gaz d’ici à 2035, la CREG émet des projections sur le développement des énergies renouvelables pour maîtriser la hausse très importante de la consommation nationale durant cette période.
Cette évolution de la capacité de production des ENR, combinée à la mise en œuvre d’un programme ambitieux d’efficacité énergétique, devient incontournable. Cet objectif fait partie de la stratégie à moyen et long termes du secteur de l’énergie et des plans de développement de Sonelgaz.
Dans son rapport intitulé Programme indicatif d’approvisionnement en gaz d’ici à 2035, la CREG fonde ses projections particulièrement sur les programmes du secteur et les plans de développement de Sonatrach et de Sonelgaz.
Avec une capacité projetée de 15 000 MW en 2035, les énergies renouvelables représenteront à cette échéance 30 % du mix énergétique national. Plus récemment, les pouvoirs publics ont placé la barre encore plus haut : atteindre une capacité de production de 65 gigawatts (soit 65 000 MW) d’énergie renouvelable entre 2027 et 2040.
Cet objectif repose sur des mégaprojets transméditerranéens tels que Medlink et SoutH2 Corridor, des interconnexions devant relier l’Algérie à l’Europe pour alimenter le vieux continent en électricité verte et en hydrogène vert.
Khaled Remouche





