L’Algérie intensifie ses efforts pour le développement des collectivités locales en valorisant les potentialités de chaque région. D’importants projets ont été lancés par les pouvoirs publics depuis 2020, ayant contribué au désenclavement de plusieurs localités à travers le pays et surtout à instaurer une nouvelle dynamique économique.
Par Akrem R.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le lancement officiel du programme d’Appui au développement local intégré « ADIL », cofinancé par l’Union européenne, les Pays-Bas et l’Algérie, avec un montant global de 21,8 millions d’euros, ciblant douze communes pilotes réparties sur les wilayas de Biskra, Tébessa, Tiaret et Mostaganem.
En effet, ce programme vise à promouvoir la gouvernance locale et le développement régional durable. Un aspect auquel le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, accorde une grande importance. D’ailleurs, depuis son arrivée au Palais d’El Mouradia, il n’a cessé d’appeler à l’amélioration de la gouvernance locale et à l’orientation des ressources financières vers des projets bénéfiques.
Pour le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, ce programme « ADIL » s’inscrit dans la continuité du vaste chantier de réformes lancé depuis la révision constitutionnelle de 2020.
L’objectif est double : moderniser la gouvernance locale et transformer les communes en véritables pôles de croissance, capables de générer des richesses et de créer des emplois durables. En d’autres termes, les pouvoirs publics ambitionnent de transformer les communes en acteurs économiques à part entière.
La modernisation des outils de gestion locale, la promotion de la démocratie participative et la transparence dans l’utilisation des fonds doivent favoriser la confiance des citoyens et attirer davantage d’investissements.
Une nouvelle ère de développement
Dans son allocution à l’ouverture de cette conférence placée sous le thème : «Pour un développement durable et une gouvernance intégrée», qui s’est déroulée en présence de membres du Gouvernement, de walis, des représentants de la mission de l’Union européenne (UE) en Algérie et de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas, d’experts et de représentants des collectivités locales et de la société civile, le ministre a affirmé que l’Algérie vit aujourd’hui une nouvelle phase de développement, dont les résultats positifs apparaissent clairement à travers les grands projets et les programmes intensifs menés dans plusieurs domaines.
«L’Algérie vit aujourd’hui, dans toutes ses régions, une nouvelle étape de développement, où les résultats positifs des grands projets et des programmes intensifs dans les domaines du logement, des infrastructures, de la santé, de l’éducation ainsi que de la protection sociale apparaissent de manière évidente, avec un effort continu d’évaluation de leurs impacts afin d’améliorer le cadre de vie du citoyen dans toutes les régions du pays», a-t-il souligné.
Sayoud a également ajouté que l’Algérie «connaît aujourd’hui des indicateurs économiques prometteurs et des transformations positives et concrètes, perceptibles par tous, grâce au programme du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui conduit le pays avec fermeté et constance dans une dynamique soutenue de développement. Celle-ci repose essentiellement sur la réalisation d’un développement économique et social intégré et durable au niveau local, faisant du citoyen un acteur central».
À cette occasion, M. Sayoud a rappelé «les efforts considérables déployés ces dernières années pour accélérer la dynamique du développement, grâce aux ressources financières importantes mobilisées à partir du budget de l’État et des collectivités locales, ainsi qu’à travers le Fonds de solidarité et de garantie des collectivités locales», ce qui a permis, selon lui, «le lancement et l’achèvement de projets de développement intégrés couvrant l’ensemble des communes sans exception».
Révision du système de gestion des collectivités locales
En effet, l’adoption de cette approche globale, explique-t-il, «a permis la concrétisation de projets de développement à dimensions sociales, économiques et culturelles, grâce à une implication active de la société civile».
Cela a ainsi contribué à diversifier les capacités économiques des collectivités locales et à renforcer leur participation aux efforts nationaux de création de richesse et d’emplois, en particulier dans les communes aux moyens financiers limités.
Le ministre a également évoqué les efforts de l’État pour «renforcer les capacités des collectivités locales en vue de soutenir la mise en œuvre de la nouvelle vision économique, conformément aux exigences croissantes du développement local, à travers une révision du système de gestion des collectivités locales par une réforme globale des lois de la wilaya et de la commune».
Il a précisé qu’en plus de «l’approfondissement des bases de la décentralisation, des modes innovants d’encadrement des différents volets liés à la gestion des affaires publiques locales par les assemblées populaires élues seront introduits, outre l’instauration de règles et de cadres favorisant la coopération entre les collectivités locales en vue de tirer parti des moyens matériels et financiers et d’en optimiser l’efficacité dans le traitement des problèmes locaux», a-t-il souligné.
Des retombées économiques attendues
À travers ADIL, les autorités entendent diversifier les ressources économiques des communes, en particulier celles qui disposent de moyens limités.
L’implication de la société civile et la coopération intercommunale devraient contribuer à stimuler les investissements locaux, soutenir les micro-entreprises et accroître l’attractivité territoriale.
Le ministre a insisté sur la nécessité de faire de la création d’emplois durables « un enjeu prioritaire », tout en soulignant l’importance d’instaurer des mécanismes de suivi et d’évaluation pour garantir la pérennité des projets.
Par ailleurs, le partenariat avec l’Union européenne et le Royaume des Pays-Bas constitue, selon le ministre, une étape supplémentaire dans la consolidation des acquis issus de précédents programmes de coopération.
L’appui technique et institutionnel apporté par ces partenaires permettra aux communes bénéficiaires d’améliorer leurs capacités de gestion, tout en s’alignant sur les standards internationaux en matière de gouvernance locale.
Abordant la question de la gestion locale, Saïd Sayoud a rappelé que certaines wilayas comptent plus de 60 communes, dont certaines dépassent 200 000 habitants, ce qui rend leur gestion particulièrement lourde.
Le Président de la République a donc engagé une réorganisation administrative progressive, avec l’érection de nouvelles wilayas déléguées, certaines déjà promues au statut de wilaya à part entière.
Cette réforme vise à réduire la pression sur les grandes wilayas et à améliorer la réactivité des services de proximité. «Nous poursuivrons ce processus dans les années à venir pour alléger la gestion locale et répondre plus efficacement aux besoins des citoyens», a souligné le ministre.
L’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, M. Diego Mellado, a insisté pour sa part sur la dimension concrète et inclusive de ce projet. «Le fait que l’Europe, avec le Royaume des Pays-Bas, soit associée à ce programme reflète une vision partagée entre l’Algérie et l’Europe sur l’action de l’État et le besoin de proximité, d’aller au plus près du citoyen», a-t-il déclaré.
Selon lui, ADIL permettra de renforcer à la fois les structures centrales et locales en favorisant une action participative et inclusive. En somme, tous les intervenants ont insisté sur le fait que cette coopération ouvre de nouvelles perspectives pour accompagner l’Algérie dans ses réformes liées au développement durable et à la gouvernance.
A.R.







